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Sociologie politique de Norbert Elias
Moreau de Bellaing Cédric ; Trom Danny
EHESS
28,01 €
Épuisé
EAN :9782713229046
Pourquoi revenir à Norbert Elias, alors que son oeuvre est désormais canonisée et que le sociologue allemand est inscrit au panthéon des sciences sociales, aux côtés d'Emile Durkheim, de Max Weber, de Talcott Parsons ou de Pierre Bourdieu ? Parce que cette reprise s'impose aujourd'hui comme une nécessité. Celle-ci tient, simultanément, à l'état de la discussion académique actuelle au sein des sciences sociales et à l'état des sociétés politiques dans lesquelles nous vivons. Les deux sont, pour Norbert Elias, inextricablement liés. Ce volume est consacré à l'explicitation de ce nouage auquel sa sociologie apporte une contribution inégalée. Celle-ci ne s'éclaire que si l'on consent à admettre que Norbert Elias effectue le geste sociologique, dans son intégralité, tel qu'il a été conçu et forgé par les fondateurs de la discipline. Et ce geste suppose de replonger les outils conceptuels de la sociologie dans le cadre ample de ce qu'Elias nomme le problème général de l'évolution historique. Trop souvent parcellisée, parfois malmenée, son oeuvre nous offre pourtant des ressources indispensables pour fonder le travail sociologique dans l'objectivité des mécanismes qui travaillent nos sociétés modernes et dans la normativité sociale sous-jacente à l'activité qu'elle génère en s'imposant tel un espace de contraintes et d'opportunités. C'est alors que la sociologie de Norbert Elias se fait politique, science des dynamiques socio-politiques et levier d'émancipation, indissociablement.
Le statut des savoirs et des connaissances en sciences humaines et sociales, tel qu'il commençait à être élaboré par les précurseurs et les fondateurs de ce qu'il était convenu d'appeler la sociologie, à laquelle vint s'ajouter l'anthropologie, pose aujourd'hui problème tant au niveau des sacralisations maintenues qu'à celui des modernisations s'accomplissant et accomplies. A partir d'ouvrages inventoriés sur une longue période, principalement les trente dernières années, l'épistémologie des sciences sociales s'interroge sur elle-même, sur ce qu'elle produit : des traces d'objectivation, mais aussi de réflexion.
Une nouvelle perspective sur le social, c'est-à-dire sur les rapports sociaux, est proposée ici. Elle fait sa place à la subjectivité collective et individuelle. elle montre également comment l'investissement simultané dans le concret, le matériel, le corps, et dans le symbolique et l'imaginaire noue, dans l'échange réciproque, le social et le lien social. Cet investissement contribue également à créer et à recréer les actes et les oeuvres de la vie quotidienne et politique.
Fondatrice, avec Benjamin Constant, du libéralisme politique, Madame de Staël écrit une oeuvre à multiples facettes : philosophique, littéraire, politique. Dans toute l'œuvre prédomine une idée, celle de l'enthousiasme. Madame de Staël la fait agir comme un projecteur qui éclaire aussi bien les transformations sociales et politiques en 1789 que le renouveau des droits en 1914. L'idée d'enthousiasme révèle l'aspect sociologique de son œuvre, celui qui nous intéresse encore. En ces temps moroses, nous tentons, chez l'auteur, de redonner vie à cette idée, avec l'espoir qu'elle commence à s'opposer à une pensée de la renonciation.
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.
Depuis le début des années 1990, la plupart des hôpitaux européens ont révolutionné les pratiques entourant la mort du foetus ou du nourrisson. Escamoter l'enfant mort et inciter les parents à "passer à autre chose", tel était l'usage jusqu'alors. Apprendre à "faire son deuil", telle est la règle désormais. Le deuil devient volontariste, presque appliqué. Mais le plus surprenant est sans doute l'invite systématiquement faite aux parents de regarder leur enfant mort. Internationale, cette mutation fut aussi radicale: en dix ans, une page de l'histoire de la mort enfantine a été tournée. Elle cristallise une nouvelle manière de saluer les morts rendant essentielles la matérialité et l'incarnation du souvenir. Que s'est-il passé pour que la présentation ou la représentation du corps devienne, ou redevienne, incontournable pour penser la perte? Un simple retour au passé? Fétichisation du corps et psychologisation de son usage: le corps, la chair, le donné biologique sont appelés au secours des psychés. Mais le phénomène se limite-t-il bien au cas des bébés morts? Que nous suggère-t-il de la redéfinition contemporaine des identités?