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On est prié de fermer les yeux. Le regard interdit
Milner Max
GALLIMARD
21,70 €
Épuisé
EAN :9782070724758
On est prié de fermer les yeux. . ". La phrase (est-ce une injonction ? une recommandation ? une imploration ? ) que Freud vit en rêve écrite sur la devanture d'une boutique, la veille des funérailles de son père, paraît surgir de la nuit des temps. D'où viennent les interdits qui pèsent sur le regard ? Qu'y a-t-il à voir de si terrible, pour que tant de mythes s'emploient tout à la fois à nous le cacher et à nous le révéler ? Quels sont ces liens qui se tissent entre le sexe, la mort et le sacré, autour des figures d'Orphée, d'Actéon, de Psyché, de Penthée, de Méduse, d'Odipe, de Mélusine... ? Et pourquoi est-ce sur l'organe de la vue que pèse tout le poids du défendu ? Pulsion scopique, scopophilie, épistémophilie... ces mots ne suffisent pas à rendre compte de l'attrait de ce qui se dérobe, de la fascination mortifère redoutée, attendue. Il faut interroger la littérature, assumer la part de voyeurisme que nous assigne le regard aux aguets de l'écrivain, non pas pour s'y maintenir dans un attachement fétichiste au visible, mais pour garder intacte, vivante, vigilante, l'attente d'une révélation que rien ne viendra combler - et accepter cependant le risque d'être par elle anéanti.
Rembrandt avait vingt-deux ans lorsqu'il illustra pour la première fois, dans un tableau conservé au musée Jacquemart-André, la scène de l'Evangile de saint Luc racontant l'apparition du Christ ressuscité à deux de ses disciples dans l'auberge d'un village nommé Emmaüs. Il revint maintes fois sur ce thème dans des dessins, des eaux-fortes et des tableaux, dont le plus célèbre est exposé au Louvre. Ce livre s'efforce d'expliquer cette prédilection en s'interrogeant sur les raisons de l'attrait que ce sujet exerça non seulement sur Rembrandt, mais sur de nombreux peintres de l'âge baroque, parmi lesquels le Caravage, Titien, Véronèse, Pontormo, Vélasquez, le Tintoret. Au défi que lance à la peinture la nécessité de représenter, dans un même tableau, un repas, une méconnaissance, une reconnaissance et une disparition imminente chacun répond d'une façon révélatrice de ses choix picturaux, de son tempérament, de son affectivité, de ses inclinations théologiques plus ou moins conscientes. Les réponses données par Rembrandt s'éclairent par la comparaison avec celles de ses prédécesseurs ou contemporains et soulignent des aspects de sa personnalité souvent méconnus.
Que devient le regard quand la lumière s'absente? Que voit-on dans l'ombre? Que voit-on de l'ombre? Dans quelle mesure l'ombre affecte-t-elle la visibilité du monde et son intelligibilité? Puisant aux sources de la philosophie, de la mystique, de l'histoire de l'art, de la littérature et du cinéma, Max Milnerexplore les rapports complexes du clair et de l'obscur. De Platon à Diderot, du Caravage à Goya, de Virgile à Blanchot... autant d'arrêts sur image propices à une réflexion sur la fascination qu'exerce l'ombre, autant d'incitations à faire contrepoids à la"surexposition" d'un monde où règne, souvent aux dépens de la vérité et de la profondeur, une tyrannie du visible. Rendre à l'image sa part d'ombre, scruter les voies qui conduisent de l'obscur à l'illimité et au transcendant, explorer les envers d'une réalité dont la face lumineuse ne contient pas tous les secrets, tel a été le but des penseurs et des artistes dont il estquestion dans ce livre.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.