Ce livre est le premier de deux volumes consacrés au fameux Séminaire que Jacques Lacan tint en public entre 1953 et 1979. Il présente en dix chapitres synthétiques les dix premiers séminaires que Lacan délivra à l'hôpital Sainte-Anne entre 1953 et 1963. Dix chapitres conduits méthodiquement, qui mettent en perspective l'apport de Lacan à la théorie et à la pratique de la psychanalyse. Les titres des chapitres reprennent ceux des séminaires : les écrits techniques de Freud, le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, les psychoses, la relation d'objet, les formations de l'inconscient, le désir et son interprétation, éthique de la psychanalyse, le transfert, l'identification, l'angoisse.
Mahamat Moustapha est né à Bogo dans la zone frontalière entre le Cameroun et le Tchad. Peu après sa naissance ses parents divorcent. Il est élevé par sa tante paternelle qui lui préfère le nom tendre de Baba. Ses études secondaires achevées, il entre, en 1973, à l'Ecole nationale d'administration du Tchad. La même année, il obtient le Grand Prix du Concours théâtral interafricain avec Makarie aux épines (édité en 1979 par NEA/CLE). Plus tard, à l'issue du 11e Concours, il est cette fois récompensé par le Prix spécial du jury pour Le Commandant Chaka (édité en 1983 par Hatier). A sa sortie de l'ENA, en 1975, à est nommé préfet adjoint du ChariBaguirmi et en 1977, il bénéficie d'une bourse pour reprendre ses études à l'Institut international d'administration de Paris. Il préparait une thèse de droit international quand, en 1982, il meurt à l'âge de 30 ans, à la suite d'un accident. Le roman qu'il nous laisse est le récit d'une amitié commencée au lycée et poursuivie jusqu'à l'âge adulte entre Haroun, musulman, fils d'un éleveur du nord du pays et Ganda, chrétien, fils d'un vétérinaire originaire du sud. L'histoire débute dans une petite ville sahélienne de province où les deux garçons sont au collège. Ils ont une quinzaine d'années. Surviennent la sécheresse (1974), le départ des garçons avec leurs parents vers la capitale Fort-Lamy en train de devenir N'djaména, le baccalauréat, l'université, la chute du dictateur Tombalbaye (1975), la guerre civile de 1979. Les engagements politiques et les événements familiaux s'entremêlent, les prises de positions idéologiques s'affirment jusqu'à l'absurde. La parution de ce livre est importante pour le Tchad mais aussi pour l'Afrique francophone qui compte un véritable écrivain de plus.
On sait que depuis le début de l'histoire le pouvoir politique au Moyen-Orient a toujours tiré sa légitimité de la religion. Ce fait va de pair avec la sacralisation de la langue de l'écriture opposée à la langue vernaculaire et quotidienne et, par là, avec la subordination de l'écriture à des fins de prestige et d'exploitation. L'État islamique ne fait pas exception. Or, comme l'a démontré d'une façon irrécusable le sheikh Ali Abdelrazek, le fait est que ni le Coran ni les dires du Prophète ne contiennent la moindre indication concernant les principes de gouvernement. Par une imposture rarement égalée dans l'histoire politique de l'humanité, on s'est servi de l'ambiguïté de l'expression "successeur du Prophète" pour revendiquer le pouvoir absolu et pour mettre la religion sous la férule de l'Etat. Le résultat est un mode de gouvernement qui repose d'une façon intrinsèque, et non pas par accident, sur la corruption, la répression et la censure incarnée dans ladite politique de l'écriture. Tant que l'Etat réussit dans l'accomplissement de ses tâches, le régime théocratique paraît conforme à l'ordre des choses. Son échec ne donne pas lieu à une révolution mais à un terrorisme qui conteste sa légitimité même. De fait, les terroristes de notre époque appuient leur contestation sur un dogme meurtrier dont ils s'autorisent pour s'ériger en juges en matière de foi religieuse, s'octroyant ainsi un savoir que le Coran réserve expressément à Dieu. Ce livre sans compromis est un appel non seulement à l'usage du vernaculaire comme langue de culture mais encore, plus décisivement, à la libération de l'Islam du joug du pouvoir temporel. Ce faisant, il brosse un tableau saisissant de l'état actuel de la culture dans les pays arabes. Biographie: Moustapha Safouan exerce la psychanalyse à Paris. Il a travaillé comme maître de conférence à l'université d'Héliopolis pendant cinq ans sous le règne de Nasser. Il a toujours gardé le contact avec les milieux intellectuels et universitaires en Egypte.
Safouan Moustapha ; Frérot Sylvain ; Frau-Frérot D
Comme l'inconscient se signifie à demi-mot, il faut aussi répondre au sujet à demi- mot ", voilà qui n'est pas sans résonances avec cette phrase de Montaigne " la parole est moitié à celui qui parle, moitié à celui qui écoute ". Ces entretiens avec Moustapha Safouan se sont déroulés sur plusieurs années et s'inscrivent dans un parcours où sont abordées l'histoire de la psychanalyse, la question de sa transmission et celle du désir d'analyste, l'évolution des structures familiales et l'idéologie individualiste, l'actualité du malaise dans la civilisation et la clinique contemporaine. A la question qui a fait relance pour lui " que devient le père à la fin d'une analyse ? ", Moustapha Safouan en vient à cette autre concernant notre époque : le père serait-il devenu un objet partiel ? " L'avenir de la psychanalyse ne tient qu'à sa capacité à contribuer à l'intelligence de notre époque et aux métamorphoses de l'éros, autrement qu?en poussant des cris d'alarme. Encore faut-il qu'elle s'en donne les moyens. " C'est dans cet esprit que ce questionnement s'est ouvert.
Résumé : Transformer les espaces de vie pour susciter des nouvelles manières de nous lier les uns aux autres est un vieux rêve de la pensée politique occidentale. Souvent taxés d'utopiques, ces projets n'ont pas cessé d'être conçus et parfois réalisés. C'est à partir de l'un d'entre eux, Les Grands Voisins, la plus importante des utopies urbaines contemporaines réalisées, que nous avons réuni les textes de ce volume. Situé en plein Paris et conçu à l'origine comme logement d'urgence pour les sans-abri, le succès des Grands Voisins nous a incités à faire une autre histoire de ces projets utopiques, en particulier des phalanstères de Charles Fourier et des cités radieuses de Le Corbusier. Ces analyses et ces expériences nous ont permis de jeter un nouveau regard sur les façons de nous loger dans les sociétés post familiales d'aujourd'hui. Notamment sur l'essor spectaculaire de la vie en solo, la transformation la plus décisive de notre modernité.
A l'automne 2007, Laurence Sigal, alors directrice du musée d'art et d'histoire du Judaïsme organisa un cycle de conférences sur le thème "Bible et psychanalyse" . Elle invitait un certain nombre de psychanalystes à commenter sur un mode freudien, en une conférence, un texte biblique de leur choix. Je fus l'un d'entre eux. Au cours de l'entretien téléphonique où l'invitation me fut présentée, Laurence Sigal mit comme limite à mon choix de texte de m'abstenir de traiter du passage du livre de la Genèse rapportant l'épisode du sacrifice d'Isaac. Je la rassurai en lui disant que le texte que j'aurais aimé commenter était celui de l'Ecclésiaste. "Pensez-vous, me demanda-t-elle, que ce texte se prête au commentaire freudien ? - Aucun texte ne me paraît mieux convenir à l'exercice que vous proposez ! "
Résumé : "La violence monte. Ce n'est pas la fin du monde. Mais sans doute la fin d'un monde. Il ne s'agit pas ici de vendre de l'apocalypse. Ni de dire bêtement qu'hier valait mieux qu'aujourd'hui : sur le long terme les chances du progrès l'emportent toujours sur celles du déclin. Mais il y a sur la route des moments où l'addition des risques atteint un paroxysme. Nous vivons un de ces tournants où l'histoire hésite et peut basculer vers le pire".
Résumé : " Déjà inconscient, L. ne se sent pas aller au sol, pantin désarticulé plié sur ses jambes, bras en croix, tête en arrière, avec le fusil pour étai. Le visage tendu vers le haut où s'envole son esprit, tandis que se fige l'expression ébahie par laquelle il se remémore, pour l'éternité, qu'il était mortel ". Après deux romans explorant des chemins de vie, Benoît Lugan observe en dix nouvelles, serrées et denses comme les actions de combat qu'elles racontent, la manière dont la guerre, fascinante et révoltante, transforme, exalte et broie les hommes et les femmes