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L'église catholique face aux états. Deux siècles de pratique concordataire 1801-2010
Minnerath Roland
CERF
60,50 €
Épuisé
EAN :9782204096508
Il arrive au Saint-Siège de conclure avec un Etat un traité de droit international (concordat, convention, accord, modus vivendi). La présente enquête va du plus ancien des concordats en vigueur (1801) au dernier accord signé en 2010 ; un arc de temps qui traverse trois périodes correspondant à trois doctrines des rapports de l'Eglise catholique avec les Etats : le temps du juridictionnalisme, celui des deux sociétés parfaites et celui du droit commun à la liberté religieuse. La défense de la liberté de l'Eglise par rapport à l'Etat et aux autres institutions sociales est le fil rouge qui relie ces trois périodes. Il en ressort une remarquable continuité dans l'autocompréhension de l'Eglise catholique par rapport aux Etats ; chaque Etat exigeant le respect de son ordre public interne. Cette continuité se manifeste aussi dans la conscience que l'Eglise a de son identité face aux systèmes politiques et juridiques avec lesquels elle est en relation. Rares sont les inflexions que le partenaire étatique réussit à imposer à son auto-définition comme société souveraine dans le domaine qui est le sien. La notion de souveraineté, expression qui figure souvent dans les concordats de la troisième période, est la qualification la plus exacte des deux contractants. Ce thème, central dans la doctrine des deux sociétés parfaites, est cohérent avec l'Etat de droit qui reconnaît précisément comme hors de son domaine de compétence les choix que font les citoyens en matière de religion. Le plus frappant est l'accélération du phénomène concordataire à partir des années 1980. Il concerne maintenant de nombreux Etats qui n'ont pourtant qu'une faible population catholique. L'histoire des concordats illustre le dualisme des pouvoirs qui a forgé l'Occident depuis la fameuse déclaration du pape Gélase en 496. Les solutions monistes ne favorisent pas la liberté, la solution dualiste lui permet de s'affirmer. Sans le contrepoids de la compétence spirituelle, le pouvoir temporel a toujours eu tendance à envahir tout le champ de l'existence, et vice versa. Dans leur face-à-face, les autorités spirituelles et étatiques garantissent réciproquement l'espace de liberté religieuse et civile du citoyen. Le lecteur français découvrira avec intérêt dans ce livre, qui présente surtout l'expérience des autres nations, que la laïcité de l'Etat est parfaitement compatible avec une pratique concordataire et ne favorise pas pour autant un communautarisme d'enfermement.
Présentation de l'éditeur Notre époque rejette la religion associée à la violence, à l'obscurantisme, à l'intolérance. Elle produit aussi des pseudo-religions séculières, où l'homme et la société, privés de toute relation à la transcendance, sont rendus vulnérables à l'emprise des puissances technologiques, économiques et médiatiques. Seule la religion vraie ouvre le chemin vers l'infini de la vérité, qui n'appartient à personne. Le Christ est le visage de la vérité incarnée, infinie et proche.Le monde doit au christianisme les fondements de la liberté humaine : distinction entre le temporel et le spirituel, la raison et la foi, la nature et la grâce, la science et la mystique, la personne et le bien commun, la justice et la charité, l'Église et l'État, le pouvoir comme service, l'homme comme le coopérateur et l'intendant de Dieu dans la création, non le maître absolu de la nature. Seule la perspective de la vérité affranchit de la domination du plus fort ou du plus habile. L'heure de vérité est celle où les chrétiens sont appelés à témoigner du règne du Christ et de la vérité qui rend libre.
Un mouvement est en cours depuis le concile Vatican II qui, en revenant aux sources de l'initiation chrétienne, a déjà permis de rétablir pour les catéchumènes adultes l'ordre des trois sacrements : baptême, confirmation, eucharistie. Il s'agit de passer de la doctrine, clairement exposée par le Magistère, au changement de nos pratiques pour parvenir à une administration de ces sacrements au plus jeune âge alors que la confirmation est souvent reportée à l'adolescence avec un résultat connu : beaucoup de jeunes abandonnent le contact avec la vie de foi avant même d'être confirmés. C'est pourquoi beaucoup de diocèses dans le monde reviennent à un âge plus précoce pour ce sacrement. L'enjeu pastoral est évident.
Depuis Vatican II, l'Eglise Catholique a théoriquement lié son droit à la liberté au sort de l'Etat de droit qui s'engage à garantir aux personnes et aux communautés l'exercice inentravé de leur liberté civile en matière de religion. Elle renonçait ainsi au discours traditionnel de l'ecclésiologie bellarminienne et du "droit public ecclésiastique" classique, qui, édifiés sur la thèse des deux sociétés parfaites, concevaient la liberté de l'Eglise comme un pouvoir d'exiger de ses partenaires politiques la reconnaissance de sa juridiction exclusive dans le domaine spirituel. Ce changement de perspective, qui semblait devoir remettre en cause, approfondit au contraire, la conscience qu'a l'Eglise - comme mystère de communion universelle doté de structures sociétaires - d'être, dans ses rapports avec les sociétés politiques, une société également souveraine, qui ne dérive son droit à l'existence d'aucune puissance humaine. ROLAND MINNERATH a acquis sa formation universitaire à Strasbourg, Paris et Rome il exerce actuellement son ministère au Brésil. Ses recherches portent sur les origines chrétiennes et les problèmes ecclésiologiques contemporains.
Résumé : Les praticiens - et plus encore les théoriciens - du management considèrent volontiers leur spécialité comme une science. Et elle l'est s'ans doute, si l'on entend par science une méthode critique de connaissance et d'action. Le management est un processus politique de conduite d'une organisation vers s finalité spécifique. Il joue habituellement sur deux registres: d'une part, il élabore des stratégies en réponse aux contraintes internes et externes de l'organisation, et d'autre part, il légitime ses méthodes par leur conformité à des modèles de rationalité tirés des sciences physiques ou biologiques. Ce double mouvement empêche souvent le management d'appréhender l'action collective ·à partir de son dynamisme interne et de son contenu: dans la motivation des hommes qui travaillent ensemble en vue d'un but qui a un sens. La mystérieuse maladie évoquée dans le titre se réfère donc à un usage inadéquat de la "science" appliquée au management. La science de la direction de l'action collective organisée doit être celle des hommes et non des choses. L'auteur est lui-même Docteur d'Etat ès Sciences de Gestion. Il livre ici les résultats de son expérience et de ses réflexions pour inviter à de nouveaux approfondissements.
En ces temps de crise profonde, la relation entre les hommes et les femmes à l'intérieur de l'institution ecclésiale impose plus que jamais son actualité. Certes, le magistère entend, depuis quelques décennies, valoriser la part féminine de l'Eglise. Mais le constat s'impose : stéréotypes et préjugés sont demeurés intacts, tout comme des pratiques de gouvernance qui maintiennent les femmes sous le pouvoir d'hommes - des clercs en l'occurrence. Sortant de ces ornières, il s'agit d'éprouver ce que le " temps des femmes " qui cherche à advenir peut apporter de renouvellement dans l'intelligence des textes scripturaires qui ont modelé l'imaginaire en monde chrétien. Il s'agit aussi de montrer combien la prise en compte des femmes questionne à frais nouveaux l'identité de l'Eglise, l'économie en son sein du sacerdoce des baptisés et du ministère presbytéral, donc également les modalités de sa gouvernance. Un livre qui nous montre une série d'" éclats de féminin " pour suggérer les gains qui seraient ceux de cette ouverture. Et si, la femme était l'avenir de... l'église !
L'histoire du christianisme commence par l'acte de foi des disciples juifs de Jésus devant son tombeau vide: ils croient en sa résurrection et le reconnaissent comme le Messie annoncé dans la Bible. Le christianisme n'est alors qu'une de ces nombreuses religions de salut, qui multiplient les adeptes dans le monde gréco-romain. Mais d'emblée, il définit le salut comme un événement historique unique et non comme le résultat d'initiations individuelles à la façon des religions à mystères; il donne à cet événement uneportée universelle, et ouvre la communauté de Jérusalem au monde polyglotte et diversifié que vient d'unifier l'empire romain. Par là, il lie son destin à celui de Rome, ce qu'affirment très tôt les auteurs chrétiens: l'Église et l'Empire sont les deux seules structures de l'Antiquité à penser la mondialisation, ce qui facilitera la christianisation de l'État et du pouvoir au IVe siècle, après celle de la société. Or, quoi qu'on en ait, il est impossible de restituer une histoire linéaire et complète de l'Église primitive, de Jésus à saint Augustin, non plus qu'une histoire complète de la christianisation de l'Empire. La nature des sources - le plus souvent indirectes, apologétiques ou postérieures aux événements - ne permet que des approches ponctuelles, diversifiées, particulièrementriches pour certaines régions comme la Palestine, Rome et, plus encore, l'Asie Mineure. C'est donc une histoire partielle, en kaléidoscope, à travers une Bible plurielle et des groupes éclatés, très personnalisés, que retracent une soixantaine d'historiens, archéologues et biblistes, tous spécialistes de ces cinq siècles décisifs. Les chapitres de cet ouvrage, remis à jour et complétés pour ce volume, ont initialement paru dans la revue Le monde de la Bible. Il est le troisième et dernier volume du triptyque commencé, dans cette même collection, avec Le monde de la Bible (n° 88) et Aux origines du christianisme (n° 98).
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
Pouderon Bernard ; Salamito Jean-Marie ; Zarini Vi
Premiers : les plus anciens de ces textes sont immédiatement postérieurs aux derniers écrits des apôtres (fin du I ?? siècle) ; les plus tardifs se situent à la frontière du II ? et du III ? siècle. Le corpus commence avec des hommes qui ont connu les apôtres : Clément de Rome fut proche de Pierre. Il prend fin avec les disciples de leurs disciples : Irénée de Lyon se réclame de Polycarpe de Smyrne, qui avait connu Jean. - Certains témoignages et quelques poèmes sont moins anciens. Ecrits : les auteurs, "Pères de l'Eglise" pour la plupart, ne cherchent pas encore à bâtir une oeuvre. Ils disent qui ils sont, comment ils vivent et meurent, ce qu'ils croient. Leurs textes adoptent les formes les plus variées : lettre, récit, traité, dialogue, discours judiciaire, poème... formes empruntées à la littérature de leur univers culturel, l'hellénisme, à moins qu'elles n'aient des parallèles dans la littérature juive, comme les actes de martyrs, dont l'Ancien Testament offre l'archétype. Pour exprimer les réalités nouvelles, les vieux mots changent de sens : baptizein, "immerger ", devient "baptiser" ; ekklesia, "assemblée ", signifie désormais "église". Chrétiens : la période est celle de l'autodéfinition du christianisme. Le terme apparaît autour de 117, chez Ignace d'Antioche. C'est le temps de la séparation, plus ou moins rapide et marquée selon les aires culturelles, d'avec le judaïsme. Se constituent peu à peu des usages liturgiques, des règles communautaires, un canon des Ecritures, des doctrines qui formeront le dogme de l'Eglise "catholique", c'est-à-dire universelle. Naissance d'une religion, d'une Eglise, d'une littérature. A la fin du Il ? siècle, sous l'oeil des "païens" et des juifs (dont on présente aussi, en ouverture, les témoignages), l'Eglise est en passe d'unifier ses usages et d'installer ses institutions. Le christianisme a trouvé sa place dans la société. Il a propagé ses idées dans le monde intellectuel. De cette aventure, car c'en est une, les Premiers écrits chrétiens retracent les divers aspects, d'une manière extraordinairement vivante.