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Contre le théâtre politique
Neveux Olivier
FABRIQUE
14,00 €
Épuisé
EAN :9782358721738
Exilé aux Etats-Unis, en mai 1942, Brecht écrit dans son Journal de travail : "Eisler souligne à juste titre le danger encouru lorsque nous avons mis en circulation des innovations purement techniques, sans les rattacher à la fonction sociale. Il y avait le postulat d'une musique activante. 100 fois par jour, on peut entendre ici à la radio de la musique activante : les choeurs qui incitent à l'achat de Coca-Cola. On réclame désespérément l'art pour l'art" . En peu de mots, Brecht saisit le projet de l'art politique : "activer le spectateur" , en souligne le risque : "le désolidariser de toute fonction sociale" , en constate les échecs : "son appropriation par l'adversaire" , en désigne peut-être une paradoxale perspective : "l'art pour l'art" . Son parcours prévient les malentendus : cette dernière exigence ne se fait pas au nom d'un idéal apolitique de l'art. Elle naît précisément d'un souci militant : faire obstacle à l'absorption par le capitalisme des formes et des dispositifs de l'art contestataire. Quelques décennies plus tard, l'inquiétude demeure et les propos laconiques, ironiques ou désespérés de Brecht s'avèrent inspirants. Comment donc permettre à l'art et, en l'occurrence, au théâtre d'être autre chose que l'auxiliaire de la domination lorsque, précisément, la domination désormais l'enjoint à "s'engager" ? Car, y compris de la part de l'Etat (avec lequel il entretient de longue date un rapport organique), il est partout encouragé à le faire. Le théâtre doit prendre part à la réconciliation sociale, porter haut les valeurs occidentales, attester la liberté d'expression, semer doutes et questions mais aussi démontrer que notre République répressive connaît encore quelques ostentatoires poches critiques... Il lui faut, ses "tutelles" l'y encouragent, "activer" le spectateur, c'est là son destin et la raison de sa subvention. Il ne saurait être indifférent au monde ni, pire, inutile. Si toutes les oeuvres ne répondent pas à cette injonction, si beaucoup même en refusent l'orientation, les effets de cet "impératif politique" sont spectaculaires dans le champ de la pratique et de la production théâtrales. L'institution ne cesse de se légitimer par sa vertu politique. Cette dernière cependant se limite bien souvent à de très générales et consensuelles exhortations. D'où quelques contradictions, rarement vécues comme telles : la critique du néolibéralisme sur scène, par exemple, s'articule sans grands dommages à son déploiement brutal en coulisse ; on célèbre Mai 68 à l'Odéon tandis que les flics gazent au dehors, à la demande du théâtre, les manifestants de Mai 18 ; on convoque la police à Saint-Denis pour protéger l'exhibition d'un spectacle "antiraciste" de la critique de militants eux-mêmes antiracistes ; on est "rempart à la Barbarie" tout en s'intégrant à la saison "France Israël" , etc. La politique, dès lors, est un signifiant vide, certes valorisant, mais dédialectisé, intemporel, idéel, inconséquent. Elle n'est qu'un thème, un contenu, un ensemble de signes, un fantasme, assurément porté par l'idée de faire (le) bien, et aveugle aux idéologies qui la sous-tendent. De cet état des lieux naissent trois interrogations : 1. Les raisons de cette omniprésence de la "politique" ; 2. ses effets et notamment la façon dont s'intériorise la légitimation de l'art par la politique ; 3. sa signification dans un processus bien plus vaste d'attaques contre la consistance même de la politique. Mais il y a plus inquiétant que ce "rapt" et ses conséquences manifestes : le tout-venant tiède du marais théâtral, le toc des subversions d'arrière-garde et des transgressions immatures, les provocations réactionnaires des postures "politiquement incorrectes" , les truqueurs, la glue sentimentale qui empreint les scènes actuelles... La dévitalisation de la politique se retrouve aussi dans nombre de spectacles qui se donnent pourtant, pour projet la contestation ou la critique de ce qui est, la dénonciation de tel scandale ou l'initiation des spectateurs à la compréhension de leur mécanisme. Cette inflation de spectacles - notamment documentaires - interroge. Ne se fonde-t-elle pas, en grande partie, sur une confusion entre "pédagogie" et "politique" , "naturalisme" et "réalisme" , "aliénation" et "oppression" , sur un paternalisme de l'adresse, un conformisme des affects et sur une très intemporelle définition de l'activité politique ? Que penser, en effet, de sa conception sous-jacente qui n'appréhende bien souvent le "populaire" qu'à l'aune de critères statistiques et "l'analyse concrète des situations concrètes" qu'en sociologue ? A ce stade, on peut repérer trois traits majeurs du "théâtre politique" de la période - qui ne sont pas indifférents à l'activité militante - : 1. l'enlisement dans la réalité, c'est-à-dire un face-à-face avec ce qu'elle est supposée être, qu'il s'agit de déplier, expliquer, contre-informer et qui aimante pensées, dispositifs, adresses et possibles ; 2. une appréhension positiviste de l'art politique où celui-ci n'est plus envisagé qu'à l'aune des effets systématiques qu'il est supposé produire, dans des temporalités mécaniques et linéaires ; 3. un fétichisme des dispositifs où il s'agit de répéter encore et encore les mêmes procédés, indifférents aux conjonctures. Il faut alors formuler une hypothèse : ni le théâtre ni la politique ne sont assez pris au sérieux. Ils sont seulement juxtaposés, l'un réduit au constat (fiévreux ou clinique) de ce qui est, l'autre assimilé à un mode de communication parmi d'autres. Quelques spectacles saillants aujourd'hui (de Maguy Marin, Adeline Rosenstein, Milo Rau, et d'autres encore, etc.) démontrent qu'il n'y a là nulle fatalité à la condition, toutefois, que la mise en rapport des deux termes, théâtre et politique, soit autrement embarrassante, conflictuelle, perturbée, déséquilibrée qu'elle ne l'est le plus souvent. C'est au prix d'un travail sur les contradictions historiques de cette association qu'elle peut s'arracher à sa réification. "On réclame désespérément l'art pour l'art" : tel serait, peut-être, l'horizon partiel d'une réactivation de l'art politique. Cette étrange hypothèse, déraisonnable, qu'il s'agit d'explorer, soutient que l'expérience de l'art est irréductible à ce que le Capital et la patine du temps en ont fait. Il faut essayer de mettre des mots sur ce qu'en de rares moments elle permet, sur cette étrange médiation qu'est l'oeuvre, sur la discordance des temporalités qu'elle suggère, sur le bloc de rupture ou, du moins, la discontinuité qu'elle suppose avec le tout-venant de la vie, de ses rythmes, de ses narrations et de ses adresses. Il s'agit, in fine, de changer de prisme, sans rien cependant concéder aux tenants de l'idéologie esthétique : et si l'art, après avoir été tant et tant et parfois magnifiquement, inspiré par la politique venait, à son tour, initier, aggraver, suggérer quelques radicalités insoupçonnées et participer alors, en tant que tel, avec ses moyens propres, au mouvement actuel qui abolit l'ordre existant ?
D'Armand Gatti à Augusto Boal, en passant par Alain Badiou, André Benedetto et de nombreux collectifs, l'histoire agitée et passionnante d'un pan méconnu et souvent occulté de l'histoire du théâtre.
Féminismes islamiques : un titre qui en fera sursauter beaucoup, y compris parmi celles et ceux qui se pensent à l'abri de tout préjugé. C'est que le stéréotype "islam= oppression de la femme" croise partout comme un sous-marin, tantôt en surface et pavillon haut, tantôt dans les profondeurs de l'inconscient. Ce que montre ce livre, le plus souvent on ne le sait pas : que dans les pays où l'islam est la religion dominante, des croyantes puissent lutter pour l'égalité, retourner les textes sacrés contre le patriarcat, s'élever contre les autorités politiques et religieuses qui bafouent les droits des femmes. De l'Egypte à l'Iran, du Maroc à la Syrie, en France, aux Etats-Unis et jusqu'en Malaisie, des intellectuelles, des chercheuses et des militantes sont engagées dans une démarche féministe à l'intérieur du monde religieux musulman. Zahra Ali nous fait entendre leurs voix et propose ainsi de décoloniser le féminisme hégémonique.
Platon, Aristote, l'invention de la démocratie : c'est une tout autre image de la Grèce que montre ce livre, celle d'un pays sacrifié et humilié - comme il l'est aujourd'hui. On y verra comment la Résistance grecque, l'une des plus actives et efficaces de l'Europe occupée par les nazis, fut mise au pas et massacrée par les collaborateurs et les Anglais en 1944 : il fallait ramener le roi sur le trône, rétablir l'ordre social d'avant-guerre, éviter que la véritable démocratie de la Résistance ne s'impose à la Libération. On y découvrira une image peu flatteuse de Churchill, capable de tout et même de nuire à l'effort de guerre pour maintenir la Grèce dans l'orbe britannique. On assistera au flottement fatal de la direction du Parti communiste, lâché par l'URSS et acculé aux compromis. On verra, en 1945, la terreur, lancée par le gouvernement et les bandes armées d'anciens collaborateurs, qui s'abat sur les résistants désarmés, les syndicalistes, les démocrates. Les lignes de front sont tracées et la Grèce s'apprête à vivre trois années de guerre civile qui laisseront le pays exsangue. Trois années pendant lesquelles ce sont les Américains, dans le contexte de guerre froide, qui prennent la relève des Anglais dans la répression du mouvement populaire. Tout ce qui va advenir par la suite, de la dictature des colonels à la mise à mort actuelle du pays, sommé de payer "sa dette", est en germe dans cette histoire tragique de la Résistance grecque.
« Qu est-ce donc qu un démocrate, je vous prie? C est là un mot vague, banal, sans acception précise, un mot en caoutchouc. » Cette question, ce jugement sans appel d Auguste Blanqui datent d un siècle et demi nais gardent une actualité dont ce livre est un signe. Il ne faut pas s attendre à y trouver une définition de la démocratie, ni un mode d emploi et encore moins un verdict pour ou contre. Les huit philosophes qui ont accepté d y participer n ont sur le sujet qu un seul point commun: ils et elles rejettent l idée que la démocratie consisterait à glisser de temps à autre une enveloppe dans une boîte de plastique transparent. Leurs opinions sont précises dans leurs divergences, voire contradictoires ce qui était prévu et même souhaité. Il en ressort, pour finir, que tout usé que soit le mot « démocratie », il n est pas à abandonner à l ennemi car il continue à servir de pivot autour duquel tournent, depuis Platon, les plus essentielles des controverses sur la politique.
Depuis le 22 février 2019, chaque vendredi, les Algériens descendent dans les rues, parfois par millions, pour réclamer le départ du régime en place depuis l'indépendance : "Qu'ils dégagent tous ! " , "Les généraux à la poubelle" . Un mou-vement, appelé "hirak" en arabe, d'une ampleur inédite dans l'histoire du monde contemporain : on n'a jamais vu la majorité de la population opprimée d'un pays ma-nifester ainsi pacifiquement dans les rues de ses villes pendant des mois pour exiger une authentique démocratie. Ce livre tente de rendre compte de cette extraordinaire ébullition, qui a sidéré tous les observateurs. Il réunit les contributions de journalistes et professionnels algériens qui ont suivi sur place le mouvement au jour le jour, ainsi que celles de spécialistes, algériens et français, qui observent l'actualité du pays depuis des décennies. D'où l'intérêt de ce livre sans équivalent, qui montre d'abord comment les slogans exprimés de mille manières dans les manifestations du hirak ont révélé la remarquable lucidité du peuple sur la nature du régime. Ils expriment sans détours que, depuis les années 1980, celui-ci est dirigé par l'équivalent d'une coupole mafieuse, principalement com-posée par les chefs de l'armée et de la police politique, réunis autour du partage des circuits de corruption. Une coupole qui se cache derrière une façade politique civile constituant une fausse démocratie à base de ministres et de partis, "laïques" ou "islamiques" , sans aucune autonomie réelle. Après avoir rappelé les évolutions récentes de ce régime, qui permettent de com-prendre les origines profondes du soulèvement, les auteurs rendent compte en détail de ses multiples facettes, comme l'inventivité et l'humour des manifestant. e. s, la place essentielle des jeunes et des femmes ou la revendication centrale d'une "seconde libé-ration" , celle du peuple après celle du pays en 1962. Mais aussi la mobilisation spéci-fique des étudiant. e. s, sans négliger le rôle de la presse et des réseaux sociaux, ni les réactions à la répression exercée par les forces de sécurité. En se concluant par une série de révélations sur les effets du hirak au sein du pou-voir (règlements de comptes à la tête de l'armée et de la police politique, arrestations d'oligarques liés aux réseaux de corruption de certains clans...), ainsi que sur les réac-tions des grandes puissances, cet ouvrage très accessible apporte des clés essentielles pour comprendre l'un des plus puissants mouvements sociaux de l'histoire moderne. Omar Benderra (économiste), François Gèze (éditeur), Rafik Lebdjaoui (journa-liste) et Salima Mellah (journaliste) sont membres de l'association Algeria-Watch, créée en 1997 pour dénoncer les violations des droits humains en Algérie et faire con-naître les réalités de son régime et de sa société. Son site est considéré comme une référence incontournable par de nombreux acteurs, en particu-lier en Algérie même. Les contributeurs : Abdelghani Badi, Lakhdar Benchiba, Omar Benderra, Ré-douane Boudjemaâ, José Garçon, François Gèze, Moumen Khelil, Rafik Lebdjaoui, Hocine Malti, Hassina Mechaï, Mohamed Mehdi, Salima Mellah, Drifa Mezenner, Habib Souaïdia.
Résumé : Le livre de chevet de tous les acteurs encore aujourd'hui. Publié en 1936, écrit de manière très vivante et pédagogique sous la forme d'un journal intime tenu par un élève de Stanislavski, il montre comment être un bon acteur. Tous les aspects sont abordés: l'action, la créativité, la concentration, la relaxation des muscles, le travail en groupe, la mémoire, etc. " Il n'est pas de comédien authentique qui n'ait, un jour ou l'autre, emprunté sciemment ou non quelques-uns des sentiers de cette analyse ", écrit Jean Vilar dans sa préface.
Machiavel Nicolas ; Stoppelli Pasquale ; Larivaill
Oh, j'ai de belles choses à vous raconter! Ma femme était au lit, dans le noir... Je suis arrivé en haut avec ce garnement, et, pour être sûr de ne pas acheter chat en poche, je l'ai emmené dans un réduit que j'ai au-dessus de la salle, où brûlait un lumignon vacillant qui jetait une faible lueur, de sorte qu'il ne pouvait pas voir ma figure... Je l'ai fait déshabiller; il rechignait; alors, j'ai commencé à lui aboyer après comme un chien, après quoi le temps lui durait d'avoir ôté ses habits, et finalement il s'est retrouvé tout nu. De figure, il est laid. Il avait un nez horrible, une bouche tordue... mais tu n'as jamais vu des chairs plus belles: c'est blanc, doux, moelleux... Quant au reste, ne m'en parle pas... Puisque j'avais mis la main à la pâte, j'ai voulu tâter jusqu'au fond du pétrin; après ça, j'ai voulu voir s'il était sain: s'il avait eu des pustules de mal français, tu imagines dans quels draps je me serais trouvé? Ce que tu dis, c'est facile à dire!... Après avoir vu qu'il était sain, je l'ai traîné derrière mon dos et, dans le noir, emmené dans la chambre et mis au lit; et, avant de m'en aller, j'ai voulu tâter de la main comment se présentait la chose, car je n'ai pas l'habitude de prendre des vessies pour des lanternes. (La Mandragore, Acte V, scène II)
Tchekhov Anton ; Carrière Jean-Claude ; Banu Georg
Résumé : Après cinq ans d'absence, Lioubov retourne dans la maison de son enfance avec une émotion intacte. Elle retrouve la splendide cerisaie qui entoure son domaine comme un abri hors du temps. Mais cet inestimable trésor est aussi un patrimoine délaissé, criblé de dettes et qu'il va bien falloir vendre... Dernière pièce de Tchekhov, La Cerisaie (1904) est la peinture de la fin d'un monde. Par l'évocation de ce jardin d'Eden voué à la disparition, Tchekhov dresse, un an avant la première révolution russe, un état des lieux d'une classe qui meurt pour être restée étrangère à la marche du temps.
Résumé : Enfants d'immigrés, Reda, Ismaël et Ben ont du mal à trouver leur place dans une société qui ne cesse de les stigmatiser. L'islam semble leur offrir le sentiment d'appartenir à une communauté : ils rejoignent le djihad en Syrie. Mais sur place, la violence et l'injustice d'un combat qui broie les individus leur crèvent les yeux et remettent en cause nombre de leurs certitudes. Drôle et émouvante, la pièce pose un regard lucide sur les préjugés comme sur les tabous de la communauté musulmane. Entre humour et phrases chocs, cette pièce qui triomphe auprès de tous les publics est devenue le point de départ d'un dialogue entre parents et enfants, enseignants et élèves, politiques et citoyens.