Le journalisme dessiné a longtemps été borgne. Réduit à sa forme reine qu'est le dessin de presse, cet art du ko en deux traits et trois mots, taillé pour répondre à chaud à l'actualité, avait en contrepartie délaissé le terrain et le temps long de l'enquête journalistique. La BD-reportage, en comblant ce vide, a permis au journalisme dessiné de reconquérir le champ du réel dans toute sa complexité. Cette double articulation spatiale et temporelle du journalisme graphique constitue le coeur de cet ouvrage collectif. Revenant d'un côté sur quelques-unes des figures les plus emblématiques du dessin de presse, de Charlie Hebdo à Cabu en passant par Boligán, il cherche aussi à mieux cerner les nouvelles frontières ouvertes par la BD-reportage. A travers l'examen des causes et des conséquences de l'émergence de ce nouveau genre, considéré parfois comme un nouveau médium, ce ne sont pas que les outils, les pratiques ou les supports qui sont analysés mais, finalement, l'ensemble de l'écosystème médiatique et de la sphère bédéique.
Résumé : Pablo Auladell ("Le Paradis perdu") revisite le célèbre film de Serguei Eisenstein, sorti en 1925, qui traite de la mutinerie du cuirassé Potemkine dans le port d'Odessa vingt ans plus tôt. "Le Cuirassé Pötemkine" avait été désigné meilleur film de tous les temps en 1958. Un splendide hommage.
Résumé : David Bowie n'est pas juste un chanteur qui a vendu cent trente-six millions de disques ou un artiste qui a touché à tous les styles et défini la culture pop. Comme l'a dit son biographe David Buckley, " il a changé plus de vies qu'aucune autre figure publique ". Avec Ziggy Stardust, son alter ego dérangeant, et des chansons comme " Starman " ou " Space Oddity ", il a défié les règles de la musique et est devenu l'icône de sa génération, une référence pour les générations présentes et futures. Sa longue carrière artistique est intimement liée au tumulte de sa vie personnelle. Cette biographie revient sur tous les aspects de cette destinée hors du commun, énigmes et anecdotes incluses. Comme un hiéroglyphe, Bowie est un mystère que nous cherchons tous à percer, un mystère qui continue de fasciner notre époque.
La bande dessinée, à l'instar des autres arts, s'imprègne en permanence des secousses qui bouleversent la marche du temps. En tant qu'événements majeurs de l'histoire des nations et des peuples, les guerres et les totalitarismes, deux phénomènes souvent liés par des relations de cause à effet, se trouvent naturellement présents dans l'univers bédéistique. Il convenait donc d'interroger ce médium qui a toujours fait la part belle aux aventures guerrières en le considérant pour ce qu'il est vraiment: un témoin privilégié de son temps qui, en dépit d'avoir nourri l'imaginaire de millions d'enfants de 7 à 77 ans, reste trop souvent un objet d'étude à la marge de l'Histoire. Les seize chapitres qui composent ces Lignes de front, de par l'aire géographique qu'ils couvrent (Afghanistan, Allemagne, France, Espagne, Etats-Unis, Irak, Italie, Portugal, Royaume-Uni, Russie, Vietnam), la période historique qu'ils embrassent (le grand XXe siècle et le début du XXIe) et les ?uvres et les artistes sur lesquels reposent leurs propos (Tardi, Hergé, Joe Sacco, Emmanuel Guibert, Carlos Giménez, Milton Caniff, Felipe H. Cava, etc.), illustrent les différentes tendances graphiques, esthétiques et idéologiques qui parcourent cet art depuis plus d'un siècle. En parallèle à cette histoire d'un art, c'est bien toute l'histoire d'un siècle qui se déroule, un siècle que d'aucuns ont justement qualifié d'âge des extrêmes.
Les séries télévisées, phénomène culturel et social incontournable des quinze dernières années, accordent à l'Histoire une place de premier plan. Mettant en scène des guerriers vikings du IXe siècle aussi bien que des narcotrafiquants des années 1980, les intrigues situées dans un passé proche ou lointain représentent l'une des catégories les plus prisées du public. Entre reconstitutions minutieuses et anachronismes assumés, ces relectures contemporaines offrent une vision sans cesse renouvelée du passé. Mais celle-ci fait-elle écho aux avancées de la recherche historique ? Que nous apprend-elle des rapports que notre société entretient avec les siècles précédents ? Pour expliquer le succès de ces séries et la manière dont elles recomposent notre imaginaire, la collection The Historiam - dont ce livre est le deuxième volume - donne la parole à des historiens de l'Université de Genève, qui décortiquent ici cinq séries : Rome, Le Siècle Magnifique, Penny Dreadful, Zorro et The Walking Dead.
Mettre en lumière l'importance exceptionnelle de l'oeuvre d'Hergé dans l'histoire artistique et culturelle du XXe siècle, et mesurer, à l'aune d'approches inédites, le caractère mythique et universel des Aventures de Tintin et leurs prolongements dans l'imaginaire contemporain : tel est l'objectif de cet ouvrage, issu du colloque international "Tintin au XXIe siècle", ayant réuni scientifiques et tintinophiles en mai 2017 à Louvain-la-Neuve en Belgique. Les vingt-sept contributions qui composent ce volume envisagent la traversée du siècle du voyageur-reporter sous l'angle des territoires, des temporalités, de l'art et des métamorphoses. Elles démontrent que l'oeuvre fondatrice d'Hergé a irrigué toutes les disciplines et épousé pléthore de formats, de médias. L'herméneutique qui accompagne Les Aventures de Tintin recoupe de nombreux champs. Tintin aujourd'hui en illustre l'évolution et interroge la pérennité d'une oeuvre au prisme de son imaginaire.
A l'heure d'une mondialisation accélérée, on observerait une recrudescence des maladies infectieuses, mélange détonant de pathogènes émergents et anciens. Parmi ces derniers, le virus de la rougeole reviendrait en force. Médias, experts en santé publique et parents attribuent régulièrement cette résurgence à une hausse des refus de la vaccination. Qu'en est-il vraiment ? Cette explication est, pour l'autrice, historienne de la santé, un peu trop simple, voire simpliste. Dans cette enquête d'une rigueur exemplaire se penche sur la vaste question des non-vaccinations et leurs raisons d'être, elle met en cause l'idée que le rejet des vaccins augmente et que le "retour" de certaines maladies "que l'on croyait disparues" est la conséquence directe de cette opposition. Partant d'une autopsie minutieuse de la dernière grande épidémie de rougeole qui a touché le Québec il y a tout juste trente ans, elle dissèque et démystifie les comportements contemporains entourant la vaccination et met en relief ce qui se joue vraiment dans la réapparition de l'infection virale. Son livre souligne l'importance d'avoir une démarche historienne pour bien comprendre, dans toute leur complexité, les façons individuelles et collectives de préserver sa santé et celle des autres.