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N.N. 12
Morales Gracia ; Bonnefoi Alice
ACTUALITES EDIT
14,00 €
Épuisé
EAN :9791094225493
N. N. 12 est un texte sur la mémoire historique, sur la disparition des corps durant la guerre civile espagnole et leur présence aujourd'hui dans nos démocraties. Mais c'est aussi un texte sur le viol, celui des corps dans ce même contexte historique et politique. La fable est celle d'une enquête médico-légale au cours de laquelle la dépouille d'une femme retrouvée dans une fosse commune vient d'être identifiée. Théâtre documentaire s'il en est, l'action se déroule dans un lieu indéterminé. Un fils, une mère disparue, une médecin légiste, un vieil homme, autant de vies humaines qui dialoguent dans ce texte, où passé, présent et futur forment progressivement un seul et unique temps, celui d'un théâtre singulier qui nous invite à assister à la disparition, mais aussi au processus mnémonique du théâtre : comment la voix de N. N. 12, nomen nescio, reprend la parole et nous raconte non seulement la mort, mais aussi le viol et la naissance d'un enfant avant de mourir, elle, la mère, la disparue. La disparition, notion autour de laquelle s'articule le récit entier, fait donc appel à une dramaturgie fondée sur le rappel fantasmagorique des morts qui irriguent les sociétés d'aujourd'hui, en nous interrogeant sur la place que devrait occuper la mémoire dans la construction de nos vies, autant dans sa dimension intime que politique.
Morales Andrés ; Garcia Patricio ; Silva Acevedo M
Selon la tradition, c'est la vertu du poète, souvent appelé "vate" (en espagnol le démiurge), sa capacité à vaticiner et à pressentir ce qu'on aperçoit à l'horizon, et à expérimenter la prémonition de ce qui adviendra dans un avenir énigmatique et incertain. En conséquence, une vision ébranlée et parfois apocalyptique imprègne les vers du poète Andrés Morales, qui assiste les chairs à vif au panorama d'un monde qui s'effondre sur sa propre ombre. "Un monde que je ne connais plus" soutient-il". (extrait de la préface de Manuel Silva Acevedo)
Ce dernier chef d'uvre d'Andrés Morales approfondit l'analyse des sujets qui l'ont toujours inquiété ; la mort, l'amour, la solitude... Mais cette fois il risque d'avantage : donner la parole, écrite, aux êtres relégués du pouvoir, aux personnes qui ne savent pas écrire. Ici, il ne parle pas à place des autres mais crée une polyphonie. On rencontre le simple paysan mexicain qui dicte une lettre d'amour, en passant par l'épitre dicté par l'empereur au scribe, la lettre d'un suicidaire juif ou le chroniqueur nahuatl...
Les finances de la reine Cléopâtre sont au plus mal. Elle accepte, contre monnaie sonnante et trébuchante, de faire tomber Alix et Enak dans un piège. Celui qui organise le traquenard n'est autre que le prince de Méroé, Djerkao, désireux de marier sa soeur Mahrka avec Enak, considéré comme l'héritier du trône de Menkhara. Ce mariage arrangerait aussi bien les affaires de Cléopâtre que celles de Djerkao, chacun à la recherche du renforcement de leur pays respectif. Que Mahrka se montre plus amoureuse d'Alix que d'Enak ne simplifie pas les choses. Au reste, ces derniers ne songent qu'à fuir Méroé, ce qu'ils accomplissent avec l'aide de Mahrka. Commence alors une hallucinante poursuite entre le petit groupe et les sbires de Djerkao. Arrivés au bord d'un bras du Nil étrangement vert-couleur de jade-, Alix et Enak vont mettre à jour des secrets cachés depuis des générations. Avant un dénouement inattendu à la cour de Cléopâtre, les jeunes gens affrontent mille dangers, d'étranges êtres venus du fond des temps, un esclavagiste sans scrupules, et rien moins que Ptolémée XIII, le frère et mari de Cléopâtre, qui réserve à Alix et Enak une mort raffinée. Une 23e aventure palpitante pour un héros entré depuis longtemps au panthéon de la BD. Une intrigue riche en détails et fertile en rebondissements.
Le snorkel est un sport, à ce qu'on dit. Dans ce récit pour la scène, les personnages semblent revenir d'une fête lointaine et aquatique qui n'est que souvenir. Des voix, multiples et en écho, tentent, à l'instar des femmes et des hommes d'aujourd'hui, de sortir la tête de l'eau, d'autant plus que leur regard est rivé sur la beauté des fonds marins. Parole et corps devraient, par la performance à venir, trouver un équilibre, grâce à la parfaite composition dramaturgique du texte. L'observation, sous forme kaléidoscopique, d'un paysage lacustre, d'un campement de touristes, d'un monastère où la modernité va se reposer, donne à voir une ascension où toutes et tous se cassent la figure, avec humour et réalisme. Les personnages ne sont pas toujours humains, n'ont pas toujours un nom, et ne partagent pas toujours le même temps, mais ils ont en commun la conscience de naviguer à la dérive en essayant de comprendre un monde que Snorkel compose dans voyage vertical, de la profonde obscurité d'un lac jusqu'à la première colonie humaine sur Mars.
Au coeur de la terre andalouse s'érige un projet familial d'une importance fondamentale : un père de famille, propriétaire terrien, ambitionne de faire fortune par la culture massive de tomates. Ses trois fils tentent chacun d'y trouver une place, peinant à avancer sur leur propre voie. Le père, brutal et intransigeant, place ses espoirs les plus chers dans la culture de ses fruits, faisant fi de la portée morale de ses actes et de leurs conséquences. Le récit prend à partie une visée critique, mettant le doigt sur les travers de la nature humaine, encline à la quête du gain et du profit. Le fruit de la récolte se fait symbole, et se mû en une image sanguinolente de l'amour sacrifié et de ce qui est enkysté au plus profond de l'âme. En dénonçant le scandale politique d'une immigration exploitée, l'écriture tente de se frayer un chemin entre les entrailles de la terre afin de délivrer un message universel : celui de l'amour en lutte contre la discrimination et la servitude humaine. Fortement enraciné dans la réalité contemporaine, Au-dedans de la terre n'hésite pas à puiser dans le mythe et dans la tragédie grecque où les guerres fratricides sont à l'origine de nos sociétés.
A huit heures du soir quand meurent les mères met en scène les grandes composantes du théâtre : ses interprètes et le Public lui-même. Ce dernier, formé de cinq personnages assis sur le plateau, vient assister à un spectacle proposé par une artiste : la Comédienne. Le bon goût, les bonnes intentions, les idées reçues et le narcissisme apparaissent comme étant consubstantiels de notre nature profonde, et définissent nos attentes en matière d'art et de culture. Ainsi, le Public se métamorphosera en masse gluante, agressive, exigeante, prétentieuse. De fait, la Comédienne devrait satisfaire les injonctions du Public devenu démiurge, qui par ailleurs manie une langue équivoque, commettant ici et là des erreurs dans l'usage des mots. La question que soulève ce stratagème dramaturgique a pour sujet la violence et la guerre, pareilles à un plat de raviolis : jusqu'où serons-nous capables de regarder le carnage de l'humanité par elle-même ? à quel point vivons- nous dans une société monstrueuse qui broie ses propres représentations ? Par le biais de la mise en abîme de la Comédienne, c'est aussi l'art qui est questionné, observé et ironisé dans cette pièce unique en son genre dans le paysage théâtral contemporain de la péninsule, une pièce où le choeur tragique du Public ne répond plus de rien ni de personne.