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Le nouveau Moyen âge
Minc Alain
GALLIMARD
13,95 €
Épuisé
EAN :9782070736942
L'optimisme historique s'efface : un règne de plus de trois siècles s'achève, qui avait postulé à la fois le progrès et l'ordre. Progrès, croyait-on, de notre civilisation, puisque, malgré ses faux pas, l'Histoire se devait d'aller dans la bonne direction : le millénarisme communiste n'aura fait que pousser jusqu'à l'absurde cette conviction. Ordre, parallèlement, du monde qui finissait par trouver un équilibre, impérialisme, colonialisme ou concert des nations aidant... Un cycle ne se bouclerait-il pas qui, par une apparente régression, nous ramènerait vers un nouveau Moyen Age ? Tout ne procède certes pas de la chute du communisme, mais tout s'y ramène. A l'aune des grands effondrements, l'onde de choc est sans égale depuis peut-être la disparition de l'empire romain. L'après-communisme ne se résume ni au triomphe incontesté de l'économie de marché, ni à la vengeance des nations, ni à un hypothétique imperium américain. C'est cette incapacité de découvrir le principe fondateur du monde postcommuniste qui, à sa manière, nous ramène à un nouveau Moyen Age. A nous de penser l'incertain avec le même soin qu'autrefois le probable, d'inventer de nouveaux concepts, de réestimer le rôle de l'Etat, d'essayer de réagencer les jeux complexes de poulies et de contrepoids qui structurent les rapports internationaux. Hier, nous avions le droit d'être fatalistes par optimisme ; nous devons désormais être audacieux par pessimisme.
Résumé : Spinoza est le premier d'une généalogie très particulière, celle de ces marginaux juifs, tous en lisière de leur communauté et parfois en opposition violente avec elle, tous intellectuels de rupture, tous sans ascendant, mais tous à l'origine d'une descendance, souvent éblouissante ou parfois peu honorable. Spinoza, Marx, Freud, Einstein : étonnant quadrige qui illustre l'idée, guère acceptable pour les autorités établies de la communauté juive, que le judaïsme n'est jamais aussi décisif sur le cours de l'humanité que lorsqu'il s'installe hors de ses propres murs. C'est à la lisière de la pensée juive que les juifs sont les plus créatifs : le Talmud comme méthode, le monde comme horizon, le porte-à-faux comme démarche. Franc-tireur d'un peuple lui-même cardinal et marginal : existe-t-il meilleure posture intellectuelle ? Le judaïsme d'aujourd'hui se plaît à annexer Spinoza parmi les grands ancêtres ; le fait-il, comme toutes les institutions établies, par un réflexe intelligent de récupération ? Ou est-il prêt à concéder que l'esprit juif est à son meilleur lorsqu'il emprunte les chemins de traverse et se joue des frontières intellectuelles ?
Résumé : Je ne suis ni mis en examen, ni juge d'instruction, ni magistrat du siège, ni procureur, ni avocat, ni professeur de droit, ni conseiller d'Etat, ni membre du Conseil constitutionnel, ni plaideur, ni juriste, ni légiste, ni arbitre, ni constitutionnaliste. Autant de raisons de garder un silence prudent et sage face au moloch judiciaire. Bien davantage que toute autre institution publique ou privée, la justice exige des lettres de créance en bonne et due forme de tous ceux qui ont l'outrecuidance de s'intéresser à elle. N'en ayant aucune, sauf le droit légitime du citoyen éclairé de s'interroger sur la révolution clandestine qui, sans crier gare, a bouleversé en France la hiérarchie des pouvoirs, et muni pour tout viatique d'une naïveté à la Candide, je m'autorise un aveu : s'il est un domaine où le discours " politiquement correct " va au-delà du supportable, c'est bien la justice.
Résumé : Ce livre est un choix hédoniste. Ces hommes d'Etat m'ont toujours, les uns intéressé, les autres fasciné. A force de les fréquenter, ils finissent, dans l'esprit et dans la mémoire, par se répondre. Pourquoi, dès lors, suivant un procédé qui a eu de bien illustres précédents, ne pas les mettre face à face ? Frédéric II et Richelieu sont aussi différents que leur action a été proche : ce pervers et ce monstre sont à la fois dissemblables et voisins, Bismarck et Clémenceau, le conservateur révolutionnaire et le Révolutionnaire conservateur, ressemblent aux deux pôles d'une même histoire, celle si longtemps incompatible de l'Allemagne et de la France. Disraeli et Churchill, le Byron conquérant et le Falstaff résistant, témoignent de cette particularité si britannique de n'engendrer de grands chefs qu'excentriques. Harry Truman et Helmut Kohl, ces médiocres de génie, illustrent un style d'hommes d'Etat auquel la France, trop aristocratique et trop élitiste, est peu habituée : ils incarnent cette réalité étrange, la banalité du bien. Appariés à partir d'une mitoyenneté, d'un contraste ou d'un ressort identique, ces quatre couples ont davantage fait l'histoire qu'elle ne les a fabriqués : sans eux, elle aurait, pour le mal ou pour le bien, pris une route différente. A leur manière et parmi tant d'autres, ils témoignent que rien n'est jamais écrit et que ni le destin, ni la fatalité, ni pour beaucoup la Providence ne sont nos seuls maîtres.
Résumé : La coïncidence entre la chute du communisme - qui accélère la globalisation financière, technique, commerciale - et le bouleversement des technologies de l'information constitue une véritable révolution. Elle inaugure un cycle e croissance qui ne ressemble à rien de ce que nous avons connu. Nous entrons dans un " nouveau stade du capitalisme " - suivant le mot de Marx : au capitalisme managérial succède un capitalisme patrimonial, qui donne le pouvoir aux actionnaires et aux consommateurs. Il met à terre les Etats, les syndicats, les équilibres socio-économiques laborieusement élaborés depuis 1945 mais n'est pas en situation d'imposer sa dictature. Car de nouveaux contre-pouvoirs ne cessent de s'affirmer, dominés par l'alliance de la justice, des médias et de l'opinion publique. Le www.capitalisme est l'enfant du marché et l'Internet : avec lui se métamorphosent les rapports sociaux, les mécanismes d'enrichissement, les hiérarchies collectives. Une étrange société se met en place, qui verra cohabiter le plein-emploi, l'exclusion et l'immigration. Quel nouveau contrat social sera au capitalisme patrimonial ce que le modèle social-démocrate fut au capitalisme managérial ? Quinze ans après La Machine égalitaire, c'est à cette question de fond qu'Alain Minc consacre le présent essai.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.