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Les inepties volantes. Suivi de Attitude clando
Niangouna Dieudonné
SOLITAIRES INT
17,00 €
Épuisé
EAN :9782846812870
... Sortie du Marché Total, avenue de l'OUA, au coin l'école Saint-Exupéry sur l'avenue Tchicaya-U-Tam'si, je longe le goudron du poète qui finit par tomber sur le bras de la télévision, une fois viré à droite et qu'on se trouve au pied de la télé une ruelle en diagonale se précipite dans la vallée, passe une rigole, je grimpe la pente légère et me retrouve dans les bois, mais déjà il fait moins froid que l'atmosphère sinistre de ce février 1994, le moindre battement d'ailes s'entend à des échos-lumière, rare est le gazouillement d'un insecte récalcitrant, la peur fait craqueler les écorces des arbres qui s'immobilisent dans leur fin de parcours aussi muets que le temps moisi du suspens, mes pas éjectent le qui-vive, vagabond je dépose ma conscience sur une pierre et fais rebondir une massue par-dessus la pacotille, le coeur net comme s'il sortait d'une carrosserie de bagnole, l'attitude tellement peu importe interpelle quelques maîtres du lieu qui se voient obligés de me ramener à la ligne, n'eût été leurs sifflets ponctués de quelques chargements rapides de kalachnikov je n'aurais pas fait la connaissance de ma première barricade, le coeur sait se soulever haut les vents et le cerveau retomber plus à plat qu'une diarrhée rouge sur la latérite, la peur hormis les yeux qui vacillent c'est le trac du gardien de but, être la cible et les pieds qui demandent pardon, d'où sortez-vous, j'entendais des mots mais aucune phrase, ramassés une fois impossible de louer un sens à accorder aux joutes verbales que l'homme noir de charbon, barricadé de grenades, la tête enfouie sous un chapeau de rameaux - et moi, Sembène Ousmane et Aimé Césaire sous la poigne mouillée, la bouche balbutiant des onomatopées livrées au profit du doute, nous donnions à l'instar d'un dialogue de Ionesco mal ronronné par un chien et une musaraigne, l'incommunicabilité en marche, c'est une zone de front ici, je me saigne à vouloir reconstituer la scène, mais impossible, suis trop adepte de la fiction pour que le documentaire s'imprègne vigoureusement dans ma mémoire comme l'écrivain de L'Équipe du dimanche, c'est au eut que j'eus droit à un soupçon de souvenance, je devrais être un homme venu d'ailleurs, il m'avait déclaré pas espion, ni éclaireur, encore moins un con de journaliste en quête de sujet à pondre au milieu des têtes enfourchées sur des pics, j'avais rien vu et le décor était loin d'être classique, sans torture ni interrogatoire au café fort, même pas une fouille ni contrôle d'identité il me graciait, le gars avait du chien, il te scannait les intentions et le petit diable coincé derrière tes semblants lui parvenait en moins de deux comme une fiche de renseignements, son écurie, cinq louveteaux dont aucun ne me revint, apprécia comme un seul homme le discours du maestro, l'homme venu d'ailleurs devait continuer son chemin en le rebroussant, marcher sur ses propres pas c'est vachement important comme motif de rétrospection, mêmement qu'inspecter ses vomis pour prendre note sur l'ail farci dans le poulet qui reste à sa juste teneur après le va-et-vient du gosier tandis que le gombo se dilue dans la salive et la bile en passant, sur le chemin du retour je croisais mes pas, impossible de les empêcher à ne pas finir comme ces têtes sur des buttes à ras du sol et qui plus saluaient le sanctuaire du non-retour car même moi suis pas sûr d'en être sorti, mais tonitruant dans leur Cahier d'un retour au pays natal qu'ils balançaient par-dessus les vents mes pas avides et aveugles montèrent pour leur destin, je m'en allais larmes avec, croisant des vivants qui sortaient des buissons le regard saignant et tout le matos à fleur du kaki vert, l'homme au charbon avec une forêt sur la tête attendait mes pas, je ne puis savoir s'ils eurent le même sort que moi ou s'assoupirent tout simplement sur des pics, depuis aucune nouvelle d'eux...
Fiston perd son père, noyé dans le fleuve Congo. Quelques jours plus tard, le corps réapparaît, sans tête. Lors de l'enterrement, Fiston ne supporte pas de voir les siens vénérer un cadavre décapité : il déshonore la dépouille, insulte sa famille, humilie ses belles-soeurs, urine sur les masques. Indignés, les notables le condamnent à prendre pour compagnie une tête de mort, qu'il prendra pour celle de son père, qu'il va perdre et devra retrouver. A la recherche de la tête paternelle, il errera au milieu des bars qui jamais ne ferment, se perdra dans les histoires de la grand-mère que personne ne comprend, causera avec son oncle communiste-proxénète, croisera des sirènes... La Mise en Papa est un roman fou sur l'enfer congolais des années quatre-vingts et quatre-vingt-dix, sur la dictature et les guerres civiles. C'est aussi une déclaration d'amour au fleuve Congo et aux mille peuples de Brazzaville. C'est enfin un roman-monde qui passe par la folie pour soigner la folie.
Rêve en carton est un essoufflement salutaire, incandescent. Pour sauvegarder l'impossible et la chair partie en fumée. Reste cette partie cramée par les bombes et ébréchée par les lames des pluies diluviennes. Trois parties constituent ce recueil, Les derniers mots de ma mémoire (1995), La Nuit infinie (2017), Utopie (2019). Des mots ramassés dans la cendre après que l'auteur a tout perdu dans les flammes de ce qu'il appelle pudiquement les événements, des mots empilés les uns sur les autres, scalpant l'infinitude du monde, et enfin des rêves ressassés avec l'art du phénix, comme il sied après les feuilles brûlées et la mémoire jetée aux pourceaux. Rêve en carton est un cri organique, jeté sur un rail, entre deux infinis où le funambule est le somnambule. /DANS/ L'OSMOSE DES MONDES/ Utopie-Corps-Vents-Frontières/ Se croisent des temps-imperceptibles-indéfinis-espèce de toutes sortes - Ressac-Flux-Diversité-Corps-Langues-Reflux/ Nous inventons des chimères pour augmenter la vie/
La Patience de l'araignée : Moussa est un enseignant modèle, mais immigré, en attente de ses papiers qu'il faut sans cesse renouveler. Un inspecteur de police surnommé Javert suit son dossier avec une rigueur nourrie de tous les préjugés. A chaque époque ses "Misérables". De ce côté : Dido est au fond de son bar, de son exil, de son théâtre détruit, seul avec sa parole d'acteur. Un acteur habité par ses personnages qui lui demandent de remonter sur la scène afin de les accoucher et de livrer la stricte vérité de son émoi. Une parole d'acteur exilé.
Le ring est un dialogue, et la scène est un champ de bataille. Je ne saurais vous dire la joie que j'ai en ce moment, en faisant entendre ma voix, mon corps, toute mon histoire à travers Mohamed Ali. Ce n'est donc pas un nègre dans une cage, ce n'est pas une foire avec un ours à bicyclette. On n'est pas au cirque où l'homme le plus fort soulève quatre cents kilos. Non, mesdames, on est en train d'écrire vie, à partir de maintenant.
Résumé : Une ombre s'agite sous ses paupières baissées. Dans l'effusion lumineuse, une silhouette, qui ondule. Comme une algue. Un corbeau crie dans le cerisier. Le fils s'est endormi. La mère, pieds nus, danse calmement dans le sommeil du fils.
Il y a du Bouvard et Pécuchet dans Pippo et Ricardo, les deux "savants" , protagonistes de cette Encyclopédie de phénomènes paranormaux. Le duo réinterroge les lois de l'univers, entre deux parties de ping-pong et la retransmission à la radio d'un match du Real Madrid. Radicalement pessimiste et fondamentalement drôle, l'écriture de Rodrigo García remue plus que jamais le fer dans les plaies du présent. Dans Désolé, mais là j'ai pas le temps, Rodrigo García revient sur la destinée de nos deux savants dont le génie fit même hésiter les membres de l'Académie suédoise : fallait-il leur accorder le prix Nobel de Chimie ou de Littérature ?
Résumé : C'est ce jour-là, Devant ce nuage noir Que j'ai compris que tout était perdu C'en était fini de nous La démocratie était vaincue Tout Tous nos efforts Tout ce sang versé Toute cette fougue Cette jeunesse Nos espoirs Tout nous était volé. Dans une géographie éclatée entre l'Europe et l'Iran, Les Forteresses déroule le récit de trois destins hors du commun, à la fois conjoints et séparés, exemplaires et universels, où l'intime et le politique sont inextricablement mêlés. Des histoires de femmes, des portraits sous forme de miniatures persanes, qui font la grande histoire de l'humanité.