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Temps interférentiel dans la photographie
Sicard Michel ; Moslehi Mojgan
L'HARMATTAN
16,00 €
Épuisé
EAN :9782343199672
Dans les flèches du temps, nous nous retrouvons, comme Dante, devant une forêt obscure. Et si les images photographiques, loin d'être un temps linéaire, n'étaient que du temps morcelé? Chaque parcelle de vue est l'entrée d'un puise dans un autre temps, celui d'êtres radicalement imbriqués à nous, où nous nous colorons au passage, nous temporalité intime. Il ne suffit pas d'être, comme une sphère renfermant une essence, fût-elle multiple, il faut encore avoir parcouru jusqu'au vertige tous ces avoir-été. Si s'élide le corps de l'autre, s'élide aussi mon corps propre temps. Car je suis adjoint de tous ces multiples instants ment aux êtres hors de ma propre substance. Je serai toujours sur un point suspendu entre des instants qui ne m'appartiennent, sinon La photographie n'est que l'impossible collection de ces instants décolles de mon réel, pour qui sait y voir.
Il n'est plus question aujourd'hui de "découvrir Henri Michaux", selon l'invitation de Gide en 1941 ; les lecteurs sont désormais nombreux et fidèles. Mais, comme souvent, les lectures sont des appropriations qui font que chacune a tendance à produire sa propre image de l'oeuvre. C'est un Michaux mystique, un Michaux humoriste, ou voyageur, ou bien encore un Michaux maître de la drogue, ou chinois. Ces images sont fondées, sans doute, mais le danger est d'en faire ou bien une coexistence de figures partielles, éclatées, ou bien une multitude de clefs d'interprétation exclusives. Ne serait-il pas temps de resituer cette oeuvre dans sa cohérence, une cohérence qui n'efface pas les discontinuités, mais se donne comme fil conducteur les relations de l'auteur, celui qui accepte avec réticence de se nommer Henri Michaux, avec ce qu'il écrit, relations difficiles, mais sans cesse remises sur le métier ? Ainsi, s'interroger sur la cohérence de cette oeuvre serait peut-être, telle est l'ambition de ce livre, se demander comment des textes écrits sont en mesure d'instaurer, de contester ou d'accepter leur auteur.
Quel biologiste sérieux pourrait de nos jours remettre en cause les acquis de la biologie moléculaire ? ADN, génome, expression génétique sont entrés dans le langage courant. Peut-on imaginer qu'il n'en fut pas toujours ainsi et qu'il a fallu à une poignée de chercheurs et d'universitaires livrer un combat tenace et précurseur pour réussir à imposer ces concepts, alors considérés au mieux comme trop révolutionnaires, dans les années 1960-1970 ? C'est ce combat, qui éclaire un épisode crucial de l'histoire des sciences biologiques, que Michel Sicard, un de ses précurseurs, nous décrit ici avec modestie. En termes simples et palpitants, il nous fait vivre la façon dont il a découvert le mécanisme qui corrige les erreurs de copie de l'ADN, source de mutations et de certains cancers. C'est le récit d'une lutte victorieuse, s'étendant sur près de quarante années. Nous sommes conviés à partager les étapes d'une formation scientifique approfondie sur fond de guerre d'Algérie. Nous suivons l'établissement graduel d'une discipline scientifique nouvelle en dépit de l'hostilité des «chers collègues» pour enfin en arriver à cette forme de reconnaissance qu'est la conduite de la vie d'une université, Toulouse, devenue pôle de référence français.
Ce livre est la somme de réflexions et d'expériences d'un plasticien qui utilise comme substance pour son travail la culture japonaise. Par ce chois, le lecteur découvre le théâtre Nô, art théâtral dramatique, chanté et dansé, joué le plus souvent masqué, et ses nouvelles possibilités artistiques. Cette démarche montre que certains concepts japonais furent et restent encore aujourd'hui les influences majeures de beaucoup d'artistes contemporains. Elle confirme également la nécessité qu'a l'artiste de se rendre à la rencontre de l'Autre, afin d'effectuer ce retour sur soi indispensable à toute création.
Qu'est-ce qu'un objet ancien de nos jours ? A partir de quelle période peut-on considérer un objet comme objet ancien ? L'objet ancien dans ce livre n'appartient pas à un temps précis. C'est un objet toujours vivant mais qui demande une autre définition que celle d'outil ou d'objet décoratif. L'objet ancien porte l'empreinte de la vie d'un autre temps et semble étrange à nos contemporains qui bien souvent lui attribuent de nouvelles fonctionnalités. C'est pourquoi il suscite de curieuses sensations et bouscule l'ordre du temps. Les traces visibles et invisibles sur l'objet ancien témoignent de la présence immortelle de la vie et caractérisent l'objet. Comment reconnaître cette vie et définir l'essence de cet objet qui par sa forme et sa couleur porte la trace du temps et de la main de l'homme ? Ces questions nous invitent à rechercher les objets anciens apparus dans les oeuvres d'artistes contemporains en redéfinissant leur forme et leur essence au-delà de leur matérialité. Ainsi compris, l'objet ancien définit une notion de l'art contemporain et n'est plus un simple matériau de l'art.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.