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La traversée des regards
Meshkinfam Gabriel
AU PONT 9
17,95 €
Épuisé
EAN :9791096310111
La Traversée des regards est un ouvrage singulier, ou plutôt pluriel, puisque s'y mêlent et s'y entrechoquent les mots d'un jeune homme et de ses vingt-et-un amis. Il y a d'abord l'idée enluminée d'un voyage, d'une grande traversée. Pense es intempestives, impre vus, prises de conscience, de position... Tout se bouscule, tout bascule. Mais on ne choisit pas encore la destination. On attend, on se contemple dans le miroir brisé du navire. Ce sont les Irréflexions de Narcisse. Et Pourtant : on ne peut subir son voyage en solitaire, il faut embarquer ses amis. Les marins sont à l'appel, on crie, on se remue, on finit par se dire ses quatre vérités. Et la voile enfin se gonfle : vingt-et-une personnes, vingt-et-un styles pour écrire le voyage. Et vient la traversée, la vraie, dans le troisième et dernier volet du triptyque. L'espace est là, il suffit de le cueillir, et l'on cesse d'errer a la recherche d'un sens. C'est La Vie inerrante, ou le moi peut se fondre, enfin, dans le de cor. Le poème s'est ouvert. Il vient de rencontrer son auteur. Gabriel Meshkinfam écrit depuis longtemps, mais c'est la première fois qu'il embarque sur un livre, grâce à l'aide attentive de ses amis. Qu'aurait fait Ulysse, sans ses compagnons ?
Quatre dates, de 1943 à 2014, comme quatre signets dans le roman national. Deux femmes qui traversent le Haut-Jura à pied, un gamin qui se libère grâce à l'école, un autre qui échappe à une maladie aussi cruelle qu'inconnue, des braves gens qui partent en vacances : quatre histoires simples, mais qui se déroulent à des moments de bascule de l'histoire de France : la bataille de Stalingrad, la fin de la guerre d'Algérie, le début de la crise économique, la fin des illusions de la gauche au pouvoir. Et toujours les mêmes questions : que savons-nous de nous et des autres, comment survivre dans cette violence qui nous hante, dans celle que nous inflige ce monde absurde ? Pour commencer, se souvenir des belles choses : la marche qui porte nos corps vers de nouveaux ailleurs, l'espoir qui toujours porte nos âmes. Les petits soldats de l'enfance, le rire des femmes sur le chemin, le plaisir de faire la route ensemble. Et par dessus tout, Homère, qui nous chante le destin de l'homme et sait nous le rendre supportable. Des histoires qui se répondent, s'entrelacent ou s'ignorent, et qui finissent par nous dire, à petits pas, ce que nous sommes : c'est bien d'une odyssée moderne qu'il s'agit ici. Poète, éditeur, Jean-Michel Platier a écrit ces quatre textes dans l'urgence, par besoin. Puis il s'est rendu compte qu'assemblés, ils formaient une histoire. La sienne, peut-être. Assurément, la nôtre. Jean-Michel Platier a fondé en 1995 les éditions Bérénice, où il a publié de très nombreux poètes contemporains. Vacance est son premier roman.
Pékin n'est pas une ville mais un gigantesque territoire urbain où l'activité est intense. Pour le poète qui y vit, la traversée quotidienne d'un parc resserre cette démesure, elle ralentit et concentre le temps de l'observation des hommes et des femmes, du passage des saisons, elle délimite aussi un espace intérieur propice à la pensée de la Chine. Il écrit alors pour tenter de mettre à l'épreuve les apparences de cet ici qui n'est plus tout à fait un ailleurs à ses yeux d'étranger. Ce sont des poèmes qui interrogent les gestes, les visages, la langue, les dormeurs, la foule, des oeuvres d'art, des rencontres... Dans ses poèmes, la Chine agit sur lui comme l'encre que le papier absorbe mais jamais il ne se départit de ce qu'il est. De l'espace intime de sa chambre à celui du dehors, l'écriture laisse affleurer ce qui l'émeut mais aussi ce qui le heurte, ce qui le rapproche ou ce qui l'éloigne de la Chine.
Elle m'avait serré contre elle, sa joue posée contre la mienne en une sorte de lente caresse, sa bouche tout près de ma bouche, tandis que ses hanches frôlaient mon bassin. Elle avait tourné un peu la tête puis elle m'avait embrassé à la commissure des lèvres. Ensuite elle s'était détachée...". C'est une histoire d'amour ! Vraiment, avec un début et une fin, comme tous les voyages en train ; et entre la peau du début et l'os de la fin, c'est un livre de chair, pas du tout triste. Qui doutera encore, une fois ce roman lu et refermé, de cette affirmation de Spinoza : "le désir est l'essence de l'homme" ? Y sont écrites cette force qui de deux personnes semble n'en faire qu'une — scènes de sexe explicites — et cette confiance amoureuse qui libère et conduit à ces gestes, à ces actes — faire l'amour — si exquis. On salive, pour le riz aux aubergines aussi. Mais toujours quelque chose vient troubler la fête. Il y a des romans ferroviaires, comme il y eut des romans par lettres. Transports des sens ! Dans le TGV final : scènes de sexe — avec amour implicite ?
J'ai écrit ces textes au cours des années 90 à 2000 pendant les récréations, ces moments de pause ponctuant les périodes de travail. Ils sont classés dans cinq rubriques en écho à un surnom de mon enfance : Jean qui rit, Jean qui pleure. Entre fantaisie et sérieux de l'enfance, j'évoque le temps réfléchi d'évènements quotidiens qui m'ont touché.