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Divine mélancolie
Michiels Marc
LELIVREDART
30,00 €
Épuisé
EAN :9782355323331
Claude Monet, avec ses Nymphéas a montré que l'homme, par son obstination créative, était en mesure de devenir le temps, en embrassant la complexité de la nature, des différentes natures de l'homme. [...] L'image devient ainsi une scène profonde où les rayons du temps sont focalisés par l'iris du temps et qui fragmente une présence d'absence, une trace brûlée, une ombre. L'intention des séquences, c'est cela qui participe au langage du sensible. Celle-ci est de nature cathartique. La narration s'écrit alors sur la disjonction superposée de la combinaison du discours et de la figure. " A l'instar de son précédent opus, Néogonie des rêves, Divine mélancolie est l'endroit où Marc Michiels cherche des réponses aux questions qui le hantent, l'endroit où il déploie toute la magie de son verbe qu'il conjugue habilement avec l'image.
Ce livre marque le début d'lvo Michiels dans le domaine expérimental de langue néerlandaise où un Hugo Claus est passé maître. C'est le début de la dernière guerre mondiale. Devant la rue d'où toute vie s'est retirée après l'exode de la population, une sentinelle, en faction à la porte de la caserne, rêve. Une image suit l'autre, associées par un mot, mais soudées en fait dans les bases profondes de l'inconscient. Un rythme intérieur les accélère ou les ralentit, les scande ou les laisse flotter, à moins que les échos d'une marche militaire ne viennent les bouleverser. Une enfance, une adolescence sont ainsi revécues, jusqu'à la terreur des récents bombardements, jusqu'à son désir présent : de déserter, de rejoindre Ann. Ann qu'il n'a pas osé approcher, qu'il ne saura peut-être pas aimer - et le propos de l'auteur se dessine : comment se délivrer de l'obéissance aux ordres des parents et des maîtres, de la soumission aux principes de la religion et de la morale traditionnelle, aggravées maintenant par la loi militaire qui fait de lui une bête à obéir ? Son éducation puritaine l'entrave, le condamne à la passivité, sa rébellion restera intérieure. Ne s'est-il pas déjà laissé salir ? C'est de bonne grâce qu'il s'est prêté, tout jeune, aux caresses d'un pasteur libidineux ; c'est en victime consentante qu'il a subi les sévices de ses camarades plus âgés... La passivité absolue ne serait-elle pas pour finir une arme efficace pour se soustraire aux lois d'une société méprisable et haïe ? Sur cette interrogation se clôt ce livre qui apporte au "nouveau roman" la note d'un exotisme flamand, lyrique, angoissé, dont le style parlé, la démarche essoufflée captivent l'attention.
Exposer la figure humaine pour atteindre l'universalité... Quelles que soient la manière et la matière utilisées, le sens de l'oeuvre de Jean-Paul Le Buhan est l'essence de la vie, certes dérisoire et problématique, mais aussi riche d'espérance, riche de fécondité... Humblement, simplement, immédiatement et directement perceptible, à travers l'aspect décoratif, n'avoir qu'un seul motif, l'émotion.