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Michelangelo Antonioni. Cinéaste de l'évidement
Moure José
L'HARMATTAN
18,50 €
Épuisé
EAN :9782747503945
D'où le cinéma de Michelangelo Antonioni tire-t-il son étrange pouvoir de fascination ? Assurément de la qualité si particulière du regard que le cinéaste, film après film, a posé sur la matière filmée : un regard qui s'exerce sur fond de vacuité, à fleur de cette béante inconsistance où les choses qu'on ne peut tenir à l'oeil, ni contenir dans un récit, se rechargent constamment de mystère et s'élèvent à la puissance de l'évidement. Cet art de porter le vide au coeur des lieux, des personnages et des événements, et de l'insuffler à l'ensemble des rapports qui régissent la mise en scène, est défini ici comme le principe dynamique qui sous-tend, dans une intime coalescence du sens et de la forme, le projet artistique d'Antonioni. Qu'il s'expose dans son évidence sensible comme objet de la représentation (filmer et raconter le vide) ou qu'il se manifeste dans et entre les plans comme effet (plastique, narratif, énonciatif) d'une poétique, l'évidement s'affirme comme le concept esthétique le plus opérant pour approcher la singularité de l'univers et du style antonionien.
Joseph L. Mankiewicz est un cinéaste hollywoodien qui fit briller les plus grandes stars de son époque, notamment Bette Davis, Rex Harrison, Gene Tierney, Ava Gardner, Elizabeth Taylor ou Marlon Brando. Seul auteur à avoir remporté deux années de suite les Oscars du scénario et de la mise en scène avec Chaînes conjugales (1949) et Eve (1950, également sacré meilleur film), il a été adoré par les futurs jeunes loups de la Nouvelle Vague, notamment pour La Comtesse aux pieds nus (1954) et fut associé par le grand public au tournage tumultueux de Cléopâtre (1963), tandis que les cinéphiles vouent un culte durable à L'Aventure de Mme Muir (1948). Pour la critique et les historiens du cinéma, il fut surtout reconnu pour l'ingéniosité de ses intrigues et le brio de ses dialogues, au point qu'on l'a un peu enfermé dans une telle réputation. Nous avons voulu ici associer les meilleurs spécialistes français pour rendre compte de toutes les autres dimensions du talent de ce créateur, en particulier dans l'élaboration visuelle de son oeuvre, en insistant sur son travail avec les acteurs et actrices, sur sa création de formes, sur la manière dont il convoque toutes les forces d'une industrie au sommet de son art, et si près de sa chute. De la fin des années 1940 jusqu'au début des années 1970, il cultive sa singularité tout en tournant des films qui appartiennent au courant central de la production hollywoodienne. Si bien qu'il laisse aujourd'hui une quantité d'images, de situations, de traces cinématographiques reprises par d'autres auteurs, au cinéma, en littérature, dans les arts plastiques, que ce volume permet de considérer sous un jour neuf. Vincent Amiel a publié plusieurs ouvrages sur le cinéma et l'image, dont Mankiewicz et son double (PUF, 2010, prix du Syndicat français de la critique de cinéma). T. Binh est l'auteur ou coauteur d'une vingtaine de livres, de Mankiewicz (Rivages/Cinéma, 1986), au Dictionnaire du cinéma britannique (avec Jean-François Baillon, Vendémiaire, 2023). José Moure a notamment publié Histoire vagabonde du cinéma (avec Vincent Amiel, Vendémiaire, 2020) et Aux commencements du cinéma (Presses universitaires de Rennes, 2023).
Première star internationale de l'histoire du cinéma, Charlie Chaplin n'a cessé de fasciner, et ce dès l'apparition du personnage de Charlot sur les écrans, en 1914. Immédiatement, les artistes, écrivains et intellectuels d'avant-garde (de Louis Aragon à Walter Benjamin, de Robert Desnos à Alexandre Rodchenko, de Fernand Léger à Yvan Goll, d'Henri Michaux à James Agee, de Tristan Tzara à Pablo Picasso, de Philippe Soupault à Sergueï M. Eisenstein. . . ) se sont enthousiasmés pour le personnage qu'il a créé et l'ont reconnu comme l'un des leurs. Sujet iconographique et littéraire récurrent, Charlot/Chaplin (l'un et l'autre se confondent) est une source d'admiration et d'inspiration. Au-delà de ces citations explicites, se dessine une affinité entre le regard que Chaplin porte sur son époque et les préoccupations des avant-gardes, entre la démarche créatrice du cinéaste et celle des artistes qui lui sont contemporains : subversion des codes, déplacement de sens, détournement d'objets, métamorphoses. . . Ce sont ces affinités que ce livre s'attache à explorer en questionnant le dialogue qui s'est instauré entre la modernité de Charlot/Chaplin et celle des avant-gardes artistiques. Un dialogue qui se noue entre un petit homme avec sa moustache, sa canne, son melon, son pantalon trop large, ses godillots et sa drôle de démarche et la pointe la plus avancée de l'art de son temps, entre des films qui ont fait rire le monde entier et les oeuvres plastiques et poétiques qu'ils ont inspirées ou leur font écho, entre une forme en mouvement, muette, blanche et noire, imprimée dans les sels d'argent de la pellicule et le mythe auquel elle a donné naissance.
Le premier dessin, le premier pas de danse, le premier chant: tout cela est depuis toujours tombé dans l'oubli. Mais le cinéma, qui naît à la toute fin du XIXe siècle, a, lui, des témoins sûrs: des écrivains (Gorki, Gourmont, Apollinaire, Tolstoï, Maïakovski, Colette, Kafka, Cendrars, Pirandello, Soupault, Aragon, Cocteau, Biély...), des cinéastes en devenir (Méliès, Griffith, Chaplin, Dreyer, Delluc, L'Herbier, Gance...), des penseurs (Freud, Bergson, Lukàcs, Élie Faure), qui tous élaborent les premiers questionnements et analyses sur l'art naissant qui va révolutionner le XXe siècle. Cette anthologie - une constellation internationale de textes souvent inédits, ignorés ou jamais traduits - invite ceux qui aiment et étudient le cinéma à découvrir le roman des origines d'un art qui, en 1919, sera baptisé le septième. Biographie: Daniel Banda, professeur de philosophie, enseigne l'esthétique à l'université de Paris I Panthéon-Sorbonne. José Moure, ancien élève de l'École normale supérieure, est maître de conférences en esthétique du cinéma à l'université de Paris I Panthéon-Sorbonne.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.