Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La poudre et le feu
Mussapi Roberto ; Masson Jean-Yves
ESCAMPETTE
15,30 €
Épuisé
EAN :9782914387385
Roberto Mussapi est né à Cuneo en 1952 et vit à Milan. Il compte parmi les poètes italiens de premier plan. Il abolit, dans sa poésie et tout particulièrement dans ce livre, les frontières de l'espace et du temps. De la vie quotidienne et contemporaine de la première partie du livre (Les Mois) au témoignage en direct de Pline face à l'éruption du Vésuve, à la fin du livre, la vie est toujours héroïque et digne d'inspirer le poète. Il n'y a pas de grands et de petits sujets, seul l'affleurement du mythe demeure (voir l'admirable poème Le ciel par-delà la neige, sur une skieuse). Puis nous aussi nous sortîmes de ce temps-là, de nouveau seuls, incertains, dispersés. Mais la lumière, je me souviens, moi, de la lumière, et de son mouvement et de sa respiration solennelle, par-delà l'éternité des ténèbres, l'éternité plus nue, je me souviens.
Résumé : Une voix s'élève pour nous parler avec une force dont je trouve bien peu d'exemples dans la poésie tout à fait contemporaine. Au moment où le langage a paru ne plus pouvoir garantir qu'il y ait de l'être, permettre que l'on éprouve une foi, Mussapi fait appel à quelque chose de plus profond que les mots dans la présence humaine à soi-même, il cherche dans un soubassement instinctif - mais à vocation spirituelle - de celle-ci à retrouver ce qu'a de positif, de plein, le " plongeon du dauphin parmi les bulles ", là-bas en mer, ou la simple et universelle poussée de l'herbe vers la lumière. Mussapi écoute le moi profond, il se porte même, hardiment, à sa rencontre dans des pages qui sont comme un endormissement, mais pour un éveil ailleurs, et il ne sait où. Car il ne faut pas croire non plus que cette ouverture du moi à ses arcanes s'accompagne chez lui de l'illusion qu'il pourra pénétrer leur sens ultime, quitte à en censurer la parole incessamment éruptive en lui donnant expression. Tels ne sont pas la pensée ni le v?u de ce poète en cela vraiment moderne, qui sait que la vérité est une recherche sans fin, et la poésie à jamais une dénivellation entre le plan du concept, de la représentation, et celui du symbole, de la présence. Yves Bonnefoy
Barnor James ; Mussai Renée ; Mercer Kobena ; Busb
Ce beaux-livre est le premier ouvrage de ce grand photographe qui a eu un rôle de pionnier dans la photographie africaine. Il rassemble la partie incontournable de son oeuvre, à travers 30 ans d'images en couleur et en noir et blanc (environ 200 photographies), étayée par des légendes développées par James Barnor, ainsi que plusieurs textes, parmi lesquels une interview menée par Margaret Busby et Francis Hodgson. Deux figures de l'art complètent de leurs articles cet ouvrage : Renée Mussai, conservatrice chez Autograph ABP, qui gère l'oeuvre de James Barnor depuis 2009 et Kobena Mercer, professeur à l'Université de Yale.
Préfaçant en 1999 "Le Voyage de Midi" de Roberto Mussapi (éd. Gallimard/L'Arpenteur), Yves Bonnefoy soulignait "l'aspect européen de l'apport du poète piémontais" né en 1952, qui s'est imposé en Italie comme un des poètes majeurs de sa génération. Dans la conquête de sa voix de poète italien né au Nord de l'Italien dans une des principales régions de la résistance au fascisme, Mussapi s'est nourri de sa passion pour les poètes de l'imaginaire irlandais (W. B. Yeats, Seamus Heaney) autant que de l'oeuvre des grands romantiques anglais qu'il a traduits (Byron, Shelley, Keats, Coleridge), des auteurs français qu'il éprouve comme fraternels, de Villon à Beckett, des grands poètes latins comme Horace et Virgile, et de toute la poésie italienne depuis Pétrarque et Dante. Proche à ses débuts de Mario Luzi et de la romancière Lalla Romano, il a déployé depuis les années 1980 une activité considérable d'éditeur, de critique, d'homme de radio, de dramaturge (on lui doit une quinzaine de pièces de théâtre), et il a même écrit plusieurs livres pour les enfants. Dans son riche parcours, que plusieurs volumes de traductions ont déjà permis de faire connaître en France depuis Lumière frontale (La Différence, 1996), ce nouveau recueil, "La Plume du Simorgh", paru chez Mondadori en 2016, a marqué une date importante. La poésie de Mussapi s'y affirme de plus en plus narrative dans son essence profonde, mais aussi dialogique, donnnant la parole à des personnages qui nous racontent leur aventure, que parfois nous avions cru connaître quand ils sont célèbres, comme Marco Polo, mais dont nous découvrons la face cachée, le secret qui attendait d'être dévoilé. Aussi la jubilation de la fiction prend-elle ici volontiers a forme du texte apocryphe. La fascination pour l'Orient, proche ou lointain, aimante tout ce livre qui est comme un nouveau parcours poétique de la route de la soie sous la conduite du Simorgh, l'oiseau mythique de l'ancienne Perse qui niche dans l'arbre de la Connaissance et qui est si vieux qu'il a déjà vu trois fois la fin du monde. La quête du Simorgh par trente oiseaux pèlerins sous la conduite de la huppe formait la trame de "La Conférence des oiseaux", le récit du poète soufi du douzième siècle Farid al-Din Attar de Nichapour. A chacun des récits qui se succèdent dans ce livre, reprenant la même quête de sagesse et de beauté, Roberto Mussapi invite le lecteur à se demander quel est le véritable but du voyage. Ce recueil qui croise l'imaginaire des "Mille et Une nuits" et celui de l'Occident chrétien, est véritablement un appel à rendre au merveilleux et aux trésors de l'imagination créatrice la place qu'ils méritent dans le champ de la poésie du 21e siècle.
La première fois que j'ai vu Batia, c'était à Jérusalem en automne. Jérusalem qui est en pays d'Israël, Israël qui est une terre et un peuple, une terre qui vit de pluies célestes et de paroles, qui a soif de bénédictions, une terre qui entend nos paroles, qui boit nos paroles, qui absorbe nos paroles dans son grain, une terre qui compte les pas de tous et les noms de chacun, qui nous regarde du dedans de son Livre et nous offre le sens, c'est là que j'ai vu Batia pour la première fois, Batia qui est un visage particulier du peuple et une lettre du Livre, un visage qui respire l'âme du peuple, et pour conquérir cette femme il faut mériter cette âme, et aussi la Loi de cette âme qui est le Livre. Batia est une partie de la terre et du peuple, et vouloir cette femme, c'est vouloir l'une et l'autre, et si l'on a dit oui à la terre et au peuple qui sont véritablement Israël, alors on voit Batia qui vient vers soi, toute seule, et s'offre comme une rose tendue. Mais si l'on dit non à l'une et à l'autre et à la Loi de l'âme qui les unit, on ne peut rien connaître du secret de Batia qui se ferme comme la nuit.
Jean-Jacques Salgon est né en Ardèche où il a fréquenté la petite école de son père, instituteur laïque, républicain et pédagogue adepte des méthodes Freinet. Ce rude pays et ce père au caractère trempé auront sur lui et sur ses livres une influence profonde. Papa firme la pipe est un hommage à ce père mort à 96 ans. Le premier tableau du livre nous le montre, couché dans son cercueil, revêtu d'habits qui le font ressembler à un Communard fusillé par des Versaillais. Puis, de tableau en tableau, on remonte le temps dans un récit empreint de nostalgie et d'humour. On aperçoit Gérard Philipe à Avignon, Geneviève Page au volant de sa BMW décapotable bleue et quelques autres, on part en vacances en Italie en caravane, on roule en 2 CV glorieuse, et à force de remonter le temps on se retrouve en culottes courtes, dans la classe de l'instituteur, où le futur auteur s'exerce à écrire au tableau: "Papa fume la pipe, maman fait du café"
En littérature, les choses ne sont pas racontées parce qu'elles se produisent; elles se produisent parce qu'elles sont racontées. Gaétan Soucy adhère à cette foi en la fiction. Écrivain le plus brillant de sa génération, indiscutablement l'un des flambeaux de la littérature contemporaine en langue française, il n'a cessé d'insister sur la nature thaumaturgique de la narration. La littérature crée un modèle du monde afin que nous ayons la possibilité d'explorer le monde réel, mais il revient au lecteur de créer ses propres cartes et de déterminer son propre itinéraire.
Ecrit après une rupture sentimentale et une douloureuse expérience de la solitude, ce livre est un florilège de petites pièces très musicales, empreintes de mélancolie. C'est aussi un acte de confiance en la poésie pour réinventer la vie..."J'aime le mot sonate que même les musicologues éprouvent bien du mal à définir. Sonate est ce qui vibre, s'opposant à ce qui chante, la cantate. Voilà bien ce que je cherchais ici, vu le thème de la solitude, une vibration plutôt qu'un chant, encore moins un cri, un soupir."