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Les cigales de la canicule
Mustafaj Besnik
ACTES SUD
16,70 €
Épuisé
EAN :9782868699961
Au coeur des montagnes albanaises, accablante est la chaleur, cet été-là, et obsédante la stridulation des cigales. Jour après jour, le dérèglement climatique produit sur les corps et les esprits ses effets ravageurs: les villageois en viennent, comme pour se purifier des atteintes du Malin, à révéler leurs désirs les plus cachés, à trahir leurs secrets les plus intimes... Seule résiste aux cigales de la canicule une jeune fille de seize ans dont la beauté s'affirme à mesure que monte la folie. Les cigales n'obsèdent que les autres, les impurs, les corrompus, les adultères... Sosja en réchappe, mais ce sera au prix de sa vie. Car nul, dans ce récit aux confins de la fable et de la tragédie, ne sera épargné: l'angoisse en est le motif obsessionnel et Besnik Mustafaj appréhende ici par la vérité de ses fantasmes un peuple hanté par le mystère. Et l'on pourrait lire dans cette narration épurée comme une parabole de l'irrésistible ascension de la dictature.
Réflexion d'un écrivain sur les contradictions et les bouleversements que génère le changement dans un régime figé, analyse du traumatisme moral, psychologique et politique subi par le peuple albanais, tentative de mise en garde contre un régime pire peut-être que la dictature, celui d'une démocratie manquée... tel est le véritable sujet de cet ouvrage. Et de fait, Besnik Mustafaj y donne à voir l'irrésistible - et difficile - ascension de la démocratie dans un pays totalitaire. De la chute du mur de Berlin, en 1989 - et celle, en 1991, de la statue de Staline - jusqu'à la révolte étudiante du 8 décembre et à la proclamation du pluralisme, Besnik Mustafaj met en scène et interprète les événements - souvent sur le mode épique. En connaissance de cause, puisqu'il fut l'un des acteurs les plus importants du processus de démocratisation de l'Albanie: membre fondateur du premier parti d'opposition, le Parti démocratique, il a été élu député lors des premières élections libres de mars 1991, et n'a cessé depuis lors de lutter pour la liberté, multipliant les interventions.
Où il est question du fonctionnaire chargé de rebaptiser les rues de Tirana au moment de l'avènement d'Enver Hoxha ; ou d'un vieil homme semant la panique quand il s'agit de choisir le cadeau destiné à Staline pour son soixante-dixième anniversaire ; ou d'un paysan devenu soudain gloire nationale pour avoir perdu sa fille sur un chantier de jeunesse ; ou encore de la curieuse idée de déclarer son enfant sous le nom de Mao Zedong... Tout au long de ces neuf récits - fables ou allégories - Besnik Mustafaj prend du champ : or, la distance ironique qu'il met à orchestrer les situations burlesques ou grinçantes, absurdes ou inquiétantes dans lesquelles se trouvent enfermés ses personnages, obscurs et sans grade, rend d'autant plus dérangeante, plus immanente, la sourde angoisse qu'elles distillent. Car le vrai objet de ce livre est de pointer la peur du pouvoir, la pathétique paranoïa collective produite par tout régime totalitaire, et le paradoxal tambour de papier qu'agitent les puissants alors même que tout est dépourvu de sens.
Quand il pense à son père qu'il n'a jamais vu, Omer Tzata imagine un héros intouchable, pourfendeur des injustes et défenseur des faibles ; en prison, où il le voit pour la première fois, il découvre la réalité d'un homme diminué... et le mythe se casse, tout à coup. De leur première nuit ensemble depuis des semaines, Luli - dans sa solitude de prisonnier - s'était fait un monde : mais, gagné par la torpeur et l'angoisse, il ne parvient pas même à toucher Linda. Et quand tous les détenus politiques s'en vont, le gardien tente de les remplacer par des pierres, traîne son épouse et sa fille dans les cellules pour combler ce vide intolérable... Besnik Mustafaj, dans ce triptyque romanesque, traite d'un unique sujet : les méfaits insidieux de l'incarcération. Et, renouant avec les thèmes qui l'obsèdent, il se penche sur la lente et intime transformation d'un individu au contact d'une structure coercitive. C'est avec une étonnante maîtrise qu'il pénètre le sens intime d'une souffrance perçue bien au-delà du versant de l'injustice politique.
Gori avait promis et la parole donnée est sacrée en Albanie de revenir pour épouser Sana, sa fiancée. Quand il arrive un matin, après de longues années, sans crier gare, ils partent ensemble pour la mer, avides des jours radieux qu'ils attendaient. Mais insidieusement l'harmonie se délite. Sana se pose des questions : pourquoi Gori est-il si absent, si las ? Pourquoi ne parle-t-il jamais de leurs années de séparation ? La vérité simple et terrible le dénouement seul l'éclairera… Un récit fascinant et onirique qui trouve ses sources, aux confins du fantastique, dans une mythologie très ancienne où prédominent le sens de la fidélité et celui du sortilège. Par l'un des écrivains les plus talentueux de la jeune génération albanaise.
L'agriculture biologique comme mode de production agricolereste peu ou mal connue des citoyens et fait toujours l'objet denombreuses approximations, tantôt positives, tantôt négatives.Chacun interprète le sujet à travers ses présupposés, sonenthousiasme ou ses réticences. C'est ainsi que se succèdentles affirmations encourageantes sur les bénéficesenvironnementaux ou sanitaires de la bio et les inquiétudes surses rendements plus faibles ou ses difficultés techniques.Passéistes pour les uns, pionniers pour les autres, lesagriculteurs biologiques sont sujets du débat, mais rarementconvoqués à la barre. L'ouvrage de Jacques Caplat combleainsi une lacune. A partir d'une connaissance intime de laréalité de l'agriculture biologique en tant que fils d'agriculteur,ancien conseiller agricole de terrain puis chargé de sondéveloppement à l'échelle nationale et européenne, JacquesCaplat explique les fondements et les pratiques concrètes del'agriculture biologique telle qu'elle a été définie et telle qu'elleest mise en oeuvre dans les champs. Il relate l'expérienced'hommes et de femmes, notamment dans les pays du Sud,pour qui la bio est une innovation stimulante et un espoir àlong terme. Clair et pédagogique, l'ouvrage s'adresse à toutconsommateur, curieux des enjeux réels autour du contenu deson assiette, comme à tout citoyen, soucieux de pouvoir sepositionner sur des débats de fond comme celui des OGM, del'adaptation de l'agriculture biologique aux réalités desterritoires en France et dans le monde, ou encore desproblématiques sanitaires associées à l'alimentation... Il donneainsi une vision transversale et globale de l'agriculturebiologique en reliant des sujets souvent considérés jusqu'àprésent de manière isolée et partielle.
A bord du Grand Train, puissant, immense, tout de verre et d'acier. En échange de la vie des passagers, un modeste employé accepte de devenir le dépositaire d'un terrible secret : l'emplacement de la clé qui pourrait détruire Dieu. Or, l'Homme craint Dieu et Dieu ne craint que la clé? Terreur, mystère, fantastique, tous les genres se mêlent dans ce voyage hallucinant à travers les zones d'ombre de la foi d'où l'on revient avec une seule certitude : cet écrivain est diabolique. Puissant, immense, tout de verre et d'acier, le Grand Train de 7h45 vient de s'ébranler à destination de Hambourg, quand, à son bord, le modeste employé Daniel Kean distingue une flaque rouge de sang aux pieds d'un passager. Pour déjouer l'attentat imminent, le jeune homme amorce le dialogue avec le kamikaze agonisant qui lui susurre quelques mots à l'oreille. Le voilà dépositaire malgré lui d'un effroyable secret : l'emplacement de la ?Clé? qui pourrait détruire Dieu, détruire surtout la crainte qu'il inspire aux hommes. Flatté, menacé ou manipulé par deux bandes rivales qui se disputent cette boîte de Pandore, Daniel s'immerge dans un univers peuplé d'ombres, traverse des ténèbres et affronte des mythes et des divinités archaïques. Tels Verne, Stevenson ou Lovecraft, José Carlos Somoza conduit ce thriller futuriste vers des terres inexplorées, des continents entourés de marais, des océans contenus dans des cercueils de verre, orchestrant l'éternelle bataille, ici magistralement renouvelée, entre les armées du bien et du mal. De ce voyage hallucinant dans les méandres de la foi, on revient riche d'une seule certitude : ce ?pour ou contre? Dieu qui a forgé notre conscience d'être au monde, cette croyance ou le déni qui règlent nos vies, il faudra admettre qu'ils reposent sur la seule puissance fabulatrice des hommes. Un postulat bâti sur une légende !
La Hague? Ici on dit que le vent est parfois tellement fort qu?il arrache les ailes des papillons. C?est sur cette terre âpre, ce bout du monde en pointe du Cotentin, que la narratrice en deuil de son compagnon est venue se réfugier depuis l?automne. Employée par le Centre ornithologique, elle arpente les landes, observe les falaises et leurs oiseaux migrateurs. La première fois qu?elle voit Lambert, c?est un jour de grande tempête. Sur la plage dévastée, la vieille Nan, que tout le monde craint et dit à moitié folle, croit reconnaître en lui le visage d?un certain Michel. D?autres, au village, ont pour lui des regards étranges. Comme Lili, au comptoir de son bar, ou son père, l?ancien gardien de phare. Une photo disparaît, de vieux jouets réapparaissent. L?histoire de Lambert intrigue la narratrice et l?homme l?attire. En veut-il à la mer ou à ses semblables? Dans les lamentations obsédantes du vent, chacun semble avoir quelque chose à taire.
Marie a vingt-cinq ans. Un soir de fête, coup de foudre, nuit d?amour et le lendemain? Elle se retrouve douze ans plus tard, mariée, des enfants et plus un seul souvenir de ces années perdues. Cauchemar, angoisse? Elle doit assumer sa grande famille et accepter que l?homme qu?elle a rencontré la veille vit avec elle depuis douze ans et ne se doute pas du trou de mémoire dans lequel elle a été précipitée. Pour fuir le monde médical et ses questions, elle choisit de ne rien dire et devient secrètement l?enquêtrice de la vie d?une autre. Ou plutôt de sa propre vie. C?est avec une énergie virevoltante et un optimisme rafraîchissant que Frédérique Deghelt a composé ce roman plein de suspense sur l?amour et le temps qui passe, sur les rêves des jeunes filles confrontés au quotidien et à la force des choix qui déterminent l?existence.