... Car nous sommes ici pour civiliser, et civiliser veut dire, littéralement, soigner, éliminer le complexe panique, vous sortir de la psychose tellurique, aussi notre travail exige, vous le comprenez bien, avant tout, que nous pénétrions au c?ur même de l'âme indigène, que nous y plongions jusqu'au fin fond, jusqu'aux profondeurs où se forgent, monstrueuses et difformes, comme dans les tableaux de Jérôme Bosch, vos idées anarchisantes et vite destructrices, vous me comprenez bien, n'est-ce pas, et je suis sûr que mon père ne comprit rien à ce discours, sauf que j'étais la tête de file d'une conspiration destinée à saper l'autorité sacrée du père, et bien sûr, il m'attribua une scélératesse absolue, du moins c'est ce que je crus pendant ma convalescence, une scélératesse digne de l'imagination enfiévrée et maladive de Jérôme Bosch, c'est qui celui-là, mon fils, je n'en sais rien papa..." A travers le regard innocent et angoissé, spirituel et sensuel d'un enfant qui vit la tentative missionnaire de l'effacement de la société ancestrale au profit du système colonial, nous voyons la réalité d'un pays pris entre le culte du passé et la volonté d'entrer définitivement dans le XIXe siècle, sans rien perdre de son identité première
On prête à l'écrivain français Marcel Jouhandeau l'idée selon laquelle : "On connaît mieux quelqu'un par l'histoire de ses ascendants que pour l'avoir pratiqué lui-même" . En prenant prétexte de l'histoire de Thierno Harouna Mamadou Ciré, Abdoulaye Ndongo a jeté un faisceau de lumière sur ses ascendants, les Wodaabe Penaaka, et sur sa propre histoire. En effet, cette biographie raisonnée d'un érudit du Fouta n'est qu'un prétexte pour aborder beaucoup de sujets de portée plus générale. Cette approche montre que l'histoire du Fouta regorge de détails dont seules des études sectorielles pointues et bien documentées peuvent rendre compte". Extrait de la préface du Pr Fary Silate KA
Chester Bomar Himes (1909-1984) restera lun des témoins les plus réalistes et frappants de la condition des Noirs aux Etats-Unis. John Steinbeck déclarait en 1962: « Le but de la littérature est de contester, et chaque image doit produire un cataclysme. » Himes y est parvenu. Comment? Côme Ndongo Onono nous révèle les secrets du style de ce romancier hors du commun. Côme Ndongo Onono enseigne à luniversité la littérature anglaise et américaine en France et à létranger. Déjà auteur de « Chester Himes: tragédie et oralité », il poursuit son analyse dune uvre singulière, plongeant cette fois dans lessence même de lart de lécrivain américain. Une étude passionnante, ou comment décortiquer les mécanismes littéraires en neuf leçons.
Le phénomène urbain est très ancien en Afrique. La ville est le lieu de rencontre et de brassage par excellence d'acteurs politiques, économiques, religieux, intellectuels. La complexité des problèmes des villes africaines est évidente. Cet ouvrage est le résultat du déploiement intellectuel des auteurs ayant pour objectif d'apporter un éclairage sur l'un ou l'autre des problèmes de la ville africaine.
L'insoumise fait la satire de la société contemporaine. C'est l'histoire de Margot, une pauvre fille qui fuit son village à cause d'un père violent et devient prostituée. Ses aventures la conduisent à travers le monde. L'auteure n'a pas voulu justifier certains actes, ni tomber dans le sordide, mais explorer des univers "qui dérangent". Elle décrit des situations tragiques empreintes d'humour noir. On explore les paysages africains grâce à une poésie au rythme des sons de la forêt.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Le Traité du Narcisse - Le Voyage d'Urien - La Tentative amoureuse - Paludes - Les Nourritures terrestres - Les Nouvelles nourritures - Le Prométhée mal enchaîné - El Hadj ou Le Traité du faux prophète - L'Immoraliste - Le Retour de l'enfant prodigue - La Porte étroite - Isabelle - Les Caves du Vatican - La Symphonie pastorale - Les Faux-monnayeurs - L'École des femmes - Robert - Geneviève ou La confidence inachevée - Thésée. Introduction de Maurice Nadeau. Notices et bibliographie par Yvonne Davet et Jean-Jacques Thierry.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.