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L'Ange Noir de l'Histoire. Cosmos et technique de l'Afrofuturisme
Neyrat Frédéric
EDITIONS MF
11,00 €
Épuisé
EAN :9782378040413
Analysant la musique, la littérature, et la peinture Afrofuturiste (Sun Ra, P-Funk, Wangechi Mutu), la confrontant aux enjeux contemporains de l'écologie et de la racialisation, ce livre montre comment l'Afrofuturisme peut nous soigner du triple rejet constitutif de l'Anthropocène. Premièrement, le rejet des non-humains, au profit d'un fétichisme de l'Humain qui sous-tend la Sixième extinction de masse des espèces. Deuxièmement, le rejet du cosmos, qui réduit la Terre à un espace confiné, détaché de l'univers. Troisièmement, le rejet de la personne Noire, car l'Anthropocène est un projet qui s'est fondé dans l'esclavage et la colonisation. Ce que nous propose l'Afrofuturisme est une nouvelle image du cosmos, où la Terre serait reliée à la puissance du soleil comme à l'obscurité insondable de l'univers. Si nous voulons éviter l'effondrement écologique auquel l'économie racialisée nous destine, il nous faut une nouvelle révolution copernicienne.
Comment parler de l'intelligence artificielle ? C'est difficile, parce qu'elle parle à notre place. Fondé sur une enquête philosophique précise, ce livre nous invite à analyser le traumatisme anthropologique de l'IA. Notre faculté imaginative a en effet été prise en otage par les machines algorithmiques, qui prolifèrent, reformatent le langage, et communiquent entre elles avant de nous faire part de leurs décisions. Penser l'IA implique dès lors un double front. D'une part, il est nécessaire de développer une pensée critique capable de saisir la spécificité de l'IA dite "générative" (ChatGPT, etc.) et sa tendance à halluciner la réalité , d'autre part, nous devons apprendre à réaffuter notre imagination, à la rendre à nouveau rebelle, incalculable. C'est ce que réalise ce livre en tressant analyse critique et science-fiction, exploration métaphysique et poésie spéculative. Réfutant la séparation toxique entre philosophie et littérature, Traumachine explore le devenir de la technologie à l'ère des machines bavardes. Sont-elles conscientes ? La véritable question, soutient l'auteur, est plutôt de savoir ce que serait l'inconscient d'un esprit machinique. Quelle serait l'expérience, traumatique, par laquelle une IA s'affronterait au manque, à l'inintelligible, à l'énigme de l'univers ? Que serait une IA devenue étrangère à elle-même ?
Ce livre se propose de chercher, à al fois avec et contre Heidegger, à la fois au-delà et en deçà de lui, et à la fois avec et contre une certaine tradition heideggerienne, la possibilité d'une politique heideggerienne pour aujourd'hui, ou, comme l'écrit Frédéric Neyrat, ne sorte d'ontologie, mais transie par la politique. Une telle démarche prend sens d'abord dans le constat que Heidegger serait le premier à avoir véritablement commencé à penser le développement de la technique comme destruction progressive du monde, c'est à dire comme une perte de sens, de la présence, de ce qui fait monde, et comme orientation mondiale vers un "non-monde", c'est à dire vers un espace où plus rien n'est en tant qu'être, où toute substance se réduit à une subsistance.
Nous souffrons, paraît-il, d'un excès, d'une prolifération d'images: corps soumis à des modèles hygiéniques, politique "spectaculaire", irradation permanente de notre vie quotidienne par la publicité, "réalités virtuelles", etc. Mais s'agit-il encore d'images? Rien n'est moins certain, car une image convoque toujours un dehors, ce qu'elle présente au regard est toujours comme en dehors d'elle-même. Or, notre époque ne souffre-t-elle pas, précisément, d'un manque de dehors? Il nous faut réinterroger toutes les catégories qui ont servi à définir ce qu'est l'image afin de répondre à ces questions: qu'est-il arrivé aux images lorsque le Capital s'est substitué à Dieu et à l'Etat? Sont-elles devenues athéologiques et apolitiques? Quels rapports se nouent entre les "réalités virtuelles" et le régime d'immanence sans dehors que construit notre capitalisme hyperspectaculaire? Quelle politique, quel art seraient capables de s'y opposer
Résumé : Peut-on se préoccuper de la Terre et des ravages de l'Anthropocène tout en empruntant un cheminement cosmologique ? Un essai fondamental et révolutionnaire qui renouvelle notre regard sur l'écologie.
La Manadologie est un roman d'aventure. Sur le mode d'une science-fiction spéculative qui remet en jeu des textes de philosophie classique, deux personnages (un humain dancartésien et un Streck) parcourent le monde physique et métaphysique à bord d'une navette spatiale de troisième génération. Chassés par les autorités du métaroyaume du coin de galaxie où ils étudiaient leur première manade, ils prennent le large en spatio-clandestins et découvrent des univers problématiques empruntés à Borges, Spinoza et Leibniz. La mesure, le langage, le performatif et la fiction sont au coeur de leurs aventures manadologiques effrénées. Au cours desquelles ils découvriront les gestes essentiels de la vie dans l'espace : comment replier une manade, comment boire ses hrön à la paille, comment parler dans un langage fluide sans y perdre son latin, comment mesurer le monde sans le découper. Si d'aventure, le lecteur passé par tous les périls de cette réactivation narrative elle-même performative, était amené à (r)ouvrir la vraie Monadologie et à la (re)lire en se disant, comme Gilles Deleuze, qu'il n'y a pas de meilleur auteur de science-fiction que Leibniz, le Streck en bleuirait d'aise.
Le b.a.ba de la batterie serait les deux bâtons frappés l'un contre l'autre, produisant un son sec. Rompre ce premier geste en percutant la peau d'un tambour ouvre la musique sur une autre dimension. Inventée au seuil du XXe siècle à la Nouvelle Orléans, la batterie rassemble une grosse caisse, une caisse claire et une cymbale. Elle s'étoffe au fil des ans, et s'immisce dans toutes les musiques. Si Daniel Humair (né en 1938) est l'incarnation de la batterie, il est aussi la mémoire du jazz ! Dans cet abécédaire, Daniel Humair nous mène du jazz à la peinture, voire à l'art culinaire. Fin gourmet, il est aussi un magicien des rythmes et des sons.
L'histoire ? C'est celle d'un garçon qui est amoureux de sa mère. Il l'aime et la désire comme un amant. A vingt ans, il est renversé par une voiture et ne peut plus faire usage de ses bras ni de ses jambes. En fauteuil dans sa chambre, il enregistre alors des "gandes", des fichiers audio sur lesquels il confie à sa mère, sa "Moune", sa "Mouny" ou sa "Moon", comme il l'appelle alternativement, cet amour pour elle, cet "Omène" qu'il lui porte.
Pascal Dusapin est aujourd'hui le compositeur français vivant le plus célèbre. Il a composé, depuis quatre décennies, selon diverses manières, toutes atonales et néanmoins de plus en plus "accessibles" au public. La plus récente (son "troisième style"), empreinte de lyrisme, ne s'interdit plus les envoûtantes textures de cordes, et serait en quelque sorte néo-romantique mais dans le strict cadre du timbre. La première, encore xénakienne, hérissée de quarts de tons et de tremoli néo-expressionnistes, était celle des années 1980. La seconde occupe cet ouvrage. C'est ce qu'on appelle "l'intonation". Dusapin, durant les années 1990, associe une "modalité restreinte" qui semble imiter, à l'instrument, les prosodies de la voix parlée. Il en résulte une permanence incantatoire, qui parle littéralement à l'auditeur. C'est une approche du tréfonds commun à l'homme et à l'animal, "sale", archaïque, prosaïque, en réaction historique aux scientismes sériels puis spectraux, et qui replace la voix, en tant qu'affect brut, au coeur de la musique contemporaine.