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INTERMITTENTS DU SPECTACLE - SOCIOLOGIE DU TRAVAIL FLEXIBLE
MENGER PIERRE-MICHEL
EHESS
15,00 €
Épuisé
EAN :9782713222887
Spectacle vivant, cinéma et audiovisuel ont bâti leur expansion sur une exception sociale et culturelle énigmatique : l'hyperflexibilité contractuelle de l'emploi, assortie d'une assurance non moins flexible contre le chômage. Paradoxes : l'emploi augmente, le chômage encore plus vite ; des conflits sociaux répétés, des employeurs solidaires de leurs salariés ; trente ans de réformes, aucune réussie ; des accusations d'abus lancées de toutes parts, un déni général de responsabilité, mais une multiplication des bonnes raisons de s'accommoder d'une croissance déséquilibrée. A partir de données inédites, complétées dans cette nouvelle édition, Pierre-Michel Menger établit les faits, mesure les évolutions, soupèse les avantages et les dérives de l'emploi en contrats courts et chômage long. Le régime des intermittents du spectacle est passé au crible : ses règles, ses comptes, son utilisation, ses jeux stratégiques, ses subtilités paritaires et politiques. Cette analyse clinique, étendue à la réforme de 2003 et à ses effets jusqu'en 2010, permet de dégager et de mieux situer les intermittents dans la flexibilité des marchés du travail.
La création est un acte de travail. Depuis l'élaboration de l'oeuvre jusqu'à l'organisation des activités en marchés, en professions, en relations d'emploi et en dispositifs d'évaluation, un même principe régulateur agit: l'activité créatrice est de part en part fécondée par l'incertitude. Le travail n'est gratifiant pour l'artiste que si son déroulement demeure surprenant. Les professionnels, les critiques et les publics procèdent à d'incessantes comparaisons pour identifier les qualités des artistes et des oeuvres, faute de savoir comment déterminer leur valeur absolue. Les marchés gèrent par la surproduction la recherche de l'originalité profitable. Cet ouvrage met en place un cadre théorique d'analyse de l'action en horizon incertain, puis l'applique aux arts. Des différences considérables de succès peuvent-elles résulter de différences minimes de talent? La catégorie du génie est-elle soluble dans la critique sociologique? Pourquoi les inégalités présentent-elles le même profil dans les arts et dans les sciences? Si l'offre augmente toujours plus vite que la demande, faut-il conclure que les artistes sont les funambules du déséquilibre, et que les mondes artistiques gagent leur développement sur les paris de ces "fous rationnels'? Avec quelles contreparties? Que gagnent les professionnels à s'agglomérer dans les grandes métropoles? Comment le principe d'incertitude gouverne-t-il l'action culturelle publique? Comment une oeuvre peut-elle être admirée pour son inachèvement? Biographie de l'auteur Pierre-Michel Menger est directeur de recherche au CNRS et directeur d'études à l'EHESS, où il enseigne la sociologie du travail et la sociologie des arts."
Résumé : Fondement révolutionnaire de l'égalité des chances d'accès à toutes les carrières, l'invocation du talent fut d'abord la signature de la méritocratie républicaine. Le talent est aujourd'hui la monnaie universelle de cotation des personnes dans le travail non routinier. Pourquoi est-il considéré si souvent comme impossible à définir ? Produit des interactions complexes entre la signature génétique des individus et la force de l'éducation, il distingue l'individu dans la singularité de ses potentialités, mais fonde aussi les technologies sociales de classement. N'est-ce qu'un mythe, un autre nom pour la motivation et l'effort, ou le complément de ceux-ci ? Le nom donné à la valeur de celles et ceux qui font la différence dans des marchés mondialisés ? Le nouveau passeport de la circulation mondiale des travailleurs très qualifiés ? La sociologie, l'économie, le droit et l'histoire peuvent apporter des réponses. Les domaines explorés ici sont ceux dans lesquels la recherche et la mesure du talent sont aussi obsessionnels que tâtonnants : arts, sciences, sports, entreprises, innovation technologique.
Les profondes transformations esthétiques, techniques et socio-économiques qui ont bouleversé la création et la consommation musicales depuis 1945 donnent aujourd'hui au projet d'une sociologie de la musique toute son actualité et tout son sens. Elles ont en effet accéléré l'évolution des relations entre musique et société dans deux directions opposées : plus l'engouement pour les œuvres du passé a grandi, plus la création savante contemporaine s'est projetée dans le futur et a paru défier depuis 40 ans mélomanes, interprètes et publics des autres musiques. C'est ce destin qui est ici analysé. Pierre-Michel Menger explore les lois du marché musical et l'action des institutions qui orientent son développement, les conditions très inégales d'existence des compositeurs, les rapports entre vie sociale, carrière professionnelle et activité créatrice de ceux-ci, les enjeux des conflits esthétiques et leurs retentissements dans la vie musicale française, les effets de l'intervention sans cesse élargie de l'Etat, le rôle des éditeurs et des médias et l'évolution des relations entre la musique contemporaine et les mélomanes. Tout au long de ce parcours résonne une question qui fait surgir les paradoxes évoqués dans le titre du livre : quel est aujourd'hui le prix de la liberté de créer ?
Georges Guille-Escuret bouscule un des tabous de la civilisation: le cannibalisme. II soumet au crible d'une analyse incisive le regard porté par les sciences sociales sur l'anthropophagie. Entre les récits d'explorateurs, les témoignages de missionnaires et les commentaires de savants, se dessine une épistémologie à double sens, portant sur la confrontation entre la culture des peuples observés et celle des observateurs. Le cannibalisme se révèle une formidable loupe pour observer les antagonismes de pensée autour du rapport nature/culture. Il permet aussi de mettre au jour la dimension historique de l'exotisme. Ce livre, tout en réinsérant le cannibalisme parmi les sujets anthropologiques, prétend combattre efficacement l'ethnocentrisme et le mépris du "sauvage" dans la "civilisation".