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Triste jeunesse
Nedali Mohamed
DE L AUBE
8,40 €
Épuisé
EAN :9782815908634
Marrakech. Le centre pénitencier de Boulemharez. Dix heures et demie du matin. Je feuilletais distraitement un magasine arabophone lorsqu'un bruit de pas martelant la mosaïque du couloir attira mon attention. Je tendis l'oreille: il y avait au moins trois personnes. Les pas s'approchèrent, s'approchèrent, ralentirent puis finirent par trépasser devant la porte de ma cellule. Le trousseau de clés du gardien tinta gaiement. Je devinai Allouch, le garde du couloir, cherchant la bonne clé. Il était rare qu'il la trouvât du premier coup, m'avait-il dit un jour, car toutes se ressemblaient. A la troisième tentative, la clé tourna enfin dans la serrure, à deux reprises; la lourde porte de ma cellule gémit sur ses gonds rouillés puis s'écarta dans une longue plainte aiguë. Un homme en costume bleu foncé et cravate lie de vin se détacha dans la béance éclairée, flanqué de trois gardes, dont Allouch. Je rangeai à la hâte le magasine dans un coin de mon lit et me redressai en remettant un peu d'ordre dans ma tenue débraillée. L'homme avança d'un pas à l'intérieur de ma cellule; une odeur de haut fonctionnaire s'épandit dans l'air: un effluve du parfum Masculin mêlé à une odeur de bon tabac jaune. Tous les hauts commis de l'État sentent cette odeur qui, chez le citoyen ordinaire, déclenche instantanément un sentiment de crainte et de méfiance. Le visiteur s'éclaircit la gorge. Je levai les yeux sur lui, sans insistance. Salam ouâléïkoum! Aléïkoum salam! Comment ça allait? De la main, j'imitai le vol d'un papillon. Il hocha la tête avec un petit air compatissant. Justement, la direction avait une bonne nouvelle à m'annoncer: comme, depuis mon arrivée à la maison, mon dossier ne signalait aucune indiscipline, aucun écart de conduite, l'administration avait jugé bon d'interrompre ma réclusion solitaire plus tôt que prévu, preuve qu'à Boulemharez, les pensionnaires qui se comportaient bien étaient récompensés, par un juste retour des choses! Je bredouillai un remerciement, voulus aussitôt ajouter quelque chose sans vraiment savoir quoi, mais n'ayant rien trouvé, je dus finalement me taire, désolé et confus.«À bientôt, alors!» fit l'important en se retirant.Les deux gardes lui emboîtèrent le pas. Allouch s'apprêtait à refermer la porte. D'un geste, je lui demandai qui était le visiteur. Il tendit son cou pelé à travers l'entrebâillement:«Le numéro 2 de la boîte!» me souffla-t-il.Et il referma la porte à triple tour, comme d'habitude; et, comme d'habitude, j'écoutai un moment son pas martelant lourdement la mosaïque ternie du couloir. A mesure qu'il s'éloignait en direction de la cour, le martèlement décroissait, décroissait... Au tournant, il mourut tout à fait.
A la veille de l'Aïd, Omar somnole au soleil de son village du grand Sud marocain, lorsque son acolyte vient le chercher pour accompagner un groupe de touristes parfaitement indifférent à l'importance de la fête!
Une maison emportée par la crue de l?oued, le père et la mère disparus : Idar et Hicine se retrouvent orphelins, et quittent le village dévasté pour Marrakech. Ils atterrissent à Dar Louriki, une belle maison de la médina divisée en 8 chambres d?habitation. Cette maison est une véritable « mise en boîte » de la « little class » marocaine d?aujourd?hui, vendeur à la sauvette, maçon, réceptionniste, sculpteur, guérisseur, cordonnier, étudiants à l?école coranique, et tout ce petit monde aurait pu vivre en bonne entente ; hélas, deux étudiants islamistes font bientôt venir chaque soir le Cheikh Océan de savoirs, qui se lance dans la conversion de chacun? Seuls résisteront Idar et la ravissante Leïla, peu prêts à renoncer à leur jeune amour. La fin du roman sera cruelle : le petit Hicine, dit Cicine, sait bien qu?il aurait dû convaincre son grand frère de reconstruire leur maison au village?Mohamed poursuit ici sa critique aussi pertinente qu?impertinente de la société marocaine contemporaine : appât du gain, jalousie, montée de l?intégrisme islamiste. Et celui qui choisit la liberté n?est pas encore prêt de s?en sortir. Un roman où violence se dispute à la tendresse.
À la veille de l'Aïd, Omar somnole au soleil de son village du grand sud marocain, lorsque son acolyte vient le chercher pour accompagner un groupe de touristes parfaitement indifférent à l'importance de la fête! Mais ce que touriste veut... Peut-être même est-ce la raison pour laquelle Omar est jeté dans un hélicoptère de la police nationale, à la stupeur terrifiée de l'intéressé. En effet, comment pourrait-il se souvenir de toutes les jolies femmes qu'il a guidées un jour, même si l'une d'elles est devenue l'épouse du président des Etats-Unis? Un roman aussi pertinent qu'impertinent sur les avatars d'un Maroc ensorcelant.
J'ai rencontré Houda à la faculté des Sciences de Marrakech. Nous étions en première année de biogéologie et suivions les mêmes cours. Elle avait dix-neuf ans; j'en avais vingt et un. Elle rêvait de devenir professeur de sciences naturelles; je rêvais d'elle, de vivre avec elle jusqu'au tout dernier de mes jours sous la voûte céleste". Dans son nouveau roman, très justement intitulé Triste jeunesse, Mohamed Nedali dresse un portrait sans pitié de la jeunesse marocaine telle qu'elle se voit aujourd'hui: pas de boulot, pas le droit de s'aimer, absence inéluctable du moindre avenir. Et pourtant, Saïd aime Houda, Younès aime Latifa. Mais la fatalité l'emportera. Sombre roman donc, mais qui permet à son auteur de pousser un cri d'alarme retentissant: haro sur le défaitisme ambiant de ces jeunes persuadés que leur sort est joué avant même qu'il ne commence... Un formidable message d'encouragement et d'espoir jeté à nos tristes jeunesses!
Pour en finir avec notre déni ! Mes critiques s'adressent à ma "Famille", celle des intellectuels de la gauche, champions toutes catégories en matière de déni : de peur de "faire le jeu de la réaction", nous avons nié l'existence des camps soviétiques, la barbarie du maoïsme, la tyrannie des régimes du tiers-monde dès lors que ceux-ci se réclamaient de la gauche. Aujourd'hui, face au fanatisme islamiste, de peur d'être taxés d'islamophobie, nous replongeons dans le déni..." André Versaille. "Votre texte est un vrai régal. J'y ai trouvé mille choses passionnantes ! On ne pouvait mieux dire la crétinerie de nos "idiots utiles". La légèreté est très sûrement la meilleure façon de parler de leur lourdeur mortifère. Je suis sûr que ce livre va faire sensation dans le contexte d'aujourd'hui. Il apportera beaucoup au débat actuel ; en fait, il dit tout ce qui ne se dit pas, ne se dit plus. Il sera accueilli avec enthousiasme, mais certains, très agissants, lui feront la guerre ou l'ignoreront avec force pour le faire disparaître dans le silence." Boualem Sansal.
Morrison Toni ; Lemaître Pascal ; Dauvergne Benoît
« Je l'ignore. J'ignore si l'oiseau que vous tenez est vivant ou mort, mais je suis sûre d'une chose : il est entre vos mains. Il est entre vos mains. »Toni Morrison, née en 1931 dans une famille d'ouvriers afro-américains de l'Ohio, est écrivaine. Elle a reçu le prix Pulitzer en 1988 et le prix Nobel de littérature en 1993. L'Aube publie ici le magnifique texte qu'elle a alors prononcé à Stockholm, illustré par Pascal Lemaître, et traduit par Benoîte Dauvergne.4e de couverture : « Je l'ignore. J'ignore si l'oiseau que vous tenez est vivant ou mort, mais je suis sûre d'une chose : il est entre vos mains. Il est entre vos mains. »Toni Morrison, née en 1931 dans une famille d'ouvriers afro-américains de l'Ohio, est écrivaine. Elle a reçu le prix Pulitzer en 1988 et le prix Nobel de littérature en 1993. L'Aube publie ici le magnifique texte qu'elle a alors prononcé à Stockholm, illustré par Pascal Lemaître, et traduit par Benoîte Dauvergne.
Nous sommes en 1910. Quarante ans ont passé depuis la défaite de la France et l'annexion de l'Alsace-Lorraine par l'Allemagne. Pourtant le père Morestal rêve toujours de revanche et surveille assidûment la frontière, prêt à en découdre. La visite de son fils Philippe, pacifiste convaincu, vient bouleverser l'équilibre familial, d'autant que Philippe est très attiré par la jolie Suzanne, la meilleure amie de sa femme. Lorsqu'une nuit Morestal disparaît en patrouillant à la frontière, l'incident prend rapidement un tour aussi dramatique qu'imprévu... Paru en 1911, à la veille de la Grande Guerre, voilà ce qu'on peut appeler un roman prémonitoire !
Initiateur de nombreuses actions vouées à l'écologie, Pierre Rabhi participe à l'indispensable conciliation de l'histoire humaine avec la réalité naturelle, seule garante de la survie de tous. Selon lui, la crise qui affecte la planète n'est pas structurelle, économique, écologique ou politique, mais avant tout profondément humaine. Il pense que notre modèle d'existence est erroné et qu'un nouveau paradigme replaçant l'humain et la nature au coeur de nos préoccupations - et l'économie, la technologie, la science à leur service - est indispensable et urgent. Après avoir mis sa propre vie en conformité avec ses convictions, il personnifie à travers ce texte l'homme public qu'il est devenu chemin faisant, en sensibilisant, en témoignant, mais aussi en incarnant les alternatives qu'il propose.
Ce Bibliocollège regroupe 7 nouvelles réalistes de Maupassant, en lien avec le thème au programme de 4e « La fiction pour interroger le réel » : Aux champs (questionnaire : la place de l'argent au XIXe siècle), La parure (questionnaire : un conte de fée cruel), Clochette (questionnaire : le secret d'une vie), Boitelle (questionnaire : le triomphe des préjugés ?), Le papa de Simon (questionnaire : seul face au groupe), Le trou (questionnaire : une farce noire) et Toine (questionnaire : un ogre de farce). Cet ouvrage propose également : une annotation de chaque nouvelle ; une biographie de Maupassant ainsi qu?une présentation de son époque à travers le mouvement du réalisme ; une présentation du genre de la nouvelle réaliste ; un groupement de textes intitulé « Scènes de la vie parisienne », qui entre en écho avec un autre thème du programme de 4e « La ville, lieu de tous les possibles ? » ; Des lectures d?images basées sur des tableaux issus des courants du réalisme et de l?impressionnisme. Anne-Laure Chat, professeur certifiée de Lettres modernes enseignant au collège.
Didier van Cauwelaert est né à Nice en 1960. A huit ans, pour devenir indépendant et nourrir sa famille, il décide de publier des romans. Face aux refus des éditeurs (une demi-douzaine par mois) et aux menaces de ses parents, il est sur le point d'abandonner la littérature à dix ans et demi, lorsqu'il croise Greta Garbo dans un restaurant. Du hasard de cette rencontre naît l'idée d'un entretien imaginaire. De larges extraits paraîtront dans le courrier des lecteurs de "Télé-7-jours'. Cette première publication inespérée sauve ses ambitions d'écrivain. Il reprend donc son stylo, ses enveloppes et le fichier des éditeurs parisiens. Après quelques années consacrées au théâtre (il joue Sartre, met en scène Beckett, Anouilh, Ionesco) et une brève carrière de critique littéraire pour enfants à FR3 Côte-d'Azur, il finit par trouver un éditeur qui s'intéresse à lui, en 1981, après treize ans de traversée du désert. On comprend donc son agacement lorsqu'on lui attribue une réussite rapide.S'ensuit la publication de romans avec lesquels il touche un public de plus en plus large: Vingt ans et des poussières (prix Del Duca 1982), Poisson d'amour (prix Roger Nimier 1984), Les Vacances du fantôme (prix Gutenberg 1987), Un objet en souffrance (1991) qui marque son arrivée chez Albin Michel. En 1994, Un aller simple est couronné par le prix Goncourt. Depuis lors, avec des romans tels que La Vie interdite, La Demi-pensionnaire et L'Education d'une fée, L'Apparition, Rencontre sous X son succès ne se dément pas. Au théâtre, il a reçu le Molière 97 du meilleur spectacle musical pour son adaptation du Passe muraille, avec Michel Legrand. Ses pièces lui ont valu le Grand Prix du théâtre de l'Académie française.Au cinéma, tandis que son adaptation de La Demi-pensionnaire va être tournée par Claude Pinoteau, Miramax vient d'acquérir après des enchères records les droits de L'Education d'une fée, qui sera réalisé aux Etats-Unis.Les livres de Didier van Cauwelaert sont aujourd'hui traduits dans plus de vingt langues."
Marivaux Pierre de ; Lisle Isabelle de ; Beauthier
Résumé : A la suite d'une violente tempête, Iphicrate et Euphrosine, deux maîtres accompagnés de leurs esclaves, Arlequin et Cléanthis, échouent sur une île : l'île des esclaves. Ses habitants - des esclaves révoltés qui ont fui la Grèce antique - ont pour coutume de réduire en esclavage les maîtres et de rendre leur liberté aux esclaves. C'est donc un monde à l'envers que découvrent alors nos quatre naufragés, contraints d'échanger leurs habits, mais aussi leur condition... Au-delà du simple ressort comique, cette inversion nous invite à regarder sous un jour nouveau la société du xviiie siècle, mais aussi toute forme de hiérarchie sociale. - Le texte intégral annoté - Cinq questionnaires d'analyse de l'oeuvre - Une présentation de Marivaux et de son époque - Le genre de l'oeuvre et sa place dans l'histoire littéraire - Une rubrique " Portfolio " pour la lecture d'images - Un dossier Spécial bac sur le thème " Maîtres et valets au théâtre "