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Ripple-marks
Muno Jean ; De Decker Jacques
SAMSA
18,00 €
Épuisé
EAN :9782875930750
Omniprésente dans l'?uvre de Jean Muno, la révolte existentielle avait jusqu'ici pris les chemins détournés du rêve, de l'humour, de l'ironie. Avec Ripple-marks (1976), la révolte éclate. Une férocité allègre et tonique a succédé à l'ironie, l'eau-forte supplante la taille-douce, le vinaigre vire au vitriol. Les sauvages des premiers livres sont devenus des cannibales. Non que cette ?uvre inclassable (il s'agit moins d'un roman que d'une méditation poétique, d'un discours sur l'écriture et, partant, d'une " mise en abîme ") échappe totalement aux constantes d'une dramaturgie romanesque dont les règles semblent fixées de longue date : un narrateur discret, effacé, mais attentif, tentant sans cesse de se définir, ou plutôt de se situer par rapport aux autres, à cette espèce de mascarade qu'est à ses yeux la société et dont il se sent beaucoup moins le protagoniste que le témoin lucide. (S'il ne s'agit pas d'un récit écrit à la première personne, la remarque reste valable pour le protagoniste). Mais, contrairement aux autres livres de Muno, écrits d'une traite avant d'être retravaillés, Ripple-marks fut conçu à partir de notes éparses, prises par l'auteur jour après jour, au cours de vacances à Nieuport. La plage déserte devenant la page blanche, souvenirs et fantasmes s'y inscrivent pêle-mêle, coupés d'observations immédiates, des raccrocs de l'imagination fabulatrice et de l'invention langagière. Il n'est donc pas étonnant que le livre procure d'entrée de jeu une salubre sensation de liberté ; sans doute le montage a-t-il été réalisé avec beaucoup de soin, dans un mouvement accéléré, un tournoiement de plus en plus rapide qui atteint, dans les dernières pages, à une sorte de fureur panique ; il n'y subsiste pas moins quelque chose de la disparate initiale, un rythme syncopé qui confère au récit son allure très moderne. On a dit ? et c'est vrai ? que Ripple-marks était un règlement de comptes, la revanche d'un homme sur son éducation, sur son milieu social, sur son " environnement " culturel ; mais c'est aussi une " fête des mots " où, pour la première fois, semble-t-il, dans l'?uvre de Muno, l'écriture devient, sinon une fin en soi, du moins un objet de réflexion, de délectation, de dilection profonde. Ce livre est, en un certain sens, une cure de désintoxication, une psychanalyse ; l'auteur, apparemment, en sort guéri ; sa victoire sur ses personnages est le symbole de sa victoire sur lui-même, à la fois libération et palingénésie.
Nom : Papin Nationalité : Belge mitoyen Signes particuliers : porte un cartable Papin scolarisé, Papin dans la Blitzkrieg, Papin occulté, résistant, libéré Le cavalier Papin le pied à l'étrier Golden Sixties Papin, Papin Mai 68 Papintje reflamandisé par erreur Le professeur Papin, membre du Cercle par inadvertance Mo ami Papin prête-moi ta plume : De la Belgique de papa à celle de Papin, du Bon Usage à la bande dessinée, une autobiographie qui se moque de l'autobiographie, le monologue du fantassin de troisième classe pour qui le rire, c'est la liberté.
L'Île des pas perdus (1967) a pour décor l'Île de Ré. Ce livre amer et vaguement inquiétant contraste apparemment avec les ?uvres précédentes de l'auteur. Mais, à y regarder de plus près, on constate que Paul Rigaud, le héros ? ou, plus exactement, l'anti-héros ? du roman, s'efface, lui aussi, à sa manière. Adolescent prolongé, solitaire et vulnérable, qui évolue dans un monde peuplé d'adultes sûrs d'eux-mêmes, il va tenter, pour s'en écarter, d'aider un forçat évadé, en lui apportant secrètement de la nourriture. Mais le manège de Paul n'a pas échappé aux gendarmes qui, en le suivant à son insu, découvrent la cachette du fugitif. Paul se rend compte alors qu'il a, involontairement, joué le rôle d'un mouchard et ressent douloureusement cet échec. Par rapport aux personnages précédents créés par Muno, Paul apparaît nettement plus lucide ; il se pose des questions sur lui-même et sur les autres et demeure constamment attaché à la réalité ; on peut considérer toutefois que son désir d'aider le forçat évadé représente pour lui ce que représentait pour eux le rêve ou la chimère.
Des textes de Jean Muno (1924-1988), l'un des grands écrivains de langue française, des dessins au trait de Royer, le grand dessinateur du Soi, réunis dans un livre incontournable. L'un prend les choses au mot, l'autre les pêche à la ligne. Jean Muno et Royer avaient tout pour s'entendre. Les personnages de Royer sont nos délégués dans un espace épuré, qui met à nu ses absurdités, ou du moins ses logiques qui ne sont pas encore admises. Le rire que ces planches suscitent en devient étrange, inquiétant, vertigineux. Muno, lui, a d'abord soin de nous rassurer. Mais, bientôt, le langage impose ses lois, prend le pas sur l'anecdote, lui confère une autre dimension, et nous induit, lentement mais sûrement, en incertitude. L'alternance de ces deux univers cousins, à la faveur de ce livre qui les fait se rencontrer et se répondre est, pour le lecteur, l'occasion d'une fabuleuse échappée belle aux contingences du quotidien, ou l'invite, guidé par les images de l'un et les fables de l'autre.
Cette curieuse histoire identitaire prend sa source dans un malaise, ou, plutôt à Malaise, village de la région flamande à majorité francophone. Le personnage principal, Papin, perturbé dans sa soirée par les cris prophétiques d'un "Zoiseau railleur", se sent pris d'un vide existentiel qui l'incite à se confesser sur l'histoire de sa vie de petit brabançon - issu d'une famille bourgeoise, francophile et ouvertement conservatrice. Entre endoctrinement familial et regard décalé sur les moeurs et événements de son époque, le narrateur traverse l'histoire du XXe siècle au rythme d'anecdotes et de digressions burlesques qui révèlent toute l'ambiguïté et l'affirmation de la culture belge.
Pourquoi cette question ? N'est-elle pas incongrue ? Peut-on concevoir un autre destin pour l'intéressé que de finir ses jours muré dans sa cellule ? Et dans un isolement dont rien, ou presque, ne doit le sortir ? Ce livre nous rappelle, avant tout, les tenants et aboutissants légaux qui régissent notre système de justice pénale, tâche nécessaire en regard des lieux communs, voire des légendes urbaines, qui circulent aujourd'hui. Ensuite, répondre à cette question, c'est ouvrir un débat qui en sous-entend nombre d'autres : Que signifie l'abolition de la peine capitale ? La perpétuité réelle a-t-elle un sens ? A quelle aune mesurer les peines ? Quelle est leur vocation ultime ? Nos prisons remplissent-elles leur office ? Quelle place réserver aux victimes ? Ainsi, le cas particulier de Marc Dutroux nous renvoie à des interrogations fondamentales sur l'exercice du "droit de punir" . Enfin, alors que chacun s'autorise à exprimer son opinion sur le sujet - tant il a été médiatisé, et depuis si longtemps - l'auteur a tenu, par cet essai, à s'adresser directement au citoyen qui souhaite se forger un avis éclairé. Le fait que la répression s'exerce en son nom justifie à lui seul qu'il s'estime concerné. Mais suppose aussi qu'il accepte la controverse. Les arguments qui n'abondent pas dans le sens d'une répression accrue (pour laquelle nous éprouvons tous un penchant instinctif) méritent d'être entendus. Pouvoir en débattre sereinement est l'objectif à la fois accessible et nécessaire de ce livre.
Ce livre décrit, dans l'ordre chronologique (vingt mois de guerre, de l'automne 1943 à l'été 1945), les étapes de la Résistance civile, les Maquis et la Résistance militaire, la Libération, l'Offensive des Ardennes, la dernière offensive en Alsace, la victoire alliée, puis l'immédiat après-guerre. Les témoins interrogés ont permis de mettre en scène des lieux, des événements et des personnages authentiques, dans un récit dont le fil conducteur repose sur les émotions et l'évolution de quelques personnages réels, mais transposés pour les ajuster au récit. Le lecteur partage leurs sentiments et les réflexions suscitées par les événements historiques qu'ils vivent de près. Leur origine donne accès à une vision extérieure, différente, une implication progressive dans la vie locale de l'époque reconstituée. Il s'agit ici d'une manière de montrer le vécu des citoyens.
Depuis la publication d'Hôpital silence en 1985, Nicole Malinconi a construit une oeuvre à la fois très cohérente et très diversifiée. Cette cohérence, elle a tenté de la désigner en parlant " d'écriture du réel " : " l'écriture d'Hôpital silence m'avait ouvert la voie à autre chose qu'à la réalité, bien plutôt au réel des mots, les mots des vies et des histoires, du parler de la langue ordinaire, du mal dit, du faussement dit. " Cette orientation cardinale se décline toutefois de diverses manières dans son travail. Naviguant entre les genres, entre le récit, l'essai, le théâtre, l'écrit d'artiste, le dialogue, le témoignage, la biographie ; échappant aux classifications en vigueur ; interrogeant les institutions sociales, la portée du quotidien, la force de telle oeuvre littéraire, picturale, musicale, architecturale, la trahison médiatique des images et des expressions, l'énigme des trajectoires personnelles, les aléas de l'immigration, la diversité sociale des discours, l'oeuvre de Nicole Malinconi appelle une lecture plurielle, qui en fasse apparaître la richesse. C'est à cet appel que répond le présent dossier de Textyles en étudiant divers pans de l'oeuvre, d'Hôpital silence (1985) à De fer et de verre (2017) en passant par Vous vous appelez Michèle Martin, Au bureau, Rien ou presque, Jardin public, Si ce n'est plus un homme, A l'étranger, Un grand amour, Petit Abécédaire de mots détournés, Nous deux et Da solo. Un entretien et un texte inédit de l'auteure complètent ce dossier.
Voici un livre révélateur et donc incontournable sur une période cruciale de l'histoire de la Belgique en particulier, et de l'histoire européenne par extension ! En octobre 1830, le Royaume-Uni des Pays-Bas, dans lequel les Pays-Bas septentrionaux et méridionaux avaient été réunis en 1815, est démantelé au terme d'une révolution relativement brève. Penser qu'il s'agit là d'un simple tournant de l'histoire serait faire fi de la farouche opposition des orangistes. Le mouvement des partisans de la maison d'Orange, composé de l'élite (principalement francophone) de Flandre, de Bruxelles et de Wallonie, a en effet tout mis en ?uvre pour obtenir le retour du Royaume-Uni. Dans les années 1830 en particulier ? alors que l'on se battait encore au sujet de la répartition du butin ?, ces orangistes ont ?uvré secrètement et en cheville avec le roi Guillaume Ier pour le rétablissement du royaume. Non sans prendre certains risques, car les autorités belges n'ont eu de cesse de les réprimer, de les chasser et de les priver de leur pouvoir. L'auteur remonte ici aux racines de cet orangisme belge. Elle a passé les archives au peigne fin pour en extraire une correspondance éclairante, souvent rédigée en secret. Ces sources lui ont permet de dresser un portrait unique et nuancé des orangistes, de leurs organisations, de leurs codes de comportement et de leurs stratégies politiques. Ce livre passionnant constitue en quelque sorte une première et une exclusivité en matière d'Histoire, à dévorer d'urgence !
Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron.Non non non non, rassurez-vous, ce n'est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons...Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s'abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale.La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.J.-Cl. G.Prix spécial du jury du prix des Libraires 2019.Prix des lecteurs L'Express/BFMTV 2019.
Résumé : Parti sur les traces de Robert Desnos et de son séjour à Cuba en 1928, le narrateur arpente les rues de La Havane, découvre les nombreuses églises et les bars, flâne sur le Malecón pour y capter le " réel merveilleux " auquel il finira par succomber. Au fil de ses séjours, il croise des personnages hauts en couleur, dont un ancien guérillero, des musiciens, des anonymes extravagants rêvant de départs, une riche New-Yorkaise qui attend la chute du castrisme, une mystérieuse infirmière, un prêtre de la santería... Des souvenirs remontent : une amante ensorceleuse, un chauffeur de taxi fanfaron, des poètes et des cinéastes, ainsi que des figures illustres ; Sartre et Beauvoir enflammés par la révolution, Alejo Carpentier, Lezama Lima, le boxeur Kid Chocolate, Paul Morand, le coureur automobile Fangio (kidnappé par les barbudos), Hemingway, Allen Ginsberg, García Lorca et quelques invités surprises, tels que le jeune Leonard Cohen ou encore Anaïs Nin.
Résumé : Après avoir donné naissance à une petite fille, Cora Salme reprend son travail chez Borélia. La compagnie d'assurances vient de quitter les mains de ses fondateurs, rachetée par un groupe qui promet de la moderniser. Cora aurait aimé devenir photographe. Faute d'avoir percé, elle occupe désormais un poste en marketing qui lui semble un bon compromis pour construire une famille et se projeter dans l'avenir. C'est sans compter qu'en 2010, la crise dont les médias s'inquiètent depuis deux ans rattrape brutalement l'entreprise. Quand les couloirs se mettent à bruire des mots de restructuration et d'optimisation, tout pour elle commence à se détraquer, dans son travail comme dans le couple qu'elle forme avec Pierre. Prise dans la pénombre du métro, pressant le pas dans les gares, dérivant avec les nuages qui filent devant les fenêtres de son bureau à La Défense, Cora se demande quel répit le quotidien lui laisse pour ne pas perdre le contact avec ses rêves. A travers le portrait d'une femme prête à multiplier les risques pour se sentir vivante, Vincent Message scrute les métamorphoses du capitalisme contemporain, dans un roman tour à tour réaliste et poétique, qui affirme aussi toute la force de notre désir de liberté.