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Seul
Mulgan John
ESPERLUETE
18,00 €
Épuisé
EAN :9782359840193
J'ai rencontré Johnson sur le quai d'un de ces villages de pêcheurs bretons où tout le monde s'adonne à la peinture, et si je suis entré en conversation avec lui, c'est d'abord parce que nous parlions tous les deux anglais et ensuite parce que nous avons découvert que nous venions du même pays - lequel n'était pas l'Angleterre. Nous avons un peu bavardé en regardant les filets bleus des bateaux de pêche pendre et sécher au soleil, en regardant aussi les salopettes rouges des marins et la toile rouge-brun des voiles, et par-dessus tout cela nous respirions la forte odeur du poisson. Nous sommes ensuite montés prendre un repas au café de Bordeaux. Le bistro était bondé? ? : un groupe était arrivé de quelque part en car. Ces gens occupaient toute la salle à l'exception d'une ou deux tables sur un côté, de sorte qu'il nous était difficile de nous faire servir ou d'entendre ce qu'on disait, mais nous n'étions pas pressés et nous sommes restés là à manger des crevettes et à boire du vin rouge bon marché. Au bout d'un moment, nous nous sommes mis à parler de la guerre. Ce Johnson, pour autant que je puisse le décrire, sortait juste d'Espagne. Tout cela se passait il y a un ou deux ans - une autre époque. Il était en permission mais, ensuite, il retournerait en Espagne. C'était un homme de taille moyenne au teint très brun, presque noirci par le soleil, avec un visage rond d'aspect banal, une grande bouche et de fortes dents jaunies par le tabac. Il avait des cheveux blonds, pas de chapeau et des yeux qui pouvaient être gris ou verts. Comme j'étais curieux de cette guerre - et, d'ailleurs, de toute guerre -, je l'ai poussé à m'en parler, mais il ne voulait pas en dire grand-chose. Il a dit ?? : "? La guerre, on en parle foutrement trop. ? " J'ai attendu un peu. Dans le café, le bruit ne faisait qu'empirer. On nous a enlevé les crevettes, puis on nous a apporté du veau et une autre bouteille de vin. "? Des guerres, tu peux en voir quand tu veux, a dit Johnson. Dans le monde, aujourd'hui, il y en a plein. Il y a quelques années, c'était différent. C'était des histoires de vieux. Le genre de choses qu'on racontait autour du feu. - Tu as été dans la Grande Guerre. Dis-moi comment c'était. - J'ai été dans toutes les guerres, a dit Johnson, mais je ne pourrais rien t'en dire. - Tu n'as pas envie ?? - Je ne pourrais rien t'en dire même si je voulais. C'était rien de particulier. Tu ne comprends pas la guerre si tu ne l'as pas vue. Et si tu l'as vue, tu ne la comprends pas. ? " La chaleur était étouffante, dans le café, mais le bruit a quand même commencé à baisser autour de nous ? ; l'odeur de poisson et d'huile de cuisine se mélangeait à la fumée du tabac. "? Je ne pourrais pas te parler de la guerre, a dit Johnson. Ce n'était pas très différent du reste. Je pourrais te raconter des choses pires sur la paix. - La paix, c'était quoi ?? - Le petit bout entre deux. - Des choses pires ?? - Plus vraies. ? " Alors, comme je ne voulais pas bouger et que j'étais tout prêt à l'écouter, je lui ai dit ?? : "? Eh bien, parle-moi de la paix. ? " Héroïque dans son propos, Seul est un roman qui donne une perspective essentielle sur la Nouvelle-Zélande et la crise qui a précédé la Seconde Guerre mondiale. Efficace à la manière d'Hemingway, anticipant sur l'existentialisme de Camus, Seul s'inscrit comme une oeuvre marquante de la littérature mondiale du XXe siècle. Quelques années avant la grande crise de 1929, le jeune Johnson, personnage central de Seul, émigre vers la Nouvelle-Zélande, pays qu'il découvrira en étranger, toujours un peu décalé. Emporté par le ? ot de l'Histoire et de ses bouleversements économiques, Johnson va errer d'un travail à l'autre jusqu'à ce qu'il rencontre, dans une ferme isolée, une jeune Maorie qui fera de lui un meurtrier involontaire. Il s'enfuira alors dans les forêts presque impénétrables de l'île du Nord où, tel un Robinson, il ne survivra qu'au prix de terribles privations. Il finira par gagner l'Angleterre avant de repartir combattre en Espagne aux côtés des Républicains. Parcours tumultueux qui semble dessiner une question : l'homme seul, à la fois fort et faible par sa solitude même, peut-il dépasser sa condition et trouver le chemin d'une nouvelle fraternité? ?
Peeters Bert ; Wierzbicka Anna ; Mullan Kerry ; Sa
Cet ouvrage posthume est la synthèse des travaux de Bert Peeters, spécialiste de la Métalangue Sémantique Naturelle (MSN) en langue française. Créée pour répondre au problème de l'ethnocentrisme dans l'analyse des concepts, des expressions idiomatiques, des métaphores figées et surtout des valeurs culturelles, cette approche sémantique est basée sur la réduction du lexique à soixante-cinq sémantiques primitifs, considérés comme des concepts irréductibles et universaux, qui permettent, en les combinant, d'effectuer des descriptions sémantiques "neutres" traduisibles dans n'importe quelle langue, sans biais culturel. Avec cet ouvrage, Bert Peeters présente pour la première fois de façon complète les principes de la MSN aux lecteurs et aux locuteurs francophones. Cette monographie innovatrice explore dans une première partie les liens entre langue et valeurs culturelles, la notion d'ethnolinguistique et le fonctionnement de l'outil Métalangue Sémantique Naturelle. Une deuxième partie présente des illustrations de l'emploi de la méthode pour décoder des mots-clés, des métaphores, des tournures syntaxiques et des valeurs culturelles qui reflètent la mentalité française (telles que "la franchise", "la débrouille " ou "l'esprit de contestation"). Il s'adresse aux linguistes (particulièrement à ceux qui s'intéressent à la sémantique, à la MSN, et à la communication interculturelle), ainsi qu'aux enseignants et étudiants de FLE.
Istanbul, à l'orée des années 1980. Fatma Aliye vit seule avec sa mère et son grand-père sénile dans leur vieille demeure ottomane, ultime symbole de leur grandeur passée. La visite de sa soeur Talia vient raviver de vieilles rancoeurs et des douleurs encore tenaces, tandis que sourdent en arrière-plan les remous politiques annonciateurs du coup d'Etat du 12 septembre. Dans son hammam où s'organise la sociabilité homosexuelle stambouliote de l'époque, Madame vit elle aussi avec ses fantômes : le traumatisme des pogroms anti-grecs de 1955 et l'absence de son fils. E5ber, Reha et Suat Bey évoluent entre frigidarium et pierre ventrale, trouvant en Madame une figure de mère protectrice, échappant dans ce refuge aux menaces qui pèsent sur eux du fait de leur identité.
Autour de la dépouille de Bedirhan Agha, présent et passé s'enchevêtrent. De l'enlèvement de Fasla, fille de son rival, à la tenue de son taziye, les épisodes de la vie de ce seigneur kurde, dernière victime en date d'une vendetta millénaire, défilent au gré de leur évocation par les protagonistes jusqu'au procès, suivi de son exécution, de celle que le code de l'honneur désigne comme sa meurtrière, faisant de Taziye une tragédie classique en terres mésopotamiennes.
Après des années d'exil, le jeune Akhbar rentre chez lui. Une automobile traversant de vastes étendues cernées de monts dénudés le ramène lentement aux portes de sa ville natale. Après de multiples contrôles, le temps de revoir les siens n'est plus très loin. Mais l'imprévisible advient: Akhbar est perdu, il ne retrouve personne, ni sa mère, ni sa s?ur ni même la maison de son enfance, il ne reconnaît rien. Errant de ruelle en ruelle, Akhbar se heurte au silence et l'angoisse l'étreint. Dans cette ville en proie à l'effacement, les femmes semblent avoir disparu. Bouleversé par cette insidieuse réalité, Akhbar poursuit néanmoins ses recherches. C'est alors qu'il perçoit le glissement furtif d'un tchador, le lourd balancement d'une étoffe, épais coton de couleur sombre, presque une ombre sur l'ocre aveugle des murets... Biographie: Né en 1955 à Istanbul, Murathan Mungan est diplômé de l'université d'Ankara en études théâtrales. Ce dramaturge et prosateur se fait tout d'abord un nom comme poète, puis il connaît un grand succès avec son théâtre. Après Quarante chambres aux trois miroirs, paru aux éditions Actes Sud en 2003, ce livre est son second roman traduit en français.
Faire ses blancs pains, au Pays des Collines, c'est pétrir le drap du lit comme pour préparer une offrande pour l'au-delà. Ce geste annonce alors que la mort est proche et que le mourant, doucement, se prépare. En trois textes qui s'enchaînent, Françoise Lison-Leroy interroge la place prise par chacun dans sa famille, les présents comme les absents, ceux à la longue vie ou les enfants partis trop tôt. Comme cette tante de deux ans, emportée par la fièvre dans un temps où la vie des enfants était plus fragile. Au cimetière du village, sa tombe côtoie celles d'autres enfants ; un respect sacré, partagé, inné, entoure ce petit coin du cimetière. Sa présence habite les pensées et les promenades de l'auteur. Evocations légères, souvenirs, bribes glanées au fil des pérégrinations, mémoire de la famille... ce qui reste de vie pour ceux qui grandissent. Précédée par cet enfant, l'auteure se sent aussi portée par celle qui lui offre alors une bienveillante attention. Elle tisse un monde où les sentiments se transmettent par delà les mots. Diane Delafontaine accompagne ce texte d'images qui, elles aussi, s'ancrent au passé comme au présent. Une manière de faire le lien et de donner au texte une tonalité faite de photos anciennes et de retouches à l'encre.
Ecrire une histoire ou un scénario de film d'animation, ce n'est pas si facile. On connaît l'angoisse de la page blanche, mais imagine-t-on la multitude de questions qui se posent à l'illustrateur lorsqu'il commence un projet ? Faut-il commencer par créer les personnages ? Travailler sur les recherches graphiques ? ou bien se plonger dans des lectures en quête de références ? Quels outils utiliser ? Mon idée convient-elle à un film d'animation ou vaut-il mieux imaginer un livre ? Quelles sont les différentes étapes pour mettre une histoire en images ? Nicolas Bianco-Levrin est auteur, illustrateur, réalisateur de films d'animation. Il a travaillé pour différents journaux et institutions, ce qui lui a permis d'appréhender le processus créatif de diverses manières. Au fil de ses parutions, il a forgé des outils, développé une méthode, mis des mots sur les Etapes préparatoires à son travail. Etayé de nombreux exemples concrets, le livre présente de manière très complète les procédés d'élaboration et de fabrication d'une histoire et propose des pistes de réflexion à ceux qui souhaitent se lancer dans l'écriture d'une histoire en images, qu'elles soient fixes ou animées. Certaines étapes sont communes à tous, comme l'élaboration d'un storyboard, les crayonnés, les recherches documentaires ; d'autres sont propres à chacun, selon ses envies, habitudes et mode de fonctionnement. Ce manuel est un outil très concret qui aidera les auteurs et illustrateurs en herbe à se lancer, mais aussi tout un chacun à mieux comprendre les étapes qui précèdent l'élaboration et la réalisation d'un album ou d'un film d'animation.