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DE L'ESCLAVAGE AU SALARIAT. Economie historique du salariat bridé
Moulier Boutang Yann
PUF
25,86 €
Épuisé
EAN :9782130495956
La constitution du salariat recèle quelques énigmes théoriques de taille. En généralisant le travail salarié, le capitalisme se présente par rapport aux systèmes qui l'ont précédé comme porteur de liberté. Mais il consacre une dépendance sur le plan économique, même si elle s'opère entre des personnes " libres " juridiquement. La tension entre capitalisme et démocratie se manifeste dès l'accumulation primitive et réapparaît sans cesse. Historiquement, le salariat libre n'est du reste que la pointe émergée de l'iceberg du travail dépendant. L'esclavage des plantations, le second servage, le travail sous contrat des migrants, le travail forcé colonial, ou concentrationnaire, sont des anomalies récurrentes ou durables. Le Mouvement Ouvrier ne réclama-t-il pas dans ses statuts l'abolition de l'esclavage du salariat ? Comment peut-on expliquer que l'essor du capitalisme ?uvre tout à la fois à la construction du contrat " normal " de travail et aux dispositifs contraires de l'esclavagisme ? Ce livre propose une réponse : la recherche du contrôle de la fuite des serfs, des esclaves, des engagés, des pauvres représente l'élément majeur qui a déterminé la naissance du marché du travail aussi bien libre que non libre. La fuite des travailleurs est le ressort de la création et de la destruction des institutions du marché du travail, mais aussi celui de la concurrence capitaliste et de l'accumulation. La rupture unilatérale de l'engagement de travail apparaît comme le point sensible à explorer si l'on veut comprendre les véritables sujets collectifs de l'histoire comme de l'économie, et réintégrer l'âge classique dans l'histoire globale du capitalisme et de l'économie-monde. Reconstruite à partir de l'analyse économique, l'histoire raisonnée du marché, de la liberté, de l'Etat moderne et des politiques publiques à l'égard des pauvres ou des migrants qui se trouve reconstruite s'avère très différente du tableau de la Grande Transformation de Polanyi. Certains concepts cardinaux de l'économie politique, certains repères de l'histoire et du droit du travail se trouvent ainsi profondément réinterprétés : la rente foncière, le mouvement des clôtures, la prolétarisation, l'abolition des corporations, le sens des lois sur les pauvres, la " frontière " américaine, l'apparition du marché du travail, la pertinence de " l'armée industrielle de réserve ", l'articulation des modes de production. Les fondements du contractualisme du XVIIIe siècle, la déduction de la liberté à partir de la propriété, et du sujet politique à partir du contrat n'en sortent pas indemnes non plus.
Notre époque n'est assurément pas celle d'une transition vers le socialisme. L'ironie de l'histoire est que, si transition il y a, comme nous le pensons, il s'agit d'une transition vers un nouveau type de capitalisme. De ce point de vue, le socialisme et la gauche semblent en retard d'une révolution. La "mondialisation" actuelle correspond en effet à l'émergence, depuis 1975, d'un troisième type de capitalisme. Celui-ci n'a plus grand chose à voir avec le capitalisme industriel qui, à sa naissance (1750-1820), rompit avec le capitalisme mercantiliste et esclavagiste. L'objectif de ce premier volume de la collection Multitudes/Idées est de décrire et d'expliquer de façon claire et accessible les caractéristiques de ce troisième âge du capitalisme. Pour analyser la Nouvelle Grande Transformation à laquelle nous assistons, nous nous proposons d'exposer le contenu d'un programme de recherche que résume l'expression de "capitalisme cognitif". Bien que cette notion constitue une hypothèse de travail, elle fournit selon nous d'ores et déjà quelques idées directrices fondamentales, mais aussi des points de repères indispensables pour l'action. L'économie politique qui naquit avec Adam Smith ne nous permet plus d'appréhender la réalité qui se construit sous nos yeux (ce que sont la valeur, la richesse, la complexité du système de l'économie-monde) - ni a fortiori de traiter les défis qui attendent l'humanité, qu'ils soient écologiques ou sociétaux. Cet essai entend ainsi nous mettre sur le chemin d'une politique et d'une morale provisoires à la hauteur de cette Nouvelle Grande Transformation.
Moulier Boutang Yann ; Alliez Eric ; Fromanger Gér
Biopolitique, capitalisme cognitif, expérimentation, différentialisme, hacktivisme, Empire, multitude(s), postmédia, postcolonial... Voilà des mots qui s'invitent aujourd'hui dans la pensée et le débat public.Voilà quelques-uns des concepts déployés depuis sa création, en l'an 2000, dans la revue Multitudes, revue dont cette anthologie propose un formidable échantillon: ses 600 pages regroupent, organisées en vingt-trois rubriques, quatre-vingt-dix contributions, rédigées ou créées par soixante-neuf auteurs et artistes différents, afin de rendre compte du travail accompli à ce jour par les collaborateurs occasionnels et réguliers de Multitudes.L'ensemble, accompagné d'une sélection d'articles disponibles sur le site Internet MULTITUDES WEB, constitue une manière d'introduction au contemporain dans les domaines artistique, philosophique et politique, et une fenêtre ouverte sur la culture numérique qui émerge aujourd'hui.Il s'agit ici de se porter aux frontières de la recherche et de l'innovation intellectuelle et politique. Il s'agit de penser les transformations du temps présent. Des mots nouveaux - postcommuniste, postsocialiste, postcolonial - viennent donc nommer dans ces pages des situations nouvelles, sans jamais céder pour autant à la confusion du postmoderne.En bref, le lecteur trouvera dans Politiques des multitudes un aperçu incisif de ce qui se bricole dans la tête des uns et des autres à l'âge de l'Empire.
Résumé : Cet essai explore, à propos des émeutes de l'automne 2005, une hypothèse, celle du conte d'Andersen " Les habits neufs de l'empereur ". Et si les émeutiers de novembre avaient montré que la République et son modèle, dont on nous vante les mérites à venir ou perdus, est aussi nue que l'empereur d'Andersen ? Ne serait-ce que pour avoir contraint la République à se regarder toute nue dans la glace, malgré les tailleurs habiles et escrocs qui continuent de vanter ses merveilleux habits, ces émeutiers prétendument " insignifiants " méritent notre respect et l'amnistie qui va à toute révolte qui fait avancer la société. Car dans une démocratie inachevée, il faut défendre la société.
Yann Moulier Boutang est directeur de la rédaction de la revue Multitudes et professeur de sciences économiques à l'université de Compiègne. Il est notamment l'auteur de De l'esclavage au salariat: Économie historique du salariat bridé. Il a dirigé l'anthologie Politiques des multitudes: Démocratie, intelligence collective et puissance de la vie à l'heure du capitalisme cognitif (Paris, Éditions Amsterdam, 2007).
Daniel Ligou est professeur émérite à l'Université de Dijon. Auteur de nombreux ouvrages, ses travaux et publications sur la franc-maçonnerie font autorité.
Résumé : L'ouvrage est destiné à tous ceux qui s'intéressent à la question fondamentale : " Est-ce que j'éduque bien ? " Parents, enseignants, éducateurs, responsables politiques, travailleurs sociaux, chercheurs peuvent y trouver matière à réflexion. Un modèle de besoins psychopédagogiques fondamentaux est présenté. Il tente de prendre en compte les dimensions les plus importantes entrant en jeu dans la construction de l'identité d'un individu : besoins affectifs, cognitifs, sociaux, idéologiques. Il donne donc un contenu - et, en cela, il constitue une véritable innovation - à la réponse à la question précitée. Par ailleurs, les auteurs s'interrogent : " Comment, concrètement, répondre au mieux à ces différents besoins ? " Pour cela, ils proposent un " système pédagogique multiréférentiel et intégré " car ils se sont aperçus que les divers courants de pensée pédagogique développent spécifiquement un besoin particulier. Ainsi, ils font correspondre une pédagogie à chaque besoin fondamental. Leur proposition - et c'est en cela que leurs propos sont " postmodernes " - est de ne pas privilégier un courant au détriment des autres. Chaque courant apporte des éléments importants. La multiréférence que chaque adulte doit intégrer dans un modèle pédagogique propre est, selon eux, une démarche incontournable. Leur conception de la formation des adultes est de faire de ceux-ci des sujets-acteurs, voire, mieux, des sujets-auteurs de leur projet éducatif. En d'autres termes, on peut dire que complexité éducative et agir communicationnel sont ici au c?ur des propositions.
Les enseignants et formateurs du XXIe siècle peuvent-ils espérer que la psychologie scientifique les aide dans leur pratique? Cet ouvrage prend le parti d'affirmer que, même si la science ne peut apporter toutes les réponses attendues, elle peut identifier des conditions nécessaires mais non suffisantes! pour « apprendre et faire apprendre »: des conditions liées aux caractéristiques des apprenants en interaction avec celles de leur environnement d'apprentissage. Les psychologues d'aujourd hui n'étudient plus l"« Apprentissage » avec un grand « A », comme s'il s'agissait d'un objet défini et statique. Ils préfèrent en décrypter les mécanismes et les dynamiques spécifiques. Leur objet est donc moins « l'apprentissage » qu" « apprendre », verbe d'action qui permet d'intégrer les facettes cognitives, affectives et sociales en jeu. L'expression « faire apprendre » rappelle par ailleurs que l'action ne se déclenche pas nécessairement d'elle-même. Elle nécessite une implication de l'apprenant lui-même, mais aussi de celui qui lui transmet connaissances et compétences: l'enseignant, le formateur ou tout autre éducateur. Les auteurs ont dès lors choisi de convoquer les sous-disciplines de la psychologie qui, en 2006, peuvent l'éclairer: les neurosciences cognitives, dont fait partie la psychologie cognitive, la psychologie différentielle, qui cherche à comprendre les spécificités individuelles, la psychologie du développement, mais aussi la psychologie sociale et la psychologie de la motivation. En plus d'être collectif, cet ouvrage est donc pluridisciplinaire et fondé sur les travaux de recherche les plus récents, tout particulièrement dans les différents pays francophones.
Dans ce second volume d'Attachement et perte, John Bowlby poursuit son travail sur l'importance de la relation parentale et le rôle qu'elle joue dans la santé mentale. Il étudie la séparation et l'angoisse concomitante: la peur d'une séparation imminente ou imaginée, la peur induite par les menaces parentales de séparation et l'inversion de la relation parent-enfant. John Bowlby réexamine les situations qui causent en nous un sentiment de peur et les compare à des observations du même ordre chez les animaux. Il conclut en montrant que la peur est suscitée le plus souvent par des situations inoffensives en soi mais qui servent à signaler l'accroissement du risque de danger.