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Système nerveux
Meruane Lina ; Mestre Serge
GRASSET
25,10 €
Épuisé
EAN :9782246820772
Système nerveux raconte l'histoire d'une jeune femme, nommée Elle, qui enseigne à l'université tout en préparant une thèse d'astrophysique. Elle mène des recherches sur l'existence et le comportement des trous noirs mais réalise rapidement qu'elle ne parviendra pas au bout de ses travaux si elle continue à donner des cours : un congé maladie lui permettrait d'avoir plus de temps pour se consacrer à sa thèse afin de devenir docteure. Quelques jours après en avoir discuté avec son compagnon, elle commence à réellement ressentir divers symptômes qu'elle tente alors de déchiffrer à l'aune des maladies familiales. Lui essaie de la rassurer mais qu'y connaît-il ? Il ne travaille qu'avec les morts dont il date le décès grâce au carbone 14. Et pourtant, c'est bien l'hypocondrie qui s'immisce dans leur vie, la maladie devenant obsessionnelle, se nourrissant des souvenirs de la physicienne. Elle remonte la généalogie familiale à partir des histoires cliniques de ses différents membres, comme si la tentative de comprendre ces corps, leur précarité, leur douleur, lui permettrait de suspendre le temps. Celui de sa mère morte en couche dans le pays de son enfance, celui de son frère, de sa belle-mère, des jumeaux du second mariage de son père, et de son père lui-même, médecin généraliste. Entre le pays du passé et le pays du présent, entre ces deux moments d'une vie que l'obsession pour les maladies a soudain rapproché, Système nerveux est un magnifique roman sur l'hypocondrie et la discontinuité du temps familial. Avec ce texte d'une grande poésie, Lina Meruane confirme qu'elle fait désormais partie des plus grands écrivains hispaniques contemporains. Traduit de l'espagnol (Chili) par Serge Mestre
Résumé : "C'était en train d'arriver. Là, maintenant". Lina avait été prévenue il y a longtemps déjà, des veines risquaient d'éclater dans ses yeux à cause du diabète. Avec Ignacio et quelques amis, elle se trouve à une soirée lorsque du sang envahit son champ de vision, du sang rouge qui s'assombrit peu à peu. Lina comprend ce qui est en train de se passer, elle doit appeler le Docteur Lekz dès que possible. Nous sommes samedi soir, il ne sera pas joignable avant lundi. Entre temps, Lina et Ignacio emménagent dans leur nouvel appartement new-yorkais. La jeune femme évolue à tâtons dans l'espace encore vide, essayant d'imaginer le mobilier à acheter et leur vie future. Lekz reçoit finalement Lina, mais lui annonce qu'elle doit attendre un mois avant de pouvoir subir une intervention. Il lui suggère d'aller se reposer auprès de sa famille, à Santiago du Chili. Retour parmi ses proches et dans la ville de son enfance, plongée dans les souvenirs d'une vie qui lui semble déjà lointaine. Lorsqu'Ignacio la rejoint, Lina le guide dans cette ville invisible qu'elle bâtit d'images passées. Elle compense sa vue diminuée par ses autres sens, par le fantasme aussi, en attendant le retour à New York pour une opération que Lina sait délicate... En partie autobiographique, Un regard de sang est un texte extrêmement singulier. A travers ses yeux inondés de sang, Lina observe un monde où le réel se retire au profit des sensations et des songes, devient poésie, un monde pourtant miné par la peur de la cécité. Un livre aussi inquiétant qu'envoûtant - une lecture bouleversante.
En 2016, Alain Mabanckou a occupé la Chaire de création artistique du Collège de France. C?était la première fois qu?un écrivain africain était amené à y enseigner la littérature et la culture si souvent dédaignées du « continent noir ».Alain Mabanckou est l?héritier de l?histoire littéraire et intellectuelle de l?Afrique, qu?il retrace dans ces Huit leçons sur l?Afrique données au Collège de France. Croisant la stylistique et la vision politique, envisageant la littérature mais aussi le cinéma et la peinture, les Leçons d?Alain Mabanckou sont une nouvelle façon de visiter la francophonie, matière moins conventionnelle que son nom ne pourrait l?évoquer. La France n?est pas le seul centre de gravité de ce monde-langue. De « Y?a bon » à Aimé Césaire, la lutte a été longue pour passer « des ténèbres à la lumière », et c?est une vision apaisée des rapports de la culture africaine au monde que ces Huit leçons proposent.Loin d?être en concurrence avec la culture française, la culture noire, d?Afrique, de Haïti ou d?Amérique, l?enrichit. « La négritude n?est pas essentiellement une affaire de Noirs entre les Noirs, mais une façon de reconsidérer notre humanisme. »Le livre est enrichi d?un avant-propos inédit et de deux interventions d?Alain Mabanckou sur l?Afrique, dont sa fameuse lettre ouverte au président de la République sur la francophonie.Notes Biographiques : Finaliste du Man Booker International Prize, prix Renaudot 2006 pour Mémoires de porc-épic (Le Seuil), Alain Mabanckou est l'auteur de plusieurs romans à succès traduits dans le monde entier, dont Verre Cassé (Le Seuil, 2005), et d?essais comme Le monde est mon langage (Grasset, 2016). Depuis une quinzaine d?années il réside à Los Angeles où il est professeur titulaire de littérature d'expression française à l'Université de Californie -Los Angeles (UCLA).
Résumé : Paru en 1845, Paris anecdote est un livre consacré à la vie quotidienne à Paris, au milieu du XIXe siècle. L'auteur revient sur les métiers les plus insolites de la capitale : du pâtissier ambulant à la femme qui a fait fortune en vendant de la mie de pain récupérée pour les oiseaux, en passant par l'éleveuse de fourmis ou l'exterminateur de chats. Il raconte la vie d'une maison du quartier de Saint-Germain-des-Prés, où logent peintres, poètes, chanteurs, tous pauvres et flamboyants, des princes râpés de la bohème. Il raconte ses nuits dans les plus fameuses tavernes et autres cabarets du quartier des Halles, mille rencontres avec des Parisiens et des banlieusards qui commercent, rêvent, boivent, perpétuant un Paris du Moyen Age depuis bien disparu et qui ont fait de Paris, à jamais, la ville qu'elle est. Industrieux du jour et dériveurs de la nuit, comme ce pair d'Angleterre excentrique et tragique, ou cette tenancière de café gouailleuse, c'est le grand et petit peuple de la capitale du XIXe siècle, pour reprendre l'expression de Walter Benjamin. Un Paris disparu, d'avant les travaux du baron Haussmann, d'un temps où, comme l'écrit Privat d'Anglemont dans ce livre culte et inédit depuis des décennies, " on voulait s'amuser, on ne pensait même qu'à cela ".
Résumé : " Une petite fille nous aborde : Qu'est-ce que vous cherchez ? Elle a un regard joueur et curieux, je lui explique. Ici, il y a des années, sous le régime khmer rouge, c'était un hôpital, et j'ai enterré de très nombreux corps dans des fosses. Puis l'eau a englouti ce lieu, et on a bâti des maisons. Elle joue avec un petit bout de bois, un peu gênée : Je sais. On dort sur les morts. La nuit, parfois, on les entend parler. J'insiste un peu : Mais tu as peur ? Elle sourit : Non, on n'a pas peur, on les connaît. " C'est à un voyage hors du commun que nous convient Rithy Panh et Christophe Bataille, huit ans après leur livre L'élimination - un voyage vers l'enfance et vers les rizières où furent tués, par l'idéologie, la faim et la violence, 1, 8 millions de Cambodgiens. Le grand cinéaste cherche les lieux où furent enterrés les siens : le tombeau de son père, dans la glaise ; la fosse où furent englouties sa mère et ses soeurs. Mais aussi le grand banyan où il s'abrita, désespéré, à treize ans, avec ses boeufs - sur cette colline, les khmers rouges n'osaient pas s'aventurer. Rithy Panh et Christophe Bataille roulent à travers le pays, s'arrêtent, parlent avec les bonzes, questionnent les villageoises âgées, grattent la terre et trouvent des ossement, des tissus ensanglantés. L'oubli guette, et la négation. Et Rithy Panh poursuit son chemin, cherchant la paix avec les morts et tissant un rapport unique avec les vivants, qu'il côtoie, victimes, bourreaux, complices, anciens cadres khmers rouges : le travail de connaissance ne cesse pas, à hauteur d'hommes. D'une conversation écrite avec Noam Chomsky à des échanges avec le père Ponchaud, d'un entretien avec Robert Badinter aux lettres enfantines rangées dans une sacoche de cuir, d'une méditation sur l'idéologie aux visites aux femmes-devins, les auteurs nous offrent un grand livre.
Résumé : Maurice Sachs brûlait. sa vie comme un acteur brûle les planches. Il avait de la présence, du magnétisme. Luxe plus rare, il avait du regard et de la mémoire. Rescapé chaque soir du jeu d'enfer de sa vie, une vie de jeton de casino, il prenait le temps, avant l'angoisse du matin prochain, de jouer encore à se souvenir... Et il se souvient, ici, du temps du B?uf sur le toit, paradis des Années folles, hanté par Cocteau et tant d'autres qui surent, de la vie, faire un interminable bal tragique...
Un virus a fait disparaître la quasi-totalité des animaux de la surface de la Terre. Pour pallier la pénurie de viande, des scientifiques ont créé une nouvelle race, à partir de génomes humains, qui servira de bétail pour la consommation. Ce roman est l'histoire d'un homme qui travaille dans un abattoir et ressent un beau jour un trouble pour une femelle de "première génération". Or, tout contact inapproprié avec ce qui est considéré comme un animal d'élevage est passible de la peine de mort. A l'insu de tous, il va peu à peu la traiter comme un être humain. Le tour de force d'Agustina Bazterrica est de nous faire accepter ce postulat de départ en nous précipitant dans un suspense insoutenable. Roman d'une brûlante actualité, tout à la fois allégorique et réaliste, Cadavre exquis utilise tous les ressorts de la fiction pour venir bouleverser notre conception des relations humaines et animales.
Les histoires de Julio Cortázar s?inscrivent dans une grande tradition classique de la littérature fantastique. Mais chez lui, contrairement à ses prédécesseurs, pas de fantômes, pas d?ambiguïté : les histoires les plus élaborées ne tendent pas vers l?abstraction, elles gardent - et c?est leur mystère - la vitalité du quotidien. Cortázar s?inscrit aussi dans la tradition surréaliste du «merveilleux quotidien», du mystère de la réalité qu?il est réservé au poète de percer derrière les apparences, dans un état de rêve éveillé ou de transe. Il est ce voyant qui extrait l?insolite de la banalité, l?absurde de la logique, le prodigieux de l?ordinaire. L?extrême dépouillement du style ne peut qu?ajouter à l?illusion de la facilité. Ces histoires si simples à lire atteignent un sommet de la sophistication : l?alliance imprévisible du jeu, de la folie, de la poésie et de l?humour.
L'Aleph restera, je crois, comme le recueil de la maturité de Borges conteur. Ses récits précédents, le plus souvent, n'ont ni intrigue ni personnages. Ce sont des exposés quasi axiomatiques d'une situation abstraite qui, poussée à l'extrême en tout sens concevable, se révèle vertigineuse. Les nouvelles de L'Aleph sont moins roides, plus concrètes. Certaines touchent au roman policier, sans d'ailleurs en être plus humaines. Toutes comportent l'élément de symétrie fondamentale, où j'aperçois pour ma part le ressort ultime de l'art de Borges. Ainsi, dans L'Immortel : s'il existe quelque part une source dont l'eau procure l'immortalité, il en est nécessairement ailleurs une autre qui la reprend. Et ainsi de suite... Borges : inventeur du conte métaphysique. Je retournerai volontiers en sa faveur la définition qu'il a proposée de la théologie : une variété de la littérature fantastique. Ses contes, qui sont aussi des démonstrations, constituent aussi bien une problématique anxieuse des impasses de la théologie.
Résumé : L'Art de porter l'imperméable, ce sont treize variations tragicomiques autour de la relation amoureuse et de la filiation pour tenter de répondre à cette question : "Ai-je pu rendre quelqu'un heureux ? " De la naissance du sentiment amoureux à la décrépitude du couple et à sa fin annoncée, en passant par l'amour filial et le désamour de soi au travers de la recherche de sa propre (f)utilité, Sergi Pamies s'empare de cette thématique du désespoir avec douceur, drôlerie et finesse. L'Art de porter l'imperméable, c'est aussi un retour dur l'enfance et l'adolescence de l'auteur au coeur d'une famille dédiée au militantisme politique, entre la Catalogne et la France, avec Jorge Semprun en figure de proue de ses célèbres parents. Sous la plume de Seri Pamies, l'impérméable devient la panoplie de la révolte, "l'uniforme informel de la dissidence chic".