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Les figures d'auteurs dans les romans d'Éric Chevillard. Défense et illustration de la littérature
Munoz Isabelle
EUD
22,00 €
PRÉCOMMANDE
Sortie prévue le 12 février 2026
EAN :9782364415942
Une lecture renouvelée des figures d'auteurs dans les romans d'Eric Chevillard, à contre-courant du consensus critique. Eric Chevillard publie à partir de 1999 plusieurs romans dont la figure centrale est l'auteur, s'inscrivant dans une tendance forte de la littérature contemporaine qui multiplie ces représentations fictionnelles. Ce foisonnement n'équivaut cependant pas à un retour en grâce de l'auteur après sa mort décrétée par le Nouveau Roman, tant il est vrai que ces personnages, marqués par une dissolution de leurs attributs, voire une aspiration à disparaître, portent précisément les traces de la crise d'autorité consécutive à ce bouleversement. Alors qu'Eric Chevillard est assimilé par la critique à cette tendance à la figuration dépréciative de l'écrivain et considéré comme le représentant le plus radical de l'héritage du Nouveau Roman, cet ouvrage, analysant à nouveaux frais les figures d'auteurs dans sept romans, en fait une lecture toute différente, mettant en lumière leur extrême complexité et la singularité de l'auteur au sein de la production contemporaine.
L'Île des pas perdus (1967) a pour décor l'Île de Ré. Ce livre amer et vaguement inquiétant contraste apparemment avec les ?uvres précédentes de l'auteur. Mais, à y regarder de plus près, on constate que Paul Rigaud, le héros ? ou, plus exactement, l'anti-héros ? du roman, s'efface, lui aussi, à sa manière. Adolescent prolongé, solitaire et vulnérable, qui évolue dans un monde peuplé d'adultes sûrs d'eux-mêmes, il va tenter, pour s'en écarter, d'aider un forçat évadé, en lui apportant secrètement de la nourriture. Mais le manège de Paul n'a pas échappé aux gendarmes qui, en le suivant à son insu, découvrent la cachette du fugitif. Paul se rend compte alors qu'il a, involontairement, joué le rôle d'un mouchard et ressent douloureusement cet échec. Par rapport aux personnages précédents créés par Muno, Paul apparaît nettement plus lucide ; il se pose des questions sur lui-même et sur les autres et demeure constamment attaché à la réalité ; on peut considérer toutefois que son désir d'aider le forçat évadé représente pour lui ce que représentait pour eux le rêve ou la chimère.
Quel moment ! Quel arbre de Noël splendidement constellé de menues inconvenances, de terrestres miracles ! Edgard tapant sur l'épaule de Roquette, et Roquette riant avec Reine, et le collier de Reine au cou de la rentière, et la rentière au bras du beau Justin valseur, et le chien qui caresse Stéphane qui embrasse clémentine, et Freddy rejouant sa marche, sa fameuse marche, avec un grand sourire d'ange accordéoniste, oui, c'était ça, vraiment ça, l'étable de la Nativité !
La passion de Gabriel et Adriana semblait devoir durer toujours. Mais dans les années 1960, les stigmates de la guerre civile pèsent encore sur le destin des jeunes gens. Après cinquante ans sans un mot échangé, elle dans l'Espagne de la dictature, lui connaissant une carrière brillante aux Etats-Unis, ils se retrouvent au soir de leur vie pour une ultime rencontre. Avec délicatesse, Antonio Munoz Molina interroge les choix et les motivations profondes qui déterminent une vie entière et une identité. Comment, porté parle temps qui passe, par certaines lâchetés et complaisances, il est facile de s'égarer loin de celui qu'on pensait devenir. Pourtant, si une seconde chance nous était donnée, aurions-nous le courage de l'embrasser ? Une prose magnifique, sensuelle, une musicalité qui transcrit avec justesse la puissance de la nostalgie et ses dangers. Les sentiments les plus intimes d'un homme et la dignité d'une femme. Certaines des plus belles pages jamais écrites par ce fin conteur de l'âme humaine.
Le musée d'archéologie des années 1950, avec de beaux objets présentés dans des vitrines savamment éclairées, est sur le point de disparaître du paysage culturel. Et tandis que l'archéologie se diversifie et se ramifie en plusieurs spécialités qui tentent de se rapprocher des sciences exactes, par leurs méthodes comme par leur extrême focalisation, les musées, qui se sont tous plus ou moins convertis au rythme annuel de la succession des expositions temporaires, découvrent le rôle essentiel des médiations. Qu'est-ce que la (ou les) médiation (s) ? Quel tableau peut-on en dresser aujourd'hui ? En quoi les médiations modifient-elles les missions des musées ? Un déplacement essentiel s'est produit : si le travail de recherche archéologique et sa diffusion continuent d'être prioritaires, le public est dorénavant une préoccupation essentielle. Il est placé au centre d'un musée qui se transforme ; à sa mission première d'institution chargée de mettre en valeur des vestiges, le musée ajoute une dimension nouvelle de dispositif de communication. Cet ouvrage, le premier du genre, présente un panorama complet des différentes catégories de médiations à l'oeuvre dans le champ de l'archéologie. Qu'elles soient une préoccupation des archéologues eux-mêmes, qu'elles relèvent de l'activité professionnelle des médiateurs ou bien encore qu'elles se déroulent spontanément au sein du public, les formes et les types de médiation sont nombreux et variés. L'ouvrage en dresse un tableau très suggestif.