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Le jeudi de monsieur alexandre
Million Alexandre
L'HARMATTAN
13,50 €
Épuisé
EAN :9782738477392
Ma mère meurt. J'ai quatorze ans. Et puis plus rien. Enfin presque. Un temps fou pour me reconstruire. Je viens d'avoir quarante ans. Je me sens de plus en plus calme. Donc, très énervé. Une certaine insouciance, un certain goût du ravissement. Je suis cadre au Label. Je vis seul, depuis le départ de Marie. La neige tombe d'abondance sur Bruxelles. J'y déambule. J'aime marcher, disons j'en ai besoin. La semaine dernière, au début de cette histoire, j'emprunte des chemins archi-battus, avec cette idée bizarre de rencontrer des putes. Chez moi, le jeudi, mon jour de repos. La première s'appelle Li, elle est d'origine chinoise, d'après l'annonce du journal. En moi, s'incurve un changement infime, à peine perceptible au début, puis ça part en nouille ou ça prend la tangente, c'est selon. Et mère Teresa à Palerme qui me prédisait : "Tu vivras de peu mais d'essentiel"." A.M.
Résumé : Eté 1947, fait divers tragique : la brusque montée des eaux dans un chenal emporte un camp de jeunes filles. Près d'un demi-siècle plus tard, une victime et témoin à la fois se souvient. Ce texte est articulé autour du récit autobiographique d'un événement traumatique de l'adolescence et des traces peut-être insoupçonnées qu'il imprime à la "vie d'après". "L'autre rive" ne serait donc pas seulement celle que certaines n'atteignirent pas lors de ce naufrage collectif ; c'est aussi celle entrevue à divers moments de sa trajectoire par une femme du XXe siècle, confrontée aux importantes mutations sociétales qui ont marqué son époque. L'auteure se livre, sans complaisance, à une pratique longuement étudiée par ailleurs. Ce récit très personnel, nourri de références littéraires et de sciences humaines, propose aussi une réflexion sur le récit de soi qui rencontre un public de plus en plus large depuis quelques décennies, notamment parce qu'il constitue un moyen de transmission intergénérationnelle privilégié.
Qui suis-je ? Aucun autoportrait n'épuisera le sujet. Mais si on parle de qui je suis dans ce texte, alors disons un trio. Auteur, narrateur, personnage. Comme dans le jazz, nous improvisons sur diverses réalités. En joie et en partage. " ...Entre ce que tu as écrit et tout ce tu as vu, lu, entendu, aimé : ça fait famille. T'es autant l'enfant des émotions vécues que le fils de tes parents... ", in Bérose et moi.
Résumé : Jouer le jeu. En arrangeur d'instants. Comme le pianiste de jazz adopterait un thème. Celui des émotions. Elles sont au coeur de nos vies. Les envisager comme un matériau littéraire, les pétrir, y mettre les mains. Le désir d'habiter un texte, comme une installation d'art contemporain s'emparerait d'un lieu. Un parcours sur divers tableaux à développement instantané. Des polaroïds, des mots et une bande son. Le souhait du partage. Pour un écrivain, parler de soi comporte toujours une part de risque. La fiction, cet art du mentir vrai, offre un paravent à travers lequel ne filtrent que d'éventuelles bribes, des reflets épars. Alexandre Millon a choisi de nous livrer des textes brefs écrits à la manière des chroniqueurs. Partant d'un fait, d'un souvenir, il nous parle avant toute chose de ses racines, de son enfance, de ses voyages, de ce qui le fait vivre, de sa passion des mots, de son attrait pour les belles choses, les bonnes choses. La musique, la peinture, la photographie occupent une place de choix qui participent d'une forme d'accord au monde conviant tous les sens pour une dégustation entre amis. Amours, amitiés, connivences d'un instant, les rencontres sont guidées par la recherche d'un art de vivre fondé sur la douceur et l'authenticité. S'en dégage une vision du monde tout à la fois enthousiaste et lucide où cohabitent le ravissement, la magie et l'indignation. L'écriture est à l'avenant, joueuse et pétillante, mue par le souci du mot juste et la recherche de sens. Volontiers poétique, elle s'écoule en liberté, rendant le propos musical, invitant à une lecture pausée. Et c'est précisément ce qui fait le plein charme de ce volume auquel on revient volontiers comme on réécoute une musique pour mieux en apprécier la fluidité, le mouvement. A telle enseigne que ce qui aurait pu tourner au selfie devient, tout à l'inverse, une caisse de résonance qui nous renvoie à nous-mêmes, à notre propre et singulière humanité. Thierry Detienne
Un groupe de huit femmes, se sont réunies chaque mois durant deux années pour écrire et partager entre elles quelques éléments importants de leur histoire de femmes au cours du siècle écoulé. Elles appartiennent à la même génération - elles ont toutes dépassé la cinquantaine - et elles sont toutes diplômées de l'enseignement supérieur. Bien des femmes, sans doute, se retrouveront dans leurs propos : dans les satisfactions qu'elles ont pu éprouver en ce siècle où les acquis juridiques et sociétaux ont été très importants pour les femmes, mais aussi dans les difficultés vécues en cours de trajectoire. Le fait que ces femmes soient plutôt privilégiées, confère un poids réel au témoignage des obstacles qui ont pu jalonner leurs itinéraires. Pour se construire en tant que femmes, elles se sont diversement mesurées aux pressions sociales qui pèsent sur le Genre féminin dans nos sociétés et au modèle traditionnel de la femme, pourtant déjà fortement ébranlé. Leur construction identitaire de femme dans cette deuxième partie du 20ème siècle s'entoure des questionnements et des tensions que l'émergence et le développement des féminismes ont largement contribué à faire naître. Leur appartenance au Genre féminin dans un environnement historique et social donné, définit bien certaines des caractéristiques et des options qu'elles ont en commun ; elle n'épuise pourtant pas, à l'évidence, une construction identitaire de soi, dont la dimension individualisante est si importante en ce siècle.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.