Présentation de l'éditeur Il existe un nombre impressionnant d'ouvrages sur l'apôtre Paul. Et pourtant Paul demeure une figure mystérieuse. Plus même, les débats autour de ses écrits théologiques ont détourné l'attention de sa personnalité. Et si elle était une clé d'accès à ses idées ? C'est pourquoi Jerome Murphy-O'Connor emmène son lecteur à la rencontre de Paul, qui n'avait pas seulement des idées sur Dieu, mais aussi des sentiments, et ressentait comme nous la joie, la tristesse, la crainte et aussi la colère ! Pourtant ce livre n'est pas un " roman historique " : l'imagination y est sans cesse contrôlée par une connaissance approfondie des textes et de la réalité historique et culturelle. L'auteur ne se borne pas à expliciter ce que raconte Luc - témoin partial et partiel-, il suit le détail des lettres, replacées dans leur contexte. Seul pouvait faire cela un historien, excellent connaisseur de la littérature et des conditions de l'époque, qu'il s'agisse du cursus d'un jeune étudiant pharisien, des coutumes sociales des Romains ou des conditions de voyages en ce temps-là. C'est donc une " histoire vraie " qui nous est contée, mais aussi une belle histoire, comme l'" histoire " que racontait Paul lui-même avec tant de passion : celle d'un homme envoyé par Dieu pour sauver tous les hommes.
Le sous-titre est en référence à Plutarque qui, dans les 23 vol. de ses Vies parallèles, présente une double biographie : celle d'un éminent homme d'Etat grec suivie par celle d'un Romain qui lui est comparable sur certains points. L'auteur s'attache aux parallèles - une série de coïncidences ? - dans la vie de Paul et de Jésus. Non seulement ils sont nés à un an d'intervalle, mais de plus, tous deux ont connu dans leur enfance l'expérience traumatisante de l'exil forcé avec leurs parents. Dans un environnement nouveau et très différent, ils ont été façonnés par des forces qui les ont poussés à s'attaquer à des questions qu'ils n'auraient sans doute jamais abordées s'ils n'avaient été des réfugiés. Jeunes encore, ils ont rompu avec la tradition familiale pour choisir une règle de vie exigeant une obéissance totale à la Loi de Moïse. Mais l'un comme l'autre a compris à un moment donné qu'il avait fait fausse route. En conséquence, ils ont adopté une tout autre attitude vis à vis de la Loi. Enfin, ils ont tous deux été mis à mort par les Romains. Comparer Jésus et Paul et évoquer les contrastes entre eux à partir de ces événements révèle des aspects de leur personnalité et de leur histoire auxquels on n'avait pas assez prêté attention. Les parallèles en eux-mêmes ne nous apprennent rien de neuf sur Jésus ou sur Paul. Mais leur utilité est de nous faire concentrer plus étroitement notre attention sur certains moments clés de leur existence, sur lesquels glissent volontiers les études d'ordre plus général. Les chrétiens, dans leur grande majorité, préfèrent voir le Christ comme Dieu ou Superman, car cela les dispense de l'impératif de l'imitation. Il faut faire un effort conscient et délibéré pour prendre au sérieux les moments de la vie du Christ où son humanité est le plus manifeste. Le fait qu'il soit né et mort, qu'il ait vécu parmi les hommes, qu'il ait mangé et bu, ne pose aucun problème. Il n'y a rien là de très spécifiquement humain. Ce qui est vraiment humain, c'est de lutter pour discerner quelle est sa vocation, d'être fidèle à son destin face à l'adversité, d'affronter une mort violente. Tout le monde admet que Paul eut à faire ces choix fondamentaux et difficiles, car il est humain, à la manière dont nous le sommes. En faisant un parallèle entre Jésus et Paul, en soulignant les similitudes de la structure de leur vie, nous sommes contraints de reconnaître que Jésus n'a pu éviter le même douloureux combat pour devenir humain.
Geoltrain Pierre ; Kaestli Jean-Daniel ; Roessli J
Les textes recueillis dans ces deux volumes sont des apocryphes, ce qui signifie qu'en dépit d'un contenu comparable à celui des Écritures ils n'appartiennent pas au canon. En effet, soit ils s'écartent de la doctrine officielle de l'Église en véhiculant des idées hétérodoxes, soit ils font trop appel au merveilleux, aspect dont l'Église s'est toujours méfiée. Mais rappelons que le canon des Écritures n'a pas été fixé tout de suite, son histoire court jusqu'à la quatrième session du Concile de Trente (1546). Ajoutons aussi qu'il y a toujours désaccord en la matière entre l'Église catholique et les Églises protestantes pour certains livres. Les textes réunis dans le premier tome relèvent de l'Antiquité chrétienne et recoupent différents genres bibliques : évangiles (auquel il convient d'adjoindre des écrits relatant la vie et la dormition de Marie, mère de Jésus), épîtres, Actes des apôtres, apocalypses (sur les derniers temps et l'au-delà). Ces pièces sont précieuses. Elles permettent une connaissance plus approfondie des premiers temps de l'Église et la compréhension de traditions - dans le domaine de la piété, de la liturgie ou de l'art - dont nous n'avons pas trace dans les textes canoniques. Les textes réunis dans le second tome sont, dans leur majorité, plus tardifs. Ce volume accorde, d'autre part, une place plus grande que le premier à des livres qui circulèrent dans des aires religieuses et linguistiques autres que le monde byzantin et l'Occident latin ; les traditions copte, arabe, éthiopienne, arménienne y sont bien représentées. Pour la plupart, ces écrits n'avaient encore jamais été publiés en langue française. Les écrits chrétiens que l'on dit " apocryphes " n'ont cessé d'être diffusés, récrits, adaptés. Ils furent le terreau de l'imaginaire chrétien, et une source d'inspiration pour les sculpteurs, les peintres, les écrivains, les musiciens et les cinéastes : le Bunuel de La Voie lactée se souvient des Actes de Jean. C'est que, face au discours régnant, institutionnel, ces textes ouvrent un espace à l'imagination. Ils se développent en quelque sorte dans les interstices des livres canoniques. Ils comblent des vides, inscrivent une parole dans les silences, donnent une voix aux personnages muets, un nom et un visage à ceux qui n'étaient que des ombres. Comme toute littérature, ils rusent avec le discours clos.
Résumé : SI vous cherchez encore la notice d'utilisation de votre bible, ou si elle prend gentiment la poussière ; SI votre seul souvenir de Moise, ce sont les chansons du Prince d'Egypte ; SI vous pensez qu'avec de nouveaux mots comme pentateuque, sapientiaux ou psaltérion, vous pourriez enfin battre votre grand-mère au scrabble ; SI vous voulez comprendre pourquoi Jésus nous compare sans cesse à des moutons ; SI vous n'avez jamais lu le Nouveau Testament jusqu'au bout parce que l'Apocalypse, ça fait vraiment trop peur ; Voici le kit de survie pour apprendre à lire la Parole de Dieu.
Résumé : Les textes gnostiques anciens n'étaient accessibles qu'à travers les citations des Pères de l'Église acharnés à les combattre, quand, en 1945, on découvrit à Nag Hammadi (Haute-Égypte) douze livres reliés en cuir et plusieurs feuillets d'un treizième : toute une bibliothèque gnostique sur papyrus, en traduction copte, qui procurait enfin la rédaction complète de plusieurs écrits discutés par les philosophes néoplatoniciens et les hérésiologues chrétiens, comme l'Évangile de vérité, attribué à Valentin, le Livre des secrets de Jean, ou le célèbre Évangile de Thomas. La Pléiade propose la première traduction française intégrale de cette bibliothèque, complétée par les textes, en partie parallèles, du manuscrit de Berlin. De genres très divers (apocalypses, évangiles et actes apocryphes, dialogues de révélation, homélies, rituels initiatiques, etc.), ces écrits relèvent de plusieurs courants. Polymorphe par essence, le gnosticisme n'a jamais constitué une religion institutionnelle. Qu'est-ce que la gnose dont se réclament les gnostiques ? C'est le pouvoir pour l'homme de recouvrer ce qu'il y a en lui de divin. La voie qui mène à cette connaissance passe à la fois par la tradition authentique des grands ancêtres, gratifiés de révélations secrètes, et par l'intuition spirituelle de chacun. Exploration de la conscience et quête des livres disparus sont les deux faces indissociables d'une même remontée vers l'être. Se connaître soi-même, c'est aussi bien connaître Dieu et le chemin de l'ascension, inverse de la déchéance d'ici-bas. La disparition des communautés gnostiques n'a pas entraîné celle de l'idée même de gnose : au seuil du XXIe siècle, le rêve d'une connaissance totale et rédemptrice de la destinée humaine continue de hanter nos contemporains.
Quand et pourquoi la Bible a-t-elle été écrite? Que savons-nous des premiers patriarches? Quand le monothéisme est-il apparu? Comment le peuple d'Israël est-il entré en possession de la Terre promise? Jérusalem a-t-elle toujours été le centre de l'ancien Israël ? Pour la première fois, il est possible de répondre à ces questions avec un haut degré de certitude. Car les auteurs, Israel Finkelstein et Neil Asher Silberman, puisent leurs arguments dans les découvertes archéologiques les plus récentes, entreprises en Israël, en Jordanie, en Égypte, au Liban et en Syrie. Loin de sortir désenchanté de cette mise à plat historique du Livre des livres, le lecteur est d'autant plus fasciné par ces nomades et ces agriculteurs d'il y a trois mille ans, qui ont su fabriquer, en des temps de détresse ou de gloire, un récit dont la fécondité n'a cessé d'essaimer au-delà de ce peuple.