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La vérité à l'épreuve du pardon
Michaud Ginette
PU MONTREAL
12,00 €
Épuisé
EAN :9782760639577
Prenant pour point de départ le séminaire inédit "Le parjure et le pardon" de Jacques Derrida, cet essai propose une lecture des trois séances qu'il a données à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, à Paris, en 1998- 1999. Après avoir rappelé les principales apories du pardon élaborées par le philosophe, Ginette Michaud souligne les implications performatives de ce geste d'"offrande oblique" du point de vue du témoignage poétique auquel le pardon doit se mesurer, ainsi que l'importance des enjeux de traduction à l'endroit de l'idiome du pardon. Elle analyse en profondeur la question de la différence sexuelle et du genre dont Derrida a traité en s'attachant non seulement à la question spécifique du viol, mais également à celle du témoignage et, au-delà, à la violence extrême, la " pire violence ". Ce séminaire ouvre aussi de nouvelles perspectives sur le texte testamentaire de Jacques Derrida du 16 août 2004, où il accorde une place déterminante à la parole des femmes – de Sarah Kofman et Antjie Krog en passant par celles qui ont témoigné devant la Commission Vérité et Réconciliation jusqu'à la figure de la Justice aux yeux bandés de la cathédrale de Strasbourg – pour penser autrement la question du pardon.
Résumé : Cosa volante l'art n'est ni un objet, ni un ensemble de composantes formelles, ni schème, ni substance. L'art, les arts plutôt, dans leur pluralité différentielle lève la question d'une forme en formation. Cette forma formans traverse de part en part la pensée des arts de Jean-Luc Nancy où importe surtout l'approche de ce qui, dans l'art, fait sens (sensibilité, intelligence, sensation, sensualité). A travers touches, intensités, vibrations, timbres, tonalités, colorations, grains, résonances, rythmes, il s'agit de voir comment les arts donnent forme au monde. Les textes réunis dans cet ouvrage explorent plusieurs motifs du travail de Nancy : sa réflexion sur l'iconologie "chrétienne" au sein de sa "déconstruction du christianisme", la question de ses "étranges corps étrangers", les modalités de ses ekphraseis, sa poétique cinétique, entre autres. Trois entretiens avec le philosophe constituent des moments privilégiés de cet échange autour de la question de l'art.
L'écriture philosophique de Sarah Kofman a eu pour enjeu "la vie comme texte" . De L'enfance de l'art (1970) à L'imposture de la beauté (1995, posthume), la philosophe a exploré cette question dans un geste de lecture audacieux par lequel elle confronte philosophes anciens (Empédocle, Héraclite, Platon), modernes (Descartes, Kant, Rousseau, Kierkegaard, Comte, Marx) et contemporains (Sartre, Blanchot, Derrida). Sarah Kofman convoquait aussi dans toutes ses analyses deux interlocuteurs privilégiés, Freud et Nietzsche. La littérature, l'idéologie, le féminin, le rire, les rapports à l'art et à la psychanalyse, l'autobiogriffure furent les "voies de traverse" par lesquelles celle qui, enfant, avait survécu à la Shoah, reconduisit la philosophie "au coeur de la vie" . Plus de vingt-cinq ans après la parution de Rue Ordener, rue Labat et du Mépris des Juifs en 1994, n'est-il pas temps de prendre la mesure de cette oeuvre philosophique ? Cet ouvrage réunit, dans une perspective transdisciplinaire et internationale, philosophes, littéraires, historiens, historiens de l'art et psychanalystes autour du travail de la philosophe. Multipliant les approches et les interprétations, faisant droit aux questions historiographiques et archivistiques liées à son oeuvre, ces lectures entendent donner toute son actualité critique à la voix unique de Sarah Kofman.
Le poème n'était pas pour Jacques Brault une question rhétorique ou seulement esthétique : il était indissociable de la vie, saisie dans tous ses aspects, les plus humbles, les plus quotidiens, comme les plus mystérieux. Ni vers ni prose, la poésie passait outre ces limites et circulait aussi librement dans ses essais où surgissaient ses "épiphanies pourvoyeuses de petite éternité". Dans ses derniers ouvrages Chemins perdus, chemins trouvés, Dans la nuit du poème et Images à Mallarmé, Jacques Brault nous a donné une méditation à la fois profonde et intime sur l'énigme du poème. Ces Sentiers sont une invitation à poursuivre la conversation infinie avec lui.
Jacques Derrida est sans contredit le philosophe qui s'est le plus passionné pour la littérature, sous toutes ses formes (impossibles à formaliser) et en tous genres (impossibles à assigner). Dès les commencements de son oeuvre philosophique, il s'est non seulement engagé à penser la question de l'écriture en tant qu'elle avait toujours été marginalisée et abaissée dans la tradition occidentale, il s'est aussi inlassablement tourné vers la littérature pour élaborer ses propres questions touchant le secret, le témoignage, la promesse, le mensonge, le pardon et le parjure, pour en nommer quelques-unes. A la littérature, on ne saurait imposer, selon Derrida, des règles, des prescriptions ou des fonctions. Les essais réunis ici s'emploient à examiner plusieurs des propositions du philosophe au sujet de la "littérature sans condition., à commencer par celles qui concernent la souveraineté poétique et qui relient, de manière indissociable, la littérature comme "droit de tout dire" à la démocratie (à venir). Derrida insiste en effet sur la "puissance" du "principe" littéraire, qui permet a la littérature de s'affranchir en interrogeant ses propres règles, voire la loi même, dans une performativité sans précédent. L'expérience littéraire s'avère aussi le lieu par excellence pour expérimenter toutes les modalités de la représentation et de la délégation sur lesquelles se fonde la démocratie. La littérature est ainsi associée pour Derrida à une certaine (ir) responsabilité, à une manière singulière de penser la question de l'éthique en la dégageant de toute morale et de toute instrumentalisation et, il va sans dire, de tout préjugé. S'appuyant sur Kafka Bartleby et Abraham, Derrida souligne avec force l'importance que cette question d'une éthique autre revêt pour lui et il n'hésite pas à donner une préséance — préférence encore — à la littérature en ce qu'elle s'avance vers la loi pour en comprendre l'origine. De manière significative, il place la question de l'invention poétique et du langage — de ce qu'il appelle l'idiome, irréductible à toute traduction — au coeur de sa réflexion au sujet de la différence sexuelle et de l'hospitalité. C'est à cette passion de Derrida pour la littérature que sont consacrés les essais réunis dans cet ouvrage.
En littérature comme en politique, quelles sont les conditions d'émergence des discours singuliers ? Sans prétendre épuiser une aussi difficile question, cet essai l'aborde par le biais du récit, posant par hypothèse qu'un récit diffus et structurant parcourt l'ensemble du discours culturel et le contraint. Ce récit commun, Micheline Cambron tente de le retracer, entre 1967 et 1976, avec des textes aussi différents, à première vue, que les chansons de Beau Dommage, les articles de Lysiane Gagnon sur l'enseignement du français, les monologues d'Yvon Deschamps, la pièce Les belles-soeurs de Michel Tremblay, les poèmes de Gaston Miron et L'hiver de force de Réjean Ducharme. Cet essai, qui s'interroge sur le type d'histoire que nous nous racontions en ces années-là, reconstruit avec bonheur tout l'intelligible d'une époque au Québec. S'il s'adresse d'abord au lecteur de littérature québécoise, il se révélera également précieux pour tous ceux qui aiment réfléchir sur la dimension sociale du langage et de la littérature.
L'étendue des expérimentations locales dans le domaine de l'intervention psychosociale auprès des jeunes et de leur famille est largement méconnue. Pourtant, si l'on innove, c'est pour répondre à la nécessité souvent criante de s'adapter à l'environnement de travail et à la clientèle. Or, lorsque les pratiques originales restent dans l'ombre, les intervenants courent le risque de passer à côté de trouvailles utiles et de reproduire les erreurs du passé. Ce livre décrit une trentaine d'initiatives en cours dans le réseau des centres jeunesse du Québec. Les auteurs sont des praticiens et des universitaires dont la collaboration a permis de trouver des solutions prometteuses pour offrir aux jeunes en difficulté un soutien individuel et familial adéquat.
Lévesque Claude ; Leroux Georges ; Fradet Pierre-A
On a peine à imaginer la secousse qu'a dû provoquer la parution de ce premier livre de Claude Lévesque, en 1976, dans le milieu philosophique et littéraire au Québec, car toucher à l'écriture et à la lecture, c'est ébranler tout ce qui sert de socle à notre culture. Titre inaugural des éditions VLB, réédité deux ans plus tard dans la collection "10/18", cet ouvrage où nous interpellent Nietzsche, Freud, Blanchot et Derrida — pour ne nommer que ceux-là — libère, comme dans un feu d'artifice, ce qui était en excès et en souffrance dans la conceptualité traditionnelle. En déposant un élément de rupture ou d'indécision dans tout ce qui cherche à se refermer sur soi, il veut susciter un nouveau désir, plus périlleux — une nouvelle espérance, plus souveraine. "L'étranger, c'est l'autre, celui qui vient de l'extérieur, d'un ailleurs innommable, et qui, à l'intérieur, se tient à la frontière, reste marginal, toujours déjà expulsé, du dehors comme du dedans [...]. C'est peut-être la même "a-topie", la même indétermination, qui définit l'étrangeté du texte, l'étrangeté comme textualité tournant autour de la limite, se tenant dans le troublant espace de l'entre-deux, entre les bords rassurants du langage et son débord vertigineux."