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L'art de Rimbaud
Murat Michel
CORTI
23,35 €
Épuisé
EAN :9782714307965
Dans l'histoire des formes poétiques Rimbaud est l'acteur d'une mutation rapide, que la brièveté de son oeuvre permet de suivre dans le détail. Ces aspects techniques n'ont pas fait jusqu'ici l'objet d'une synthèse. Le présent ouvrage voudrait combler cette lacune. Le mot d'art dans le titre est une prise de position : l'oeuvre de Rimbaud, loin d'être "hors de toute littérature", s'inscrit dans la poésie du XIXème siècle. La mécanique du vers ou l'agencement du poème en prose, fruit d'un travail savant de subversion et d'invention, rendent lisible cette historicité. Les deux parties suivent un ordre chronologique. La première traite du vers, puis de la rime ; l'étude des superstructures est limitée à un chapitre sur le sonnet. La seconde étudie les Illuminations en tant que recueil de poèmes en prose. Elle va du genre au recueil comme ensemble ordonné, puis au poème lui-même : découpage typographique, ponctuation, syntaxe, rapport entre vers et prose.
Du Château d'Argol (1938) aux Carnets du grand chemin (1992), l'oeuvre de Julien Gracq déploie devant nous un paysage littéraire qu'il est désormais impossible d'embrasser du regard et de parcourir, tel « un chemin de la vie qui serait aussi un chemin de plaisir. »Gracq est l'enchanteur réticent : le don qu'il nous fait ne peut être séparé d'un retrait. Le livre de Michel Murat respecte ce partage, et réserve la vie privée. Il s'attache à éclairer l'oeuvre, en dégageant ses lignes de force : la fascination des lieux où se joue, entre pressentiment et mémoire, « le litige de l'homme avec le monde » ; le goût du romanesque, doublé d'une réflexion aiguë sur les possibilités actuelles du genre ; le développement progressif de la dimension d'un style qui signe chaque page comme nul ne sait faire aujourd'hui.Ni marginal, ni intempestif, Gracq appartient à notre histoire ; il est de ceux qu'une rupture précoce avec le communisme a laissés comme en déshérence au lendemain de la guerre. Si son oeuvre se construit dans un dialogue tendu avec le surréalisme, elle oppose un refus tranchant à tout « engagement » et tient à distance jusqu'au succès public. L'histoire a voué Gracq à la littérature : il en fait sa vraie morale, et n'a cessé d'avoir souci de sa destination. C'est en cela qu'il a quelque chose à nous dire.
Le romanesque des lettres est le tête-à-tête de la littérature et du réel ? un réel qui est lui-même pénétré de littérature. A travers cette frontière poreuse se rencontrent une expérience littéraire et une idée de la vie. OEuvres, interprétations, événements de la vie des lettres, tout peut être lu comme un roman, en nous souciant de l'intérêt qui nous attache et du plaisir qui nous rétribue ; à la faveur des circonstances, tout peut être vécu comme un roman. La littérature, loin de se fermer sur son autonomie, apparaît ici comme une maison ouverte à son dehors. La porte battante au centre du livre est un chapitre sur le roman à clés. Les fenêtres donnent sur le rapport entre création et critique, lecteurs et bibliothèques, amitié et historiographie, vie privée et vivre public. Au fil des pages s'anime le paysage d'un long romantisme, allant de Sainte-Beuve à Sartre, sous l'horizon de ce que Proust appelle un romanesque vrai.
L?ouvrage traite de l?art de Rimbaud dans tous ses aspects : la poésie versifiée, le poème en prose des Illuminations, et la prose d?Une saison en enfer. En poésie, Rimbaud est l?acteur d?une mutation rapide. La mécanique du vers et l?agencement du poème en prose sont le fruit d?un travail savant de subversion et d?invention, qu?il est possible de suivre dans le détail. La prose a ses moyens propres, et elle se situe sur un autre plan, dont les enjeux sont existentiels autant que littéraires ; mais elle offre sur la poésie un point de vue critique qui a déterminé toute la réception de l??uvre. Le mot d?art dans le titre est donc une prise de position : Rimbaud, loin d?être " hors de toute littérature ", appartient au XIXe siècle. La présente édition est nouvelle. Les deux premières parties, consacrées à la poésie versifiée et au poème en prose, ont été remaniées, complétées et corrigées. La troisième, qui étudie la prose d?Une saison en enfer, est inédite. Éditions José Corti ? 11 rue de Médicis ? 60 rue Monsieur le Prince ? 75006 Paris ? 01 43 26 63 00 ? corti@noos.fr - www.jose-corti.fr
Rigal Gwenn ; Latil Magali ; Guitton Philippe ; Pi
Ce livre est une synthèse claire et accessible de l'ensemble des hypothèses formulées au fil du temps par la communauté scientifique pour tenter de répondre à la question de la signification de l'art des cavernes. Il vient combler un manque dans la littérature consacrée à ce sujet : d'ordinaire, le survol théorique se révèle trop rapide ; à moins que l'auteur, théoricien lui-même, ne privilégie ses propres hypothèses au détriment des autres. Rien de tel ici. Fruit de plusieurs années de travail, "Le Temps sacré des cavernes" accorde une attention égale à chaque théorie, exposant au besoin les points de friction entre spécialistes. La première partie présente l'artiste. En se basant sur les publications les plus récentes, l'auteur établit un portrait précis de Cro-Magnon, évoquant tour à tour ses ancêtres, ses contemporains, son apparence, son régime alimentaire, son équipement, ses structures sociales et son mode de relation à l'environnement (humains, animaux, éléments). Les traces qu'il a laissées en termes de pensée symbolique et de spiritualité introduisent la seconde partie. Exclusivement consacrée aux interprétations, cette dernière se fonde sur un travail d'analyse critique aussi exhaustif que possible : art pour l'art, zoocénose, rites d'initiation, culte de l'ours, magies d'envoûtement, de fertilité, de destruction et d'apaisement, code de chasse préhistorique, enseignement de la chasse par rabattage, chamanisme, totémisme, dualisme primordial, zodiaque préhistorique, enfin mythes liés à la Genèse et à la fertilité. Le lecteur, ainsi éclairé, pourra se forger son intime conviction.
Le Sauvagerie est une épopée totale concernant l'enjeu le plus brûlant de notre époque : la crise écologique, la destruction massive des écosystèmes. A partir de dizains d'abord commandés à cinquante poètes contemporains, aux voix reconnues ou émergentes, francophones et anglophones, Pierre Vinclair a composé cet ensemble monumental : douze chants explorant les rapports variés que nous entretenons avec les autres vivants, les catastrophes passées et présentes comme les moyens dont nous disposons pour envisager un avenir commun? sur la Terre qui pour nous doit être, comme la DELIE pour Scève, "l'objet de plus haute vertu". Dans ce livre de combat, toutes les ressources et tous les registres poétiques sont mobilisés : les poèmes se font tour à tour tombeaux de la sauvagerie perdue et refuges pour les espèces à protéger, description des catastrophes et chansons à la gloire des héros de l'écologie, méditation face à un arbre, souvenirs de paysages disparus, descente aux enfers, prophéties.
Résumé : Ce livre est né de dix années d'affût, et d'un si long regard que l'oeil qui observait s'est peu à peu identifié à l'oiseau qu'il pourchassait. Chasseur pacifique, chasseur d'images, qui a épié les faucons pèlerins dans une vallée débouchant sur les marécages de l'estuaire de la Tamise, entre octobre et avril, quand les étangs désertés se chargent des brumes et des silences de l'automne, des soleils pâlis et des drames de la nature, et qui, à son tour devenu proie, s'est fondu dans le paysage mouillé, s'est fait lui-même roman, journal, livre de nature, poème-jeté, comme l'oiseau, point dans le ciel, parole dans le silence. Ce livre, d'abord publié au Mercure de France, en 1968, était épuisé, nous le rééditons enrichi d'une postface de Francis Tabouret, dans la traduction d'Elisabeth Gaspar, revue.