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Recherches sur la méthode dans les sciences sociales et en économie politique en particulier
Menger Carl ; Campagnolo Gilles
EHESS
23,00 €
Épuisé
EAN :9782713222702
Publiées lors de la "querelle des méthodes" opposant Menger, leur auteur, à Gustav von Schmoller, chef de file de l'école allemande d'économie alors prépondérante, les Recherches sur la méthode dans les sciences sociales et en économie politique en particulier (1883) ont réformé la théorie de la connaissance s'appliquant au domaine économique. Des débats sur les sciences de l'esprit allemandes au tournant 1900 jusqu'aux interrogations les plus récentes, la méthodologie de Menger a traversé les décennies, relayée de la Mittel Europa au Middl e West par ses disciples et héritiers, dans le monde entier. Elle a contribué à forger le courant dominant de l'économie contemporaine, sans toutefois jamais se confondre avec cette dernière. Tant et si bien que le regain d'intérêt dont elle bénéficie à présent, comme source de l'économie moderne, rendait urgent de livrer le texte des Recherches au public francophone. Gilles Campagnolo traduit de l'allemand et présente cet ouvrage de référence. Il retrace les circonstances de sa publication, introduit les concepts employés par le Viennois, notamment sa classification des sciences économiques. Une partie documentaire évalue et discute les arguments de la querelle avec Schmoller; en fin de volume, un glossaire facilite l'accès à la terminologie mengérienne. C'est donc à la découverte d'un texte fondamental et actuel, dont la permanence s'est avérée à chaque fois que les fondements de la science économique ont été ébranlés (crises, changements de paradigmes, dérives et excès), mais aussi à l'évocation de tout un contexte expliquant la valeur et la portée de cette oeuvre, que le lecteur d'aujourd'hui est convié.
Les profondes transformations esthétiques, techniques et socio-économiques qui ont bouleversé la création et la consommation musicales depuis 1945 donnent aujourd'hui au projet d'une sociologie de la musique toute son actualité et tout son sens. Elles ont en effet accéléré l'évolution des relations entre musique et société dans deux directions opposées : plus l'engouement pour les œuvres du passé a grandi, plus la création savante contemporaine s'est projetée dans le futur et a paru défier depuis 40 ans mélomanes, interprètes et publics des autres musiques. C'est ce destin qui est ici analysé. Pierre-Michel Menger explore les lois du marché musical et l'action des institutions qui orientent son développement, les conditions très inégales d'existence des compositeurs, les rapports entre vie sociale, carrière professionnelle et activité créatrice de ceux-ci, les enjeux des conflits esthétiques et leurs retentissements dans la vie musicale française, les effets de l'intervention sans cesse élargie de l'Etat, le rôle des éditeurs et des médias et l'évolution des relations entre la musique contemporaine et les mélomanes. Tout au long de ce parcours résonne une question qui fait surgir les paradoxes évoqués dans le titre du livre : quel est aujourd'hui le prix de la liberté de créer ?
Menger Carl ; Campagnolo Gilles ; Schefold Bertram
Lorsqu'en 1871 Carl Menger (1840-1921) publie ses Principes d'économie politique - en quête d'une voie alternative au libre-échangisme britannique et au socialisme historique allemand -, il offre l'un des grands livres pivots dans l'histoire de la pensée, à la hauteur de La Richesse des nations (Smith), de la Théorie générale (Keynes) ou du Capital (Marx). En effet, aux côtés de Walras et de Jevons (mais bien différemment d'eux), il inaugure une économie théorique pure et engage la "révolution marginaliste" qui constitue le moment fondateur du courant dominant (et contesté) de la science économique contemporaine. Menger pose en même temps la pierre fondatrice de l'"école autrichienne" (Böhm-Bawerk, Schumpeter, Mises, Hayek) dont la méthodologie et la philosophie individualistes imprègnent et font débat dans l'ensemble des sciences humaines et sociales. Or cette oeuvre majeure n'était accessible ni en français ni avec les fort nombreux ajouts manuscrits que Menger apporta, jusqu'en 1910, en vue d'une nouvelle édition amplement augmentée. Vingt années durant, Gilles Campagnolo a collecté et traduit ces manuscrits dispersés à l'étranger après la mort de Menger. Son édition critique, unique au monde, est la première à restituer cette oeuvre classique au plus près du nouveau texte voulu par son auteur. Le texte de Menger est précédé d'un historique des éditions et suivi d'un appareil critique complet. Dans la présentation éclairante qui ouvre ce volume, G. Campagnolo donne les clés pour comprendre l'oeuvre de Menger et la resituer dans son contexte historique et intellectuel.
Refusant le manichéisme stérile de la querelle entre l'argentier et le saltimbanque, Pierre-Michel Menger veut échapper aux dérives relativistes de la démocratie culturelle comme aux procès néolibéraux faits à l'inefficacité du soutien public aux arts, mener le diagnostic de la démocratisation culturelle et établir ce qu'il en est des désirs et affects de l'artiste. Pour dessiner en creux ce que seront le travail et le salarié de demain... Autant de constats iconoclastes auxquels il nous convie, en sociologue impertinent, en amateur éclairé, en penseur subtil.
Dans une Italie communale qui bénéficie, au cours des XIIe et XIIIe siècles d'un essor sans précédent de la production et des échanges, le paysage urbain se hérisse de tours, tandis que les rues résonnent en permanence du pas de ces puissants chevaux de guerre qui peuplent tant de fresques et de tableaux de la première Renaissance. Tours et chevaux symbolisent la supériorité d'une classe sociale, la militia, qui pendant longtemps restera ouverte à tous ceux qui ont les moyens d'acheter un cheval de guerre et de s'entraîner pour le combat monté. Composée pour l'essentiel de propriétaires fonciers, la militia n'en présente pas moins une grande diversité de conditions sociales qu'accentue encore la participation plus ou moins active de ses membres aux secteurs les plus dynamiques de l'économie marchande. Seuls en fait les profits tirés de la guerre et la défense des privilèges qui lui sont reconnus en échange de ses prestations militaires expliquent l'étonnante cohésion de cette classe et sa capacité à perpétuer un système de domination qui s'identifie, jusqu'au début du XIIIe siècle, avec le régime des consuls. Et pourtant, la militia se verra contrainte, en l'espace de quelques décennies, de renoncer à ses privilèges et d'abandonner le pouvoir à de nouvelles catégories de la population regroupées sous la bannière du popolo. Comment expliquer une débâcle aussi rapide ? Par l'irrésistible montée en puissance du popolo, sans aucun doute, et par les décisions internes de la militia. Mais elle apparaît plus encore comme la conséquence inévitable d'une culture de la haine qui, malgré tous les mécanismes destinés à en limiter les effets, conduit à l'implosion d'un tel système de domination.
L'Homme poursuit l'enquête engagée dans le précédent numéro : quelle est donc cette curieuse chimère à deux têtes qui orne sa couverture depuis sa fondation ? Selon Claude Lévi-Strauss, qui l'a choisie, il s'agirait d'un "dieu Tortue" de la culture pré-colombienne Coclé, en Amérique centrale. Que sait-on de cette culture et de ses productions graphiques ? A quel genre de dieu, et à quel genre de tortue, correspond ce personnage ? Et que dire de la bicéphalité joyeuse et hypnotique qui le caractérise ? Richard G. Cooke et Carlo Severi apportent quelques éclaircissements sur ces questions. Trois "Etudes & Essais" forment le coeur de ce numéro, illustrant une nouvelle fois l'ouverture épistémologique de notre revue. Camille Chamois explore à quelles conditions ethnographiques, philosophiques et psychologiques une théorie perspectiviste peut envisager la multiplicité de points de vue d'êtres différents, humains ou non humains. Abigaël Pesses nous conduit ensuite chez les Karen de Thaïlande et nous présente un curieux motif dessiné sur l'envers d'un plateau de riz, dans lequel toute une cosmologie se voit sobrement condensée afin de guider les morts sur le chemin de l'au-delà. Sophie Blanchy et Haddad Salim Djabir, pour leur part, restituent les échanges cérémoniels qui rythment et organisent les relations entre groupes de descendance sur l'île de Mohéli dans l'archipel des Comores, de même que le processus historique de la préservation de ces usages sous l'influence de riches marchands étrangers. Laurent Berger, enfin, clôt ce numéro par un nouveau commentaire critique du livre de Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination (La Découverte, 2019), en réexaminant la corréla¬tion entre naissance de la hiérarchie et mode de médiation reli¬gieuse. Il est ainsi question de cosmologies, dans ce numéro, et de la matière cérémonielle et picturale par laquelle une population figure - et donc rend disponible - le monde relationnel qu'elle habite et qu'elle produit.
Depuis le début des années 1990, la plupart des hôpitaux européens ont révolutionné les pratiques entourant la mort du foetus ou du nourrisson. Escamoter l'enfant mort et inciter les parents à "passer à autre chose", tel était l'usage jusqu'alors. Apprendre à "faire son deuil", telle est la règle désormais. Le deuil devient volontariste, presque appliqué. Mais le plus surprenant est sans doute l'invite systématiquement faite aux parents de regarder leur enfant mort. Internationale, cette mutation fut aussi radicale: en dix ans, une page de l'histoire de la mort enfantine a été tournée. Elle cristallise une nouvelle manière de saluer les morts rendant essentielles la matérialité et l'incarnation du souvenir. Que s'est-il passé pour que la présentation ou la représentation du corps devienne, ou redevienne, incontournable pour penser la perte? Un simple retour au passé? Fétichisation du corps et psychologisation de son usage: le corps, la chair, le donné biologique sont appelés au secours des psychés. Mais le phénomène se limite-t-il bien au cas des bébés morts? Que nous suggère-t-il de la redéfinition contemporaine des identités?