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La République du soupçon. La vie politique au risque de la transparence
Nabli Béligh
CERF
17,60 €
Épuisé
EAN :9782204109413
L'exemple vient d'en haut." La célèbre maxime résonne avec une acuité particulière pour ceux qui nous gouvernent. Avec la multiplication des dispositifs de contrôle de la moralisation de la vie politique, la vertu des responsables politiques ne se présume plus, elle se démontre par la transparence. Celle-ci s'impose comme un principe de régulation de la vie politique et le prix affiché d'une confiance renouée. Cette évolution s'accompagne d'une juridicisation accrue de la vie politique. Pourtant, en matière de moralisation, la foi absolue dans la transparence comme dans le droit n'est pas une solution en soi, un excès de transparence pouvant même s'avérer contre-productif et s'accompagner d'un renforcement de la défiance citoyenne. L'amélioration nécessaire des dispositifs de contrôle ne saurait donc remplacer une culture déontologique de l'intégrité nécessaire à la consolidation et à la rénovation de notre contrat social. C'est à ce prix que nous passerons de la "corruption de la République" à une "République morale"
Terme d'origine latine difficilement traduisible dans nombre de langues, la laïcité est le fruit d'une évolution longue et complexe. Après avoir été un véritable "Etat confessionnel" sous l'Ancien Régime, la France a fait l'objet d'un processus d'acculturation depuis la Révolution de 1789, déjà porteuse de l'idée de séparation du politique et du religieux. L'avènement de la République voit la séparation officielle de l'Eglise et de l'Etat. La question demeure néanmoins au coeur du combat politique entre monarchistes et républicains, entre cléricaux et anticléricaux, tout au long du XIXe siècle et jusqu'au début du XXe siècle. Celle-ci est tranchée par la Loi de 1905. Derrière la séparation des Eglises et de l'Etat, la laïcité est aussi une liberté : l'Etat garantit à la fois la liberté de conscience, l'égalité de tous devant la loi quelles que soient les convictions religieuses de chacun et le libre exercice des pratiques individuelles ou collectives que ces convictions réclament, aussi bien dans l'espace privé que dans l'espace public... dans les limites prescrites par le respect de l'ordre public. C'est une conception de l'organisation de l'Etat, de la nature de son pouvoir et de ses relations avec la société que charrie le principe de laïcité. En cela, la laïcité est un principe de régulation juridique qui concerne à la fois les institutions publiques, les libertés publiques et les politiques publiques. Un principe de régulation placé au sommet de notre ordre juridique, puisque le caractère laïc de la République française est consacré par l'article 1er de la Constitution de 1958. Or paradoxalement l'ancrage et la "fondamentalité" juridiques dont jouit la laïcité dans notre Etat de droit n'excluent pas une forme d'insécurité juridique au sujet de son champ d'application. Si la séparation institutionnelle entre les religions et l'Etat est relativement stabilisée, la ligne de séparation sociale entre les domaines où peuvent s'exprimer les convictions religieuses et ceux où ils sont (potentiellement) proscrits est encore parfois difficile à tracer. La signification et la portée de ce principe demeurent, il est vrai, au coeur d'un débat nourrit par des évolutions de la société (développement de nouveaux cultes, expression/visibilité d'identités religieuses dans les services publics, dans l'espace public, dans l'entreprise, etc.), dégradation et insuffisance des lieux de culte, etc.) et par des chroniques politico-médiatico-judiciaires (cas de la crèche Baby-loup, des "burkinis" sur les plages, des "crèches de Noël" dans les bâtiments publics, des "mères voilées présentes en sorties scolaires", etc.). Le développement de ce contentieux sur le champ d'application du principe de laïcité reflète l'enjeu de l'évolution même de la signification juridique de la laïcité dans notre Etat de droit : assiste-t-on à l'extension à l'ensemble de la société, donc à la sphère privée, d'un principe de neutralité religieuse qui ne vaut traditionnellement que pour les autorités publiques ? Si la laïcité de l'Etat ne constitue pas une valeur universelle qui serait partagée, dans le temps et dans l'espace, par l'ensemble des Etats de droit, les réflexions et interrogations qui se posent en France ont une certaine résonnance dans un espace juridique européen théoriquement lié par un ensemble de valeurs fondamentales communes. C'est à la fois les idées d'exception/de singularité française et d'identité européenne qui méritent ici d'être questionnées à travers le prisme des rapports entre l'Etat laïque et la liberté religieuse.
Le monde arabe est encore trop souvent perçu, en Occident, comme un bloc homogène et figé. Les clichés sont fortement ancrés dans les imaginaires collectifs. On assimile arabe et musulman et l?on ignore trop la diversité des peuples répartis de la Mauritanie au sultanat d?Oman. Malgré un patrimoine linguistique et historico-culturel commun, le monde arabe reste un espace fragmenté renfermant des sociétés mosaïques formées de minorités ethniques, religieuses et linguistiques.Si le mythe de l?unité arabe n?a pas résisté à la force des particularismes nationaux, les peuples arabes sont encore mus par une conscience collective et un sentiment de solidarité incarnés par la « cause » palestinienne. À défaut de destin commun, ce lien immatériel est perceptible dans le mouvement de mobilisations et de soulèvements populaires déclenché depuis 2011. Phénomène marquant de ce début de xxie siècle, ce « réveil » ouvre des perspectives nouvelles pour des Arabes appelés à repenser leur propre mode de développement politique, économique et social. De leur capacité à se redéfinir dépendra aussi la place des Arabes dans le nouvel ordre mondial.
Résumé : (...) Les amateurs de classifications simples demanderont s'il s'agit d'un ouvrage de droit constitutionnel ou d'un ouvrage de droit communautaire : la réponse est claire, il s'agit des deux, et l'auteur est aussi à l'aise dans l'utilisation des catégories et instruments du droit constitutionnel français que du droit de l'Union européenne - existant et en devenir. Ce sont là les qualités que l'on voudrait retrouver chez tous les jeunes publicistes en France et dans les autres États membres de l'Union européenne, tant leur droit public est imprégné par la participation de ceux-ci à l'aventure inédite d'une construction constitutionnelle en dehors ou au-delà de l'État. (...) Son livre sera une source particulièrement précieuse d'informations et d'analyses détaillées pour tous ceux qui s'intéressent à la réalité concrète du fonctionnement de l'Union à travers les institutions de l'un de ses États fondateurs. L'on ne peut que souhaiter l'émergence d'analyses semblables portant sur d'autres pays européens, qui permettraient de mieux saisir la diversité et les traits communs de la notion d'État membre de l'Union européenne. (J. Z.) Béligh Nabli s'est attaché à un sujet difficile : la notion d'État membre de la Communauté européenne, qu'il analyse à travers ses fonctions, en prenant comme exemple le cas français. (...) L'originalité de la démarche de l'auteur tient à ce que, en considérant la fonction, il entend ne pas perdre de vue le ou les organes qui la remplissent. Il met donc en évidence non seulement les fonctions de production et d'exécution du droit communautaire en elles-mêmes mais aussi les organes étatiques impliqués et les relations de collaboration qu'ils entretiennent, notamment lorsqu'un concours de compétences s'impose. (...) La thèse de Nabli a le mérite de combiner une approche théorique fondée sur la notion d'organe à une analyse précise de tous les aspects de la participation de l'État membre à l'élaboration puis à la mise en ?uvre du droit communautaire. (J.-Cl. M)