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Histoire de la douleur. XVIe-XXe siècle
Moscoso Javier ; Langue Frédérique
AMSTERDAM
24,00 €
Épuisé
EAN :9782350961194
En tant qu'expérience subjective, la douleur est irréductiblement privée. Mais comme chacun le sait, la douleur se dit et la douleur s'expose. Dès lors, elle devient un phénomène culturel et social, une représentation dont on peut étudier les formes et raconter l'histoire. C'est pourquoi l'histoire racontée dans ce livre s'organise autour des lieux communs (au sens rhétorique du mot) à travers lesquels la douleur s'est successivement construite : la représentation, l'imitation, la sympathie, la confiance, le témoignage, la correspondance, la narrativité, la réitération. Malgré son souci de rigueur et son érudition, l'histoire racontée n'a absolument rien d'aride : Javier Moscoso convoque une riche iconographie à l'appui de son argumentation et puise dans des sources littéraires, personnelles, religieuses, juridiques et médicales pour livrer une réflexion brillante et enlevée sur les transformations de la souffrance en Occident, sur la manière dont cette expérience naguère investie d'une signification religieuse est devenue un symptôme, et à ce titre, la marque d'un mal physique ou psychique à éliminer. À travers l'histoire de la douleur, il ne nous propose rien de moins qu'une réflexion profonde sur la formation de l'individu moderne.
Crumb Robert ; Wilson S Clay ; Moscoso Victor ; Gr
En 1968, un inconnu appelé Robert Crumb autoédite le premier numéro deZap comix, qu?il vend lui-même dans un landau de bébé sur les trottoirs de SanFrancisco. Les autres collaborateurs apparaissent dans les numéros suivants,le démoniaque S. Clay Wilson, le surréaliste Victor Moscoso, le mystiqueRick Griffin, le satiriste Gilbert Shelton, le dandy Robert Williams, lechampion du prolétariat Spain Rodriguez. L?Histoire est en marche. Lemouvement underground prend son essor et Zap comix va lui servir demodèle. Toute la bande dessinée d?auteur, jusqu?à nos jours, trouve son pointd?origine dans Zap, son incroyable liberté de ton ? parfois plus choquanteaujourd?hui qu?il y a cinquante ans ?, son mépris complet des conventions, etla démonstration, faite page après page, que la bande dessinée est un moded?expression aussi fécond que la littérature ou que l?art.Les dessinateurs de Zap deviendront aussi célèbres que des stars du rock.Le fait est que la revue présente une harmonie paradoxale entre la vervesatirique d?un Robert Crumb ou d?un Gilbert Shelton et les expérimentationsgraphiques d?un Victor Moscoso ou d?un Rick Griffin, entre le maniérismepoussé jusqu?aux limites de la lisibilité d?un Robert Williams et le réalismecru d?un Spain Rodriguez.Les surprises sont permanentes.Rick Griffin, qui est un Jesus Freak,et qui dessine des madones et dessymboles de l?ésotérisme chrétien,voisine avec S. Clay Wilson, sata -niste et décadentiste déclaré, quicalligraphie avec abandon desscènes d?orgies et de massacresmettant en scène des démons, deslesbiennes et des pirates. Le mêmeS. Clay Wilson dessine des histoiresde motards, alors que Spain Rodri -guez, qui est un ancien blouson noird?un gang de motards de Buffalo,passe du sujet des bikers à des récitsde science-fiction, dont il est enti -ché.De façon incroyable, Zap n?avaitjamais été traduit en français. Sespremiers numéros sont aujourd?huidifficilement trouvables, et desexemplaires en bon état atteignentdes cotes ahurissantes. Nous présen -tons dans ce volume les neuf pre -miers numéros de Zap (+ le n° 0),dans une version méticuleusementrestaurée, traduite et relettrée. Aprèsun demi-siècle, cet obus littéraire agardé tout son pouvoir explosif.
Crumb Robert ; Wilson S. clay ; Moscoso Victor ; G
Le monument de la contre-culture est de retour ! Après un premier volume édité en 2020, découvrez la seconde époque du foisonnement créatif et subversif emmené par Robert Crumb, Gilbert Shelton et toute l?équipe pionnière du comics underground. Zap Comix, revue fondée par Robert Crumb en 1968, est la figure de proue de la contre-culture américaine. Elle a été le point de départ d'une révolution dans les comics. Toute la bande dessinée d'auteur, jusqu'à nos jours, trouve son point d'origine dans Zap, son incroyable liberté de ton, son mépris complet des conventions, et la démonstration faite que la bande dessinée est un mode d'expression aussi fécond que la littérature ou que l'art. Jusqu?en 2020, Zap Comix n?avait jamais été traduit en français. Les Editions Stara, spécialisées dans les comics underground, se sont lancées dans l?aventure de la première édition française de Zap. Le premier volume rassemblant les numéros 0 à 9 a vu le jour à l?été 2020. Nous présentons dans ce nouvel opus les numéros 10 à 15, sortis originellement entre 1982 et 2004, soigneusement restaurés, traduits et lettrés en français. Les comics Zap 7/7cents et Zap Zam font aussi partie de cette intégrale. Après un demi-siècle, cet obus littéraire a gardé tout son pouvoir explosif.
En 1968, un inconnu appelé Robert Crumb autoédite le premier numéro de Zap Comix, qu il vend lui-même sur les trottoirs de San Francisco. L Histoire est en route, le mouvement underground prend son essor et Zap Comix va lui servir de modèle. Zap Comix existe toujours mais Crumb et ses amis n ont jamais cherché à le sortir de façon régulière et il a fallu attendre douze ans entre le N°15, paru en 2004, et celui que nous vous proposons aujourd hui en version française, le N°16, le dernier, l ultime, celui qui devrait marquer la fin de la série. Il ne s agit plus d un comic book agrafé mais d un livre d une centaine de pages dont Crumb s est réservé un quart. Les autres collaborateurs sont ses vieux comparses des temps héroïques, Gilbert Shelton, Rick Griffin, Robert Williams, Victor Moscoso, S. Clay Wilson, Paul Mavrides et Spain Rodriguez, auxquels s est ajoutée pour la première fois une femme, Aline Kominsky-Crumb, pour des histoires à quatre mains avec son mari (la série intimiste Aline & Bob). Ce numéro d adieu est aussi l occasion de retrouver des héros mythiques de la contre-culture, les Freak Brothers (ici plongés dans le terrorisme), le Checkered Demon et Wonder Wart-Hog (écrasant les traders de Wall Street) dans des aventures récentes et inédites, parfois en couleurs. Humour, sexe, art, satire sociale... Après pas loin d un demi-siècle d existence, Zap Comix n a rien perdu de son mordant !
Le procès de Nuremberg (1945-1946) est devenu un symbole, celui d'un grand événement de justice internationale qui a permis d'affirmer que l'idéologie nazie ne devait pas rester impunie et relevait d'une nouvelle incrimination : le crime contre l'humanité. Cet ouvrage, qui place la focale sur la France, vient combler un important vide historiographique. La contribution française rappelle en effet que la justice internationale résulte d'un long travail de tractations politico-juridiques entre les Alliés, commencé dès 1941, et dans lequel les Français de Londres ont joué un rôle central. A Nuremberg, la délégation française dissone avec la logique américaine du procès. Elle s'inscrit dans une tradition humaniste remontant aux Lumières, critique certains choix juridiques et fait venir des résistants à la barre, quand les Anglo-Saxons ne jurent -ou presque- que par les documents écrits. Ainsi, Marie-Claude Vaillant-Couturier impressionne en évoquant les camps de concentration et la destruction des Juifs. Le procès de Nuremberg a été en partie emporté par la guerre froide et la décolonisation. Mais la contribution française reste une invitation à réfléchir sur la nécessité d'engagements clairs de la part de protagonistes décidés, si l'on veut faire advenir une justice internationale fondatrice d'humanité.
En ce début de XXIe siècle, vingt ans après la chute des vieilles bastilles, à Berlin puis en Afrique du Sud, des murs sont construits frénétiquement aux quatre coins du monde: en Palestine, entre le Mexique et les Etats-Unis, l'Inde et le Pakistan, l'Arabie Saoudite et l'Irak, l'Afrique du Sud et le Zimbabwe, la Thaïlande et la Malaisie, l'Ouzbékistan et la Kirghizie... Sans compter tous les murs intérieurs, gated communities et autres checkpoints qui partitionnent et régulent les espaces nationaux. Alors que le XXe siècle avait prétendu se clore sur la promesse d'une ère d'échanges et de prospérité, des tensions nouvelles sont apparues, entre la fermeture et l'ouverture, l'universalisation et la stratification. Et ce monde qui se pensait en termes de flux et de circulations n'a depuis cessé de mettre en place des filtres et des dispositifs, largement dématérialisés, de surveillance et de contrôle. Dans ce contexte, que peuvent bien signifier ces murs terriblement concrets, d'acier et de béton, grillagés ou couverts de barbelés, sortes de survivances d'un autre âge? S'ils se révèlent largement inefficaces sur le plan fonctionnel, leur pouvoir discursif, symbolique et théâtral est incontestable: ils fonctionnent comme les icônes d'un pouvoir souverain et d'une nation préservée. Mais là où l'interprétation dominante en déduit que ces murs sont les symptômes d'États-nations renforcés, Wendy Brown y décèle au contraire un déclin avancé de la souveraineté étatique. Et selon elle, celle-ci se redistribue au profit d'autres entités désormais plus puissantes: le capital et la religion.
Comment, au milieu du XIXe siècle, Paris a-t-elle pu devenir l'incarnation urbaine de la modernité ? Pour répondre à cette question, David Harvey a exploré les mutations connues par la ville à cette époque : transformation physique, avec les grands projets d'Haussmann, qui remplace le plan médiéval par les grands boulevards ; transformation économique, avec une nouvelle forme de capitalisme dominée par les puissances financières et industrielles ; transformation culturelle, avec l'irruption de ce qu'on appellera plus tard le modernisme ; transformation sociale, avec l'émergence de violents antagonismes de classes qui atteignent leur paroxysme dans les révolutions de 1848 et de 1871. En présentant la ville moderne comme le produit instable de forces hétérogènes et contradictoires, David Harvey nous offre une image vivante du fonctionnement de Paris ainsi qu'une vision panoramique de la période décisive que fut le Second Empire. Mais cette analyse de la ville moderne est aussi l'occasion d'une réflexion magistrale sur la ville contemporaine - sur la part de la population dans l'urbanisation, sur son accès aux ressources, en somme sur le "droit à la ville".
A partir des années 1980, l'idée s'est peu à peu imposée : le clivage politique fondamental ne serait pas de nature idéologique - opposant le capitalisme au socialisme - mais civilisationnel. Cette conception, formulée notamment par Samuel Huntington, divise le champ politique entre d'un côté les tenants d'une vision sécularisée des rapports entre les hommes et les sociétés - "l'Occident" -, et de l'autre les défenseurs d'une conception religieuse ou "indigène" . Or de manière paradoxale, elle semble également s'être imposée au sein de courants intellectuels et politiques qui, considérant que l'accroissement de la domination de l'homme sur la nature est indissociable de celle de l'homme sur l'homme, érigent la pratique indigène en figure principale de l'opposition à la logique du capitalisme. Mais la perpétuation de la guerre et de la servitude dans l'histoire de l'humanité procède-t-elle vraiment de la diffusion des appareils conceptuels produits par l'Occident ? Etudiant les déterminants des trois mouvements historiques que sont le développement du capitalisme, la colonisation des Amériques et la traite atlantique, Ivan Segré montre qu'il n'en est rien, et que seul le recours à des facteurs d'un autre ordre - les comportements économiques prédateurs et la xénophobie - rend intelligible le cours de l'histoire.