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Le Paradis des célibataires
Melville Herman ; Lacroix Jean-Yves
ALLIA
6,20 €
Épuisé
EAN :9782844852441
De 1853 à 1854, Melville, en proie à une profonde crise qui l'empêche de s'atteler à une oeuvre de longue haleine, fait paraître une douzaine de nouvelles dans des magazines. Rédigés à la même époque que Bartleby, les contes qui composent Le Paradis des célibataires en constituent le pendant enjoué. Jamais Melville ne s'est montré aussi libre que dans ces récits. Une étonnante allégresse les traverse, comme si l'auteur avait voulu se décharger un instant du poids du destin qui pèse habituellement sur ses personnages. Le Paradis des célibataires existe bel et bien ; il tient à la fois du club anglais et de l'ordre des Templiers. On peut y croiser le Dr Johnson et Charles Lamb. Ici, le rêve imbibe peu à peu la réalité, le fantastique fissure le quotidien et le lecteur se retrouve entraîné dans un univers parallèle, à l'imperceptible étrangeté. Dans un effet de miroir qui organise tout le volume, Melville a fait suivre cette nouvelle du Tartare des jeunes filles. Les femmes seraient-elles vouées à l'enfer ? De la même façon, le Pudding du pauvre répond aux Miettes du riche. Dans ces contes inversés, symétriques, le vice répond à la vertu, les Etats-Unis à l'Angleterre, l'hypocrisie religieuse à la foi véritable. Le Paradis des célibataires est l'oeuvre d'un moraliste, qui voile la satire politique sous la plus séduisante des allégories.
Herman Melville est né en 1819 à New York dans une famille d'origine anglaise et hollandaise. À 19 ans, laissant son métier d'instituteur, il fit comme matelot la traversée de l'Océan jusqu'à Liverpool, puis s'embarqua sur une baleinière des mers du Sud. Il ne perdit jamais contact avec les marins. Les voyages divers fourniront à Melville la partie essentielle de son ?uvre autobiographique, Typee, Omoo, Redburn, Mardi, La Vareuse blanche. En 1850, réfugié dans sa ferme solitaire, il écrit Moby Dick qui lui apportera la gloire posthume après la Première Guerre mondiale. Quelque temps avant de mourir il complète le manuscrit de Billy Budd, gabier de misaine qui sera publié en 1924. Il meurt à New York en 1891.
Résumé : Mué en poète par l'échec de sa prose, semble-t-il, Melville, après neuf ans de silence, chante la guerre civile qu'il vient de vivre. "Les aspects que la lutte revêt dans la mémoire, écrit-il, sont aussi divers que les humeurs de la méditation involontaire... Je n'ai fait, dirait-on, que placer une harpe à la fenêtre et noter les airs contrastés que les vents capricieux jouaient sur les cordes". Conscient de la diversité comme de l'allure dialectique de son épée, il la sait aussi quasi théologique. Pour lui, il s'est produit "une nouvelle chute de l'Homme", suivie, "dans le silence du Ciel", d'un conflit entre les Anges de ténèbres et les Anges de lumière. Mais que savons-nous des voies de Dieu et des voies de l'Adversaire ? Et, au niveau du choix individuel, le "devoir" qui nous appelle au sacrifice ne risque-t-il pas d'être "le masque de Caïn" ?
Les Miscellanées de Mr. Schott sont un ouvrage sans équivalent. A tel point unique qu'il est impossible à définir. Encyclopédie ? Dictionnaire ? Almanach ? Anthologie ? Fourre-tout ? Vade-mecum ? Tout cela, et - bien sûr - beaucoup plus. Recueil de futilités pas toujours futiles, de bagatelles souvent primordiales, Les Miscellanées de Mr. Schott ne se veulent ni exhaustives, ni définitives, ni même utiles. En revanche, elles se veulent essentielles. On peut - à la rigueur - vivre sans ce livre mais ce serait là, selon les mots mêmes de son auteur, une tentative bien étrange - et bien téméraire. Qu'on en juge. Quel autre ouvrage peut se targuer d'offrir dans sa table des matières la longueur des lacets de chaussures, le langage des signes, la liste des sept péchés capitaux, la façon de dire "je t'aime" dans 44 langues différentes (dont le morse) ? Dans quel autre ouvrage trouvera-t-on réunis, sur la même page, le nom des coups du golf, l'histoire de la taxe sur les chapeaux, la liste des morts violentes dans l'histoire du rock, celle des insultes utilisées par Shakespeare dans ses pièces et les couleurs du drapeau de la Guadeloupe ? Où donc, si ce n'est dans Les Miscellanées de Ben Schott, pourra-t-on trouver la liste des 12 travaux d'Hercule, celle des différents modes opératoires des crimes élucidés par Mrs Marple ou des fournisseurs officiels de la reine d'Angleterre ? On l'aura compris, les Miscellanées de Mr. Schott sont aussi réjouissantes qu'indispensables : elles offrent la quintessence de l'esprit et de l'humour anglais, mélange de rigueur et d'absurde, de précision et de fantaisie. Le plus fort, peut-être c'est qu'au bout du compte, l'ouvrage se révèle effectivement pratique : un véritable couteau suisse sous forme de livre. Last, but not least : le livre en lui-même, par sa reliure, l'attention maniaque portée par l'auteur à la typographie, à la mise en page, au papier, est objet d'une grande élégance.
Simone Weil (1909-1943) est engagée dès 1927 dans le syndicalisme révolutionnaire. Elle rejoint le monde ouvrier en 1934-1935 pour vivre sa condition, soutient le Front populaire, participe à la guerre d?Espagne, rallie enfin la Résistance et meurt en Grande-Bretagne en laissant une masse d?écrits inédits dont sa Note sur la suppression générale des partis politiques. Pour que le peuple vive dans la justice et la vérité qui ne peuvent être qu?une, deux grandes conditions sont requises selon elle : l?absence de passion collective et la possibilité d?exprimer une pensée sur les problèmes fondamentaux de la vie publique. Or, les partis politiques comme les Églises s?opposent systématiquement à cette double exigence. Ayant un dogme, ils fonctionnent sur la base de la discipline et leur seul mobile réside dans leur propre développement. Autrement dit, ils sont " décerveleurs ", d?où l?urgence de supprimer les partis qui enferment le peuple dans le danger manichéen du pour et du contre et qui l?empêchent de penser par lui-même.
Si les Européens veulent avoir un avenir, ils doivent se proclamer citoyens d'une république européenne. Ils se donneraient par là le moyen de prendre en main leur destin commun." Jean François Billeter.