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Papillon de Dinard
Montale Eugenio ; Fusco Mario
VERDIER
18,25 €
Épuisé
EAN :9782864326069
Les proses de Papillon de Dinard frappent par la variété de leur inspiration: on y trouve successivement des évocations de l'enfance et de l'adolescence au soleil ligure, des chroniques florentines, des portraits de femmes ainsi que les pages d'un carnet de voyage comme arrachées à un bottin mondain. Et pourtant, au fil de cette cinquantaine de récits, on entend monter la voix du poète, de plus en plus intime, de plus en plus étrange, de plus en plus énigmatique. On ne met pas longtemps à se convaincre que l'un des plus grands poètes du siècle (prix Nobel en 1975) fut un prosateur hors pair et parfaitement singulier. L'écriture épouse la circonstance comme le poème les "occasions": parfois elle concentre tout dans une pure potentialité qui intrigue, parfois elle a la netteté du symbole. On ferait volontiers de ces petits poèmes en prose un "spleen d'Italie" s'ils n'étaient aussi traversés par l'humour, par la drôlerie et le gag - on découvrira notamment comment un couple lutte contre une chauve-souris ou comment une comparaison malheureuse rend difficile une soirée en gondole. Enfin il y a ici tant d'animaux, du gros rat à la soubuse, de la limace à l'okapi, qu'il n'est pas faux de lire cette étrange phénoménologie de la mémoire comme un zodiaque que dominerait un étrange effet papillon.
Eugenio Montale (1896-1981), prix Nobel de littérature en 1975, est surtout célèbre pour sa poésie. Les quinze récits présentés ici nous montrent un Montale observateur de son époque, avec une férocité tendre et une ironie corrosive. Mésaventures imaginées ou faits divers arrangés par l'écriture : la fantaisie de Montale remodèle le monde " où tout devient vulgaire à toute allure " et sa prose inventive relaie avec bonheur sa poésie.
Résumé : Dédié à la poétesse Annalisa Cima avec qui Montale s'entretint de 1968 à 1979, ce testament poétique, longtemps tenu secret, se révèle à la fois familier et surprenant. Car, anti-poète en son grand âge, l'auteur de ces quatre-vingt-quatre textes, ému et flatté par une présence féminine jeune et attentive, retrouve parfois les cordes les plus hautes de son inspiration première, nous livrant un jeu raffiné qui renferme, face à la mort inéluctable, ses intentions les plus secrètes, ses motifs les plus vrais, servis par une virtuosité au timbre inimitable.
Car nous sommes dans un temps où les vents soulevés charrient de la poussière des confins du désert, car nous sommes dans des villes où nos pas hésitants arpentent nos faillites, détaillent nos abandons, où nos regards brouillés par le sable d'Afrique semé par les grands vents ne discernent plus rien du chemin à tracer, des directions à prendre, car nous sommes en passe de devenir fantômes, frères de déréliction de ceux à qui hier nous tendions des aumônes, fantômes vivants pourtant, tributaires de nos tripes, de nos muscles, de nos désirs éteints, nos regrets murmurés, suspendus aux rumeurs nous n'avons plus de lieux où poser nos fardeaux." M. R. Nous avons souhaité accompagner la publication posthume du dernier livre de Mathieu Riboulet, Les Portes de Thèbes, Eclats de l'année deux mille quinze, d'un ensemble de textes d'écrivains que nous savons particulièrement sensibles à son oeuvre. Mathieu Riboulet est né en 1960 dans la région parisienne. Après des études de cinéma et de lettres, il a réalisé des films de fiction et des documentaires avant de se consacrer à l'écriture. Il est mort à Bordeaux le 5 février 2018. Suivi de A contretemps, décidément de Mathieu Riboulet.
Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard est une oeuvre monumentale, sans équivalent au cinéma, dans l'histoire de l'art et même dans les manières d'écrire l'Histoire. Le cinéma y apparaît enfin tel qu'il est : la forme d'art majeure du XXe siècle et son centre, au-delà du spectacle divertissant pour lequel on le tient généralement et même de l'objet d'amour particulier des cinéphiles. "Le cinéma a fait exister le XXe siècle", il en a été la fabrique. A l'écoute de ce qui est à l'oeuvre dans Histoire(s) du cinéma, ce dialogue, entre le créateur et le critique, est une approche esthétique, philosophique et historique de ses conditions de possibilités : le cinéma dans le siècle et le siècle dans le cinéma, impliquant le tout de l'homme du XXe — de l'imaginaire des salles obscures, de l'horreur réelle des désastres, aux tentatives de rédemption par l'art.
Car un laque décoré à la poudre d'or n'est pas fait pour être embrassé d'un seul coup d'oeil dans un endroit illuminé, mais pour être deviné dans un lieu obscur, dans une lueur diffuse qui, par instants, en révèle l'un ou l'autre détail, de telle sorte que, la majeure partie de son décor somptueux constamment caché dans l'ombre, il suscite des résonances inexprimables. De plus, la brillance de sa surface étincelante reflète, quand il est placé dans un lieu obscur, l'agitation de la flamme du luminaire, décelant ainsi le moindre courant d'air qui traverse de temps à autre la pièce la plus calme, et discrètement incite l'homme à la rêverie. N'étaient les objets de laque dans l'espace ombreux, ce monde de rêve à l'incertaine clarté que sécrètent chandelles ou lampes à huile, ce battement du pouls de la nuit que sont les clignotements de la flamme, perdraient à coup sûr une bonne part de leur fascination. Ainsi que de minces filets d'eau courant sur les nattes pour se rassembler en nappes stagnantes, les rayons de lumière sont captés, l'un ici, l'autre là, puis se propagent ténus, incertains et scintillants, tissant sur la trame de la nuit comme un damas fait de ces dessins à la poudre d'or." Publié pour la première fois en 1978 dans l'admirable traduction de René Sieffert, ce livre culte est une réflexion sur la conception japonaise du beau.
Vite, des cabanes. Pas pour s'isoler, vivre de peu, ou tourner le dos à notre monde abîmé ; mais pour braver ce monde, l'habiter autrement : l'élargir. Marielle Macé les explore, les traverse, en invente à son tour. Cabanes élevées sur les ZAD, les places, les rives, cabanes de pratiques, de pensées, de poèmes. Cabanes bâties dans l'écoute renouvelée de la nature - des oiseaux qui tombent ou des eaux qui débordent -, dans l'élargissement résolu du " parlement des vivants ", dans l'imagination d'autres façons de dire nous.