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Chant de sirènes. Drame satyrique
Nadas Péter ; Martin Marc
BRUIT DU TEMPS
18,00 €
Épuisé
EAN :9782358730877
Pêcheurs Regardez donc. Par Protée, par le nom du vieux de la mer, je vois là un homme lambda. S'il a bien forme humaine, c'est quand même un cadavre. La vague naissante, peu à peu, soulève feu sa forme, qu'elle engloutit dans ses remous d'écume sitôt qu'elle se brise. Regardez, et là encore un autre. Leurs vêtements, s'ils en avaient, sont partis en lambeaux. Pudiques, les dieux des mers ont enduit leur bas-ventre de goudron. Voilà qu'on dirait des phoques. Vu comme on les a tous massacrés, citons-les dans notre prière du matin. Et là derrière le troisième. En une seule aube aux doigts de rose, trois cadavres à l'eau. Que veux-tu qu'on fasse. La mort s'en débrouille très bien, avec ou sans nous. Sinon, tout au plus, les écarter du bout de nos gaffes. Afin que les beaux râles d'agonie des ultimes animaux protégés pris dans les mailles de nos chers filets ne les dérangent pas."
Résumé : Une chambre au sixième étage d'un immeuble. C'est la nuit. L'homme est venu chez sa maîtresse pour lui annoncer la rupture, mais, aussitôt franchi le seuil, il sait qu'il n'en fera rien. Elle roule une cigarette de marijuana, ils fument. Alors que la femme s'abandonne sans complexe à l'effet de la drogue, l'homme est entraîné dans un gouffre, ses défenses s'effondrent et, dans une volute de lucidité sans illusions, il prend conscience de la fragilité mortelle de l'existence. La structure musicale du récit, le rythme saccadé des phrases, la respiration physiquement perceptible du texte confèrent à l'ouvrage un effet envoûtant auquel il est impossible de se soustraire.
Chef-d'oeuvre de Péter Nàdas - dix-huit ans d'écriture, plus de cinq ans de traduction, une centaine de personnages, tout à la fois chaos total et structure absolue -, Histoires parallèles Faisait scandale en Hongrie avant même sa publication et paraît à présent dans le monde entier. Balayant soixante ans d'une Europe livrée aux remugles de l'Histoire et aux bouleversements de la société, le livre fait se côtoyer les époques dans un écho sans cesse démultiplié. La barbarie nazie résonne, répercutée à l'infini, d'histoire en histoire, les corps se libèrent parfois, la parole demeure souvent trompeuse, le sexe entravé débonde dans l'ombre, impudique et brut. Mystérieux et complexe, le roman fonctionne comme une chambre d'écho, traversée de stridences et de grondements, Nàdas joue de la langue comme d'une flûte à serpents, et le lecteur, tour à tour fasciné, épuisé, révulsé, est toujours irrésistiblement attiré par son chant complexe et puissant. Ambitieux, exigeant, profond et brûlant, le texte de Nàdas crée un monde à la fois palpable et insaisissable, apparemment anarchique mais infiniment structuré, irrémédiablement clos et démesurément libre.
Résumé : Au début des années 1950, dans les beaux quartiers de Budapest, un jeune garçon exerce sa cruauté naissante sur une servante pieuse et provinciale. Point culminant de ses provocations? : une Bible qu'il déchire avec volupté devant elle. La réaction en chaîne qui s'ensuit ébranle toute la famille. Premier roman de Péter Nádas paru en 1967, La Bible est un formidable condensé des puissantes qualités romanesques de l'auteur de La fin d'un roman de famille et d'Histoires parallèles.
Résumé : "Je savais que si je franchissais cette frontière entre l'obscurité et la lumière, il n'y aurait plus de retour possible". Un homme raconte ses pensées les plus intimes alors qu'il est victime d'une crise cardiaque dans la rue et qu'il est ramené à la vie au bout de trois minutes et demie. Il s'agit d'un récit captivant sur quelque chose d'effroyable et de tout à fait ordinaire, sur la douleur, la peur et l'acceptation, tout en s'avançant sur la ligne de crête qui sépare la vie de la mort. Avec une immense précision, aucune sensiblerie et un humour plein de finesse, Nadas affronte ici la terrible image que nous a laissée Samuel Beckett : "Elles accouchent à cheval sur une tombe, le jour brille un instant puis c'est la nuit à nouveau" (En attendant Godot). Mais ce qui lui importe surtout, c'est la dimension absolument personnelle de la mort, c'est l'enfantement par chacun de sa propre mort, au sens où Rilke l'avait perçu, il y a un siècle : "Seigneur, donne à chacun sa propre mort. Enfantée de sa propre vie" .
Six nuits sur l'Acropole est l'unique roman publié, à titre posthume, par le poète Georges Séféris, prix Nobel de Littérature en 1963. Portrait hachuré d'une poignée de jeunes gens "en quête de cohésion" sur le rocher de l'Acropole, à la pleine lune, ce récit, d'une grande liberté de ton et d'allure, apparaît aussi comme le portrait d'une ville, Athènes dans les années 20, d'une génération s'ébrouant dans une bohême qu'on dirait encore neuve, et d'une jeunesse revisitée : celle de l'auteur lui-même, partagé entre un passé amputé, omniprésent, et l'apprentissage de sa liberté.
Publié en 1907, deux ans après Monteriano, Le plus long des voyages est le roman le plus autobiographique de Forster, et celui qu'il était "le plus heureux d'avoir écrit", si l'on en croit l'"Introduction de l'auteur" qu'il lui adjoignit en 1960, publiée ici pour la première fois en français.
Nouvelle édition établie et présentée ("Je ne mourrai pas tout entier") par Luba Jurgenson. Traduction du russe par Nina Berberova et Mina Journot. révisée et complétée par Luba Jurgenson. Enfin publié ici dans son intégralité pour la première fois au monde et sous son titre original, Voyage au pays des Ze-Ka est l'un des plus bouleversants témoignages jamais écrits sur le Goulag. Le livre était paru en France en 1949 sous le titre La Condition inhumaine, bien avant les chefs-d'oeuvre de Soljenitsyne et de Chalamov. Cet hallucinant récit de cinq années passées dans les camps soviétiques ne le cède en rien à ceux de ses célèbres successeurs, ni pour la qualité littéraire, ni pour l'acuité de pensée et la hauteur de vue avec lesquelles l'auteur s'efforce de donner un sens à son expérience, aux limites de l'humain.
Publié en 1924 et traduit en français dès l'année suivante, Route des Indes est le dernier et le plus complexe des romans de Forster. La tentative de relier deux mondes que tout oppose, déjà au coeur de ses livres antérieurs, y acquiert une tout autre dimension, confrontant cette fois la réalité infiniment confuse et mystérieuse, insaisissable, de l'Inde à l'orgueil et aux préjugés britanniques. Le roman est ici suivi d'Au fil de l'Inde, recueil d'articles écrits par Forster à la suite de ses voyages, en 1914 et 1923, et réunis par lui sous ce titre en 1936.