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Claude Régy. Avec 1 DVD
Mervant-Roux Marie-Madeleine ; Banu Georges ; Bois
CNRS EDITIONS
60,00 €
Épuisé
EAN :9782271066831
Il n'existait aucun ouvrage sur le travail théâtral de Claude Régy, qui a commencé dans les années 1950 et a connu plusieurs métamorphoses, dont aucune n'est passée inaperçue. On retient en général de ce metteur en scène qu'il a créé en France les pièces de Pinter, puis celles de Bond, Handke, Botho Strauss, Gregory Motton, Jon Fosse, qu'il a fait connaître l'?uvre dramatique de Marguerite Duras et Nathalie Sarraute, redécouvrir Maeterlinck, ou encore l'Ancien Testament dans la traduction de Henri Meschonnic. Sur la dimension proprement scénique de sa création, on ne pouvait lire que quelques études, dispersées, alors que cet artiste est devenu une référence. un pôle critique et polémique, au fur et à mesure qu'il se singularisait et se radicalisait. Nourri de témoignages et d'archives privées et publiques, le présent ouvrage a été réalisé au CNRS, dans le cadre du LARAS, puis d'ARIAS. Il dissipe la représentation essentialisée d'une ?uvre souvent restreinte à sa dernière période et dessine un itinéraire complexe, irréductible à tout schéma linéaire, croisant des acteurs parmi les plus célèbres et les institutions théâtrales qui ont structuré la pratique de ce temps, du Théâtre Hébertot aux Ateliers Berthier en passant par le Théâtre Antoine, le TNP, le Théâtre Renaud-Barrault, plus exceptionnellement le cinéma et la radio. L'élaboration méthodique d'un "espace mental", l'effort pour articuler l'écoute et la vision, la place conférée à l'acteur dans cet exercice, la volonté souvent explicitée de faire "travailler" le spectateur installé dans un temps ralenti nous ont amenés à situer ce théâtre - dont le metteur en scène lui-même doute qu'il corresponde à la définition usuelle du mot - dans une histoire qui n'est pas exactement celle des arts du spectacle, mais celle, séculaire, des usages éthiques des textes et des images. Le DVD-ROM joint au volume. riche d'une centaine de photographies. de nombreux matériaux graphiques et manuscrits, de documents sonores, radiophoniques et audiovisuels inédits, ne constitue pas une simple annexe illustrative. Deux navigations y sont proposées, qui permettent l'exploration d'un demi-siècle de théâtre français à partir du cheminement personnel de Claude Régy, ainsi qu'une réflexion en acte sur la mémoire du théâtre et les modes de rapports possibles entre les images fixées et les images mémorielles.
Résumé : La formule " théâtre amateur " date d'un demi-siècle à peine. On disait autrefois " théâtre d'amateurs ", en une expression plus heureuse puisqu'elle ne crée pas d'effet de symétrie avec " théâtre professionnel " et que l'amateurisme ne se définit nullement comme un non-professionnalisme. Le théâtre amateur en France - comme dans le reste de l'Europe - constitue un rameau original du jeu théâtral primitif, une pousse atypique de fiction. Fondé sur trois traditions distinctes - le théâtre à thème religieux, le théâtre scolaire, le théâtre de société -, il a pour principale caractéristique l'absence de rupture radicale avec la vie sociale. A la différence de la scène professionnelle, fondamentalement transgressive, il s'organise selon une sorte de décalage interne par rapport à son contexte, d'où naît sa propre poétique, qui mérite considération. Réalisé par un groupe de chercheurs, d'universitaires et de praticiens amateurs, cet ouvrage est le premier à explorer ce monde : des études de terrain rendent compte de sa diversité; le répertoire, le jeu, le traitement de la scène, les temps et les espaces de représentation sont décrits et analysés; des témoignages font entendre les voix, les styles de ces troupes, de ces cercles et compagnies. L'ensemble vient enrichir la réflexion contemporaine sur la notion d'amateurisme, réflexion aujourd'hui très active dans d'autres domaines artistiques. Au théâtre, le dilettantisme est toujours collectif et ne peut être analysé en termes socio-individuels. Les documents les plus sensibles et sans doute les plus exacts, nous les devons à des artistes (romanciers, cinéastes, auteurs dramatiques, metteurs en scène professionnels) qui ont pris pour objet le théâtre d'amateurs, aimant en lui un autre amour du jeu, un flirt avec le risque, un rapport fascinant de l'art et du non-art.
Résumé : Le théâtre est un lieu d'écoute, un lieu acoustique et phonique, il n'a jamais cessé de l'être. Pourtant, sa théorisation récente l'a longtemps ignoré en ne s'attachant qu'à la scène visuelle ou charnelle ou à l'oeuvre dramatique écrite. Une telle surdité n'a rien d'exceptionnel : l'oubli de la dimension sonore a touché l'ensemble des sciences humaines et sociales. On a nommé "tournant acoustique" la restauration de l'importance du son par tout un mouvement interdisciplinaire qui a montré que la période contemporaine n'est pas et n'a pas été plus visuelle qu'auditive, ce qu'a longtemps masqué la prolifération des images et de leurs analyses. Inscrit dans ce mouvement critique, le présent ouvrage réunit 35 collaborateurs de 8 pays différents. Théoriciens ou praticiens du son et de la voix, spécialistes de théâtre, d'architecture, d'acoustique, de création sonore, historiens et analystes des techniques, des médias et de la culture, livrent ici un ouvrage total, ouvert à tous ceux qui, selon la formule de Jonathan Sterne, ont développé une "imagination sonique".
Pour nos contemporains les pirates et les corsaires se résument aux aventures flamboyantes de marins dans la mer des Caraïbes ou aux attaques de farouches brigands au large de la Somalie. Moins réductrice, la réalité est à la fois multiple, passionnante et souvent plus riche que la fiction. L'Histoire des corsaires et des pirates propose un tableau de ces phénomènes maritimes sur la longue durée, jalonnée de figures mythiques comme Drake, Surcouf, Duguay-Trouin, Dragut, Barberousse, Koxinga. Elle est un voyage dans le temps, des raids maritimes vikings au Moyen Age à la piraterie pratiquée en Asie de Sud-Est de nos jours. Elle est aussi un voyage dans l'espace à travers les mers et les océans, de la Méditerranée aux Antilles, en passant par la mer de Chine et les rives de l'océan Indien, sans omettre le continent américain. Un intérêt est également accordé à l'ancrage de la piraterie dans nos mémoires, à l'élaboration de mythes et à leurs prolongements dans les mondes virtuels du cinéma, de la BD et des jeux électroniques.
Résumé : Que lisait-on dans la France des années noires ? Comment expliquer la "faim de lecture" propre à la période de l'Occupation ? Quelle fut la part prise par le régime de Vichy dans la circulation, la diffusion, l'orientation des livres publiés ? Et celle de la Résistance dans la propagation des écrits clandestins ? Comment accéder à l'intimité des millions de lecteurs qui, cherchant à s'évader hors d'un quotidien éprouvant, trouvèrent alors refuge dans un ailleurs fait de phrases imprimées ? Stratégies et pratiques des éditeurs, querelles autour du patrimoine littéraire, réorganisation corporative de la chaîne du livre, listes d'interdictions et spoliations de l'occupant, écrivains partagés entre collaboration, accommodement, évitement, insoumission : Jacques Cantier signe la première histoire totale du livre et de la lecture entre 1939 et 1945, des politiques de censure mises en oeuvre par Vichy à l'ébullition culturelle de la Libération. Archives publiques, critiques littéraires, notes de lecture mais aussi écrits du for privé permettent de retrouver les traces intimes des actes de lecture : écoliers de la France rurale cherchant à élargir leur horizon, adolescents parisiens en quête d'initiation, prisonniers de guerre tentant de maintenir une vie de l'esprit, victimes de la persécution antisémite en quête de réarmement moral... Jacques Cantier montre qu'en dépit de la défaite, de la peur et des privations, la France continue à lire et à être le théâtre d'une foisonnante vie littéraire et intellectuelle.
Résumé : Début 2016, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Mein Kampf ressort en Allemagne dans une édition scientifique. Dans le même temps, l'éditeur historique de la traduction française annonce son intention de republier l'ouvrage dûment accompagné d'un appareil critique. Comment expliquer la postérité de ce pensum dont les divagations racistes et complotistes apparaissaient déjà comme telles à l'époque ? La réponse à la question ne serait-elle pas à chercher dans la forme plutôt que dans le fond de cet ouvrage ? En plus d'être le manifeste du national-socialisme, Mein Kampf ne serait-il pas en effet l'archétype d'un genre littéraire bien particulier, celui adopté par des leaders amenés à devenir autocrates, et mêlant propagande, manipulation et autobiographie ? En s'immergeant dans le livre, Albrecht Koschorke fait ressortir les procédés visant à rendre irréfutables les propos avancés, attire l'attention sur la construction de l'ouvrage, les transitions des expériences personnelles aux stigmatisations globalisantes, les changements de registres d'écriture, désintrique les niveaux de lecture et éclaire les divers publics visés. Une approche originale qui, dans la perspective de la prise du pouvoir, s'intéresse moins à la "doctrine" postulée de Mein Kampf qu'à sa "poétique" conjuguant autoritarisme et inconsistance intellectuelle.
En bref A l'heure où les islams se déchirent, et où les frontières d'Orient volent en éclat, une plongée dans l'histoire de la Question d'Orient. Le livre Depuis le XVIIIe siècle et jusqu'à aujourd'hui, la zone qui s'étend des Balkans à l'Afghanistan cristallise des tensions aussi bien internationales que propres à l'"Orient". Ce sont ces tensions que Jacques Frémeaux analyse dans cette synthèse innovante, en les replaçant dans le temps long. De la volonté de contrôle de la route des Indes à la convoitise des hydrocarbures qu'elle recèle, cette région n'a en effet cessé de faire l'objet d'affrontements entre les grandes puissances. Ce vaste espace a ainsi constitué, depuis l'entrée des flottes de la tsarine Catherine II en Méditerranée (1770), un champ disputé par la Russie et l'Angleterre, avant de se retrouver, après 1945, au cour du conflit opposant la Russie et les Etats-Unis. Mais, d'ouest en est, ce sont surtout des peuples qui se succèdent, qui se cherchent et se déchirent entre les séductions de la modernité et le refus que lui oppose la tradition. L'"Orient", qui s'affirme toujours plus comme exclusivement musulman, devient alors un objet de fascination et de peur pour un "Occident" dominateur et manipulateur. Après le temps des empires (ottoman, persan et moghol des Indes) est venu celui des Etats-nations, souvent nés dans la douleur. Mais aucun changement n'a mis fin au "grand jeu" géopolitique, jalonné d'épisodes majeurs, de l'occupation de l'Egypte par Bonaparte à la dernière guerre du Golfe, et dont de nouveaux chapitres s'écrivent sous nos yeux. Auteur Jacques Frémeaux, professeur à l'université Paris-Sorbonne (Paris-IV) est membre de l'Institut universitaire de France et de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer. Il a notamment publié, parmi une vingtaine de titres, De quoi fut fait l'Empire. Les guerres coloniales au XIXe siècle (CNRS Editions, coll. Biblis, 2014) et La conquête de l'Algérie (2016). Arguments - Programme de l'agrégation en histoire contemporaine. - Clés pour décrypter les crises du Moyen Orient.