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Charlemagne, Lampião et autres bandits. Histoires populaires brésiliennes
Moreau Annick ; Lemos Anne-Marie
CHANDEIGNE
18,00 €
Épuisé
EAN :9782915540130
Charlemagne et Roland, héros brésiliens au même titre que des personnages réels ou fabuleux tels que Lampiao, Zumbi ou Saci? En effet, la littérature de cordel, sorte de bibliothèque bleue très populaire, qui serait née au XIXe siècle dans le Nordeste du Brésil, traite des sujets et des thèmes les plus variés dont justement la littérature épique médiévale européenne, mais aussi le fantastique, le picaresque, la religion populaire, les histoires d'animaux, l'actualité, etc. Vendue sous forme de livrets (folhetos) de 8, 16, 24, 32 ou 64 pages, elle est généralement illustrée de xylogravures très savoureuses. Nous proposons ici une anthologie de ces textes colorés et rimés, poétiques et qui ne manquent pas de mordant, lus ou écoutés par petits et grands. Ce choix de huit récits, illustrés de magnifiques xylogravures du Nordeste, aborde quelques-uns des thèmes et des personnages les plus fameux. C'est avec bonheur que nous découvrirons Lampiao le bandit d'honneur, Zumbi le noir rebelle, Saci l'unijambiste, la fable du jaguar et du bouc, le voyage à Sào Saruê, pays idéal, ou encore Roland dans le lion d'or et la passion de Charlemagne pour la princesse à l'anneau enchanté.
Alors même que Malebranche est reconnu comme un philosophe éminent, il est souvent vu comme un penseur dont la pertinence intéressera plus l'historien de la philosophie que le philosophe contemporain. Or, cet ouvrage nous le présente comme un esprit libre qui s'est toujours défié des autorités humaines et qui s'est attaché à des réflexions sur des questions toujours posées : la validité universelle de certaines propositions théoriques et morales, la nature des idées, la connaissance de soi, la causalité, etc. Dans la mesure où il existe peu de monographie sur l'auteur, ce livre est d'autant plus précieux, qu'il offre une présentation claire et exhaustive de la philosophie de Malebranche nous rendant familier son univers intellectuel.
De la baie de Ha Long aux mangroves de Ca Mau, quatre-vingts millions de Vietnamiens vivent sur un territoire tout en longueur entre la mer omniprésente et la montagne, toujours proche quoique traditionnellement laissée aux " minorités ". Le pays, longtemps divisé, est resté rural, en dépit de l'activité urbaine trépidante de Hanoi ou de Ho Chi Minh-Ville. Mais ce pays a aussi été chahuté par l'histoire : des siècles de dynasties nationales ne l'ont pas empêché de passer il y a cent cinquante sous tutelle française, au sortir de laquelle il s'est trouvé confronté à une guerre violente et interminable. Unifié et en paix depuis plus d'un quart de siècle, le Vietnam d'aujourd'hui renoue les fils de ses héritages pour faire face aux défis du développement et de la modernisation.
Carnet de mémoires coloniales est le récit biographique d'une enfance passée dans les temps troubles et violents du colonialisme. Isabela Figueiredo, née en 1963 dans un Mozambique encore sous domination lusitane, se souvient. Elle nous livre ses observations d'enfant et son histoire profondément liée à celle de son père, un être aimé et aimant qui est néanmoins l'archétype du colon raciste, sexiste et violent. La petite Isabela grandit dans une ambivalence brutale en relation à ce dernier, entre adoration et rejet. Il s'agit d'exposer une attitude, une posture qu'elle n'a jamais tolérée mais dont elle portera toujours le poids. Ce livre sonne comme une catharsis. Il est comme une lettre au père, comme le dévoilement douloureux, mais libérateur d'une impossible conciliation entre deux visions du monde. Carnet de mémoires coloniales est aussi le récit singulier d'une enfant en route vers l'adolescence qui découvre donc la vie, le désir et la sexualité, pleine d'une innocence curieuse, qui vivra seule l'expérience du rapatriement en 1975 en métropole. Comme les centaines de milliers de Portugais rentrés à cette époque, elle connaîtra le rejet et la honte due à sa condition de retornada. Son père, resté au Mozambique lui confie une mission : raconter ce qu'ils ont vécu. Elle le fait ici mais sans aucun ménagement pour les colons. Elle dit sa vérité brute, raconte l'injustice, l'illégitimité et la violence d'un tel système. Porté par une écriture crue et frontale, au rythme cadencé, ce point de vue offre une vision inédite de l'histoire portugaise et coloniale. Un texte bouleversant sur l'identité explosée.
L'histoire contemporaine du Portugal reste encore trop méconnue en France, alors que des flux croissants de touristes français découvrent le pays, parfois pour s'y installer l'heure de la retraite venue. Mais clichés et préjugés continuent d'avoir la vie dure, du " bon émigré portugais " à la trilogie des trois F ? Fado, Fátima et Football. Sans compter le prisme réducteur des agences de notation, si prégnant ces dernières années. Pourtant, le Portugal a le plus souvent reflété, voire précédé, l'histoire européenne, du renversement de la monarchie et de l'implantation précoce de la République en octobre 1910, à la longue dictature salazariste et aux tourments coloniaux, ponctués par le rétablissement de la démocratie avec la singulière Révolution des oeillets, le 25 avril 1974, avant de vivre pleinement à l'heure européenne, non sans tourment. Yves Léonard propose ici une synthèse ? la première de ce type en France ?, nourrie des apports récents de la recherche et des débats historiographiques, mettant en lumière la complexité et la richesse d'une histoire du Portugal contemporain loin des idées reçues.
L'oeuvre de Fernand Pessoa (1888-1935), génie poétique universel qui dissimule ici ses traits sous le domino d'Alvaro de Campos, son plus intime hétéronyme, a fait l'objet d'innombrables éditions. Max de Carvalho livre aujourd'hui une traduction nouvelle de Bureau de tabac, chef-d'oeuvre pessoen au même titre que son Livre de l'intranquillité. Ce chant de l'exil du monde est mis en résonance, dans ce recueil, avec plusieurs grands poèmes d'Alvaro de Campos, tout aussi extraordinaires.
Dans Vies arides, aujourd'hui réédité dans une nouvelle traduction, Graciliano Ramos dépeint la situation sociale d'un Brésil nordestin où "convergent la dureté des rapports sociaux, la rudesse de ses habitants et la déshérence d'une région oubliée du reste du pays", mais c'est bien sûr la destinée de tous les hommes qui luttent pour survivre. Treize chapitres conçus comme des nouvelles, écrits dans un style réaliste et dépouillé, nous donnent tour à tour le point de vue, quasi objectif, de chacun des personnages. Dans le sertao semi-désertique, poussés par la sécheresse et la famine, le vacher Fabiano, sa femme sinha Vitória, leurs deux enfants et la chienne Baleine s'installent dans une ferme abandonnée. Ils se mettent au service d'un maître qui les exploite et survivent dans le dénuement extrême. Dans ce monde seulement régi par les rapports de force et l'hostilité de la nature, la parole est rare et maladroite, la communication presque impossible. Finalement une nouvelle sécheresse ravage leur troupeau, les jetant dans une nouvelle errance. Seul espoir ténu : une vie meilleure au Sud, dans une grande ville. Par son style épuré et sa structure cyclique, l'ouvrage, publié en 1938, a bouleversé les canons de la littérature brésilienne. Prix de la Fondation William Faulkner en 1962, il est indubitablement l'une des oeuvres majeures de la littérature du XXe siècle.