Partant du récit de Bernard Moitessier qui refusa de finir une course en bateau qu’il s’apprêtait à remporter, l’autrice nous parle du refus de parvenir, c’est-à-dire refuser les conditions de réussite prônées par nos sociétés pour définir les nôtres, plus en adéquation avec nos valeurs et notamment le respect de la nature. Inspirant, vivifiant, et étonnamment apaisant, ce court essai invite à repenser notre façon d’être à l’heure de l’effondrement écologique. Corinne Morel Darleux nous invite, non pas à baisser les bras, mais à agir, pour rester dignes au présent, et tout tenter même quand les indices sont au rouge et que le monde plonge dans l’absurdité. Et ce, pour réussir à être en accord avec nous-mêmes et sauver ce qui peut l’être.
Notre société déborde de trop-plein, obscène et obèse, sous k regard de ceux qui crèvent de faim. Elle est en train de s'effondrer sous son propre poids. Elle croule sous les tonnes de plaisirs manufacturés, les conteneurs chargés à ras bord, la lourde indifférence de foules télévisées et le béton des monuments aux morts. Et les derricks continuent à pomper, les banques à investir dans le pétrole, le gaz, le charbon. Le capital continue à chercher davantage de rentabilité. Le système productiviste à exploiter main-d'oeuvre humaine et écosystèmes dans le mime mouvement ravageur. Comment diable nous est venue l'idée d'aller puiser du pétrole sous terre pour le rejeter sous forme de plastique dans des océans qui en sont désormais confits ? D'assécher les sols qui pouvaient nous nourrir, pour alimenter nos voitures en carburant ? De couper les forêts qui nous faisaient respirer pour y planter de quoi remplir des pots de pâte à tartiner ? Dans cet essai philosophique et littéraire rédigé à la première personne, la militante écosocialiste Corinne Morel Darleux questionne notre quotidien en convoquant le navigateur Bernard Moitessier, les lucioles de Pasolini ou Les Racines du ciel de Romain Gary. Elle propose un choix radical : refuser de parvenir et instaurer la dignité du présent pour endiguer le naufrage généralisé.
Foxy est une petite fille curieuse et malicieuse qui vit à la campagne depuis que sa famille a quitté Paris. L?un de ses endroits préférés, c?est une petite cabane qu?elle a aménagée dans la forêt et dans laquelle elle adore venir bouquiner. Mais voilà qu?un jour, elle découvre un panneau qui annonce la construction d?un complexe hôtelier?! Anéantie, Foxy imagine déjà le carnage.Avec quelques copains, elle décide alors de monter le «?gang des chevreuils rusés?», pour mettre des bâtons dans les roues des promoteurs. Ces enfants intrépides vont mettre leur imagination galopante et leur sens de la mise en scène au service de mère Nature?! Et ils pourraient bien créer le buzz?!
Là où le feu et l'ours. Histoire de Violette est le récit de la rencontre d'une jeune femme et d'un ours nouveau-né. Leur périple, dans une steppe parcourue de vents de feu, les mènera jusqu'à l'Oasis, un lieu foisonnant qui leur réserve bien des surprises...
Résumé : Publicité omniprésente, influenceurs sous contrat, milliardaires érigés en modèles, profits records et jets privés... A l'ère du "toujours plus" , la bataille contre le consumérisme semble perdue. Pourtant les activités humaines créent des dégâts à un rythme effréné. Et de plus en plus de personnes prônent une décroissance énergétique et matérielle. Dans un texte incisif et nécessaire, Corinne Morel Darleux s'interroge sur la possibilité d'être heureux en possédant moins. Avec le souci de l'éthique et du discernement, elle nous suggère de limiter le superflu de notre consommation pour vivre mieux. Remarquée pour son lumineux "Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce" en 2019, CORINNE MOREL DARLEUX est essayiste et romancière. Elle écrit pour la jeunesse comme pour les adultes et mêle dans ses textes poésie et radicalité, amour du vivant, souci de l'éthique et imaginaire. Après un engagement politique intense pour l'écologie et la justice sociale, elle se consacre désormais, depuis son havre au pied du Vercors, à l'écriture et au militantisme de terrain.
Ce travail est le fruit d'une collaboration entre l'historien William Blanc et l'illustrateur Thierry Guitard. Fascinés depuis leur enfance par les pirates du XVIIIe siècle, ils ont décidé de partager leur passion en leur consacrant une synthèse illustrée accessible à tous. Les textes sont organisés en brefs chapitres traitant des divers aspects de l'histoire des pirates : les navires, l'équipage, l'abordage, le partage du butin. D'autres sont consacrées à des aspects mal connus, comme les femmes pirates et les pirates africains. Certains s'intéressent aux grandes figures, comme Barbe Noire, Olivier Levasseur ou Bartholomew Roberts. Chaque chapitre est pourvu de plusieurs illustrations couleur influencées par la ligne claire, mais aussi d'une iconographie d'époque et de cartes.
David Graeber séjourna à Madagascar de 1989 à 1991 et y découvrit l'existence d'un groupe ethnique formé des descendants des pirates qui s'y étaient installées au début du XVIIIe siècle. Il a rédigé sur le sujet un essai, où il entreprend, entre autres, de faire la lumière sur l'utopie pirate connue sous le nom de "Libertalia". Décryptant les légendes pirates et analysant la documentation disponible, l'auteur explore l'impact qu'eurent les flibustiers et leurs descendants sur l'histoire malgache au siècle des Lumières ? mais aussi l'influence qu'eurent les récits de pirates et leurs pratiques proto-démocratiques sur les penseurs de l'époque. Il en résulte un récit passionnant, doublé d'une réflexion lumineuse sur la nature et les origines de l'idéologie marchande.
Connaît-on vraiment l'intensité de l'engagement de Louise Michel (1830-1905) ? Les précédentes anthologies ont eu tendance à cloisonner la richesse et la diversité d'une expression révolutionnaire variée en sélectionnant des formats (poésie, roman, essai) ou en privilégiant son caractère littéraire - aujourd'hui si romantiquement anachronique. Tout en conservant cette diversité et ce souffle singulier, cette anthologie présente la "grande citoyenne" en action à travers un choix de textes souvent inédits. Celle-ci ne cesse de s'engager et de mobiliser en invoquant les spectres de la Commune ou en traçant des horizons radieux, en reliant entre elles les luttes du monde entier, appelant à l'émancipation des femmes, à la compassion parfois, à d'implacables colères populaires souvent.
Résumé : Ce livre évoque dans les grandes lignes l'histoire du féminisme, ses divers courants, ses concepts, une partie des inégalités encore trop présentes, des discriminations et des violences faites aux femmes - dont la cessation revêt un éternel caractère d'urgence -, mais aussi les idées reçues sur les féministes et les controverses au sein du mouvement.
Résumé : Nous voyons les banquises fondre, les espèces disparaître, les inégalités s'exacerber : tout nous annonce que nos modes de vie sont condamnés à un "effondrement" qui vient. Nous savons la nécessité d'une mutation vertigineuse, à laquelle nous ne parvenons pas à croire. Comment sortir de cette hantise - sans nier sa réalité ni subir sa fascination ? En multipliant les perspectives qui dévoilent une pluralité effondrements déjà en cours, plutôt qu'un unique écroulement à venir. En questionnant ce "nous" de la collapsologie à partir de temporalités alternatives, d'attentions altérées, de points de vues excentrés et excentriques. Ecrit à quatre mains, ce livre s'adresse à toutes les générations collapsonautes - jeunes et moins jeunes - qui ont mieux à faire que se laisser méduser par la menace des catastrophes à venir. Désespérées mais pas pessimistes, elles s'ingénient à accueillir et cultiver des formes de vie qui échappent parle haut au capitalisme extractiviste. Condamnées à naviguer sur les effondrements en cours, elles génèrent d'ores et déjà des arts inédits du soulèvement et du montage - dont ce bref essai encourage à hisser les voiles.
La grande affaire du XXIe siècle sera l'écologie : comment, face à une dégradation de la biosphère jamais observée dans l'histoire, allons-nous empêcher le désastre et refaire une société juste et pacifiée ? Ceux qui tiennent aujourd'hui les manettes de la société n'ont pas la réponse à cette question cruciale. Mais une nouvelle génération arrive aux commandes et donne le ton de ce que seront les décennies à venir.L'équipe de Reporterre est allée interroger ses plus vaillants représentants : Claire Nouvian, Pablo Servigne, François Ruffin, Corinne Morel Darleux, Jon Palais, Jade Lindgaard, Alessandro Pignocchi, Angélique Huguin, Matthieu Amiech, Fatima Ouassak, Pierre Rigaux, Juliette Rousseau... Ces femmes et ces hommes ont tous moins de 45 ans. Nous leur avons demandé comment elles et ils étaient arrivés à l'écologie, quelle était leur vision du monde et comment, au quotidien, changer la vie. Ensemble, ils dessinent un nouveau monde, où la nature, la justice sociale, le bien commun, la sobriété, la technique retrouvent leur juste place.Dans ces entretiens revigorants, elles et ils transmettent le goût de l'espoir et l'envie de lutter. Un livre programme, présenté par Hervé Kempf.
Naess Arne ; Afeissa Hicham-Stéphane ; Ramadier Ma
Résumé : Voici enfin disponible la sagesse d'un pionnier de la pensée écologiste. Etonnamment méconnue en France, l'écosophie d'Arne Naess, philosophe majeur du XXe siècle, est ici présentée à travers dix textes accessibles et sensibles. On y apprend ce qu'est véritablement l'écologie profonde et comment cette philosophie est née d'une relation intime avec la montagne. Prolongeant la pensée de Spinoza, Naess montre comment l'affection pour tout ce qui est vivant ? et non le rapport objectivant, gestionnaire ou dominateur sur la nature ? est au coeur du développement personnel, de la formation de l'identité sociale... et d'une société plus juste. Arne Naess (1912-2009) est le fondateur de la deep ecology et de l'écosophie. Figure majeure de la philosophie contemporaine et de la pensée écologique, il a publié de nombreux livres et reçu plusieurs distinctions en tant que penseur, résistant de la Seconde Guerre mondiale, puis militant de la cause écologique. Hicham-Stéphane Afeissa est professeur agrégé de philosophie, docteur en philosophie ainsi qu'en géosciences et environnement. Spécialiste d'Arne Naess, il est également l'auteur d'une dizaine d'ouvrages de philosophie environnementale. Mathilde Ramadier est philosophe, scénariste et traductrice. Elle a récemment publié un roman graphique consacré à l'écologie et à Arne Naess : Et il foula la terre avec légèreté (Futuropolis, 2017, avec Laurent Bonneau). Textes traduits du norvégien par Naïd Mubalegh, et de l'anglais par Pierre Madelin, sous la direction scientifi que de et révisés par Hicham-Stéphane Afeissa. Textes présentés par Hicham-Stéphane Afeissa et Mathilde Ramadier.
Et si notre civilisation s'effondrait ? Non pas dans plusieurs siècles, mais de notre vivant. Loin des prédictions Maya et autres eschatologies millénaristes, un nombre croissant d'auteurs, de scientifiques et d'institutions annoncent la fin de la civilisation industrielle telle qu'elle s'est constituée depuis plus de deux siècles. Que faut-il penser de ces sombres prédictions ? Pourquoi est-il devenu si difficile d'éviter un tel scénario ?Dans ce livre, Pablo Servigne et Raphaël Stevens décortiquent les ressorts d'un possible effondrement et proposent un tour d'horizon interdisciplinaire de ce sujet - fort inconfortable - qu'ils nomment la "collapsologie". En mettant des mots sur des intuitions partagées par beaucoup d'entre nous, ce livre redonne de l'intelligibilité aux phénomènes de "crises" que nous vivons, et surtout, redonne du sens à notre époque. Car aujourd'hui, l'utopie a changé de camp : est utopiste celui qui croit que tout peut continuer comme avant. L'effondrement est l'horizon de notre génération, c'est le début de son avenir. Qu'y aura-t-il après ? Tout cela reste à penser, à imaginer, et à vivre...Pablo Servigne est ingénieur agronome et docteur en biologie. Spécialiste des questions d'effondrement, de transition, d'agroécologie et des mécanismes de l'entraide, il est l'auteur de Nourrir l'Europe en temps de crise (Nature & Progrès, 2014).Raphaël Stevens est éco-conseiller. Expert en résilience des systèmes socioécologiques, il est cofondateur du bureau de consultance Greenloop.Postface d'Yves Cochet, ancien ministre de l'Environnement et président de l'Institut Momentum.