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Guérilleros, France 1944. Une contre-enquête
Melich Henri ; Castellano Christophe ; Sanmiquel A
SPARTACUS
13,00 €
Épuisé
EAN :9791094106372
En 1944, le sud-ouest de la France fut largement libéré par les maquis, auxquels participèrent de nombreux réfugiés espagnols, notamment des groupes de guérilleros armés créés à l'initiative du Parti communiste espagnol. A la fin de l'été 1944, celui-ci prépara des incursions en Espagne, dont l'occupation du Val d'Aran. Il voulut accroître ses effectifs, tout en écartant ceux qui émettaient des doutes sur ces projets. C'est dans ce contexte qu'Henri Melich, résistant FTP, fut enrôlé dans la 5e Brigade des guérilleros de l'Aude. A son retour d'Espagne, il apprit que certains de ses amis avaient été exécutés par des membres de cette brigade. Des circonstances exceptionnelles, mais aussi un long travail d'enquête, lui ont permis depuis de faire en bonne partie la lumière sur une série d'assassinats commis par cette brigade et sur l'identité des victimes.
L'auteur analyse la situation des descendants de Maghrébins en Nouvelle-Calédonie dont les ancêtres ont été déportés à la suite des insurrections algériennes et le ralliement d'autres clans tunisiens et marocains. De plus, l'auteur suit également l'histoire de ce lien entre le Maghreb ancien et la Nouvelle-Calédonie, grâce au fil conducteur que constitue l'introduction par les déportés de la culture du palmier dattier. Un éclairage sur la complexité historique de la colonisation française en Algérie puis en Nouvelle-Calédonie.
Graff Maud ; Van Melick Margot ; Thijssen Marjolei
Dr. Maud Graff est chercheuse en sciences de la santé. Elle travaille en tant que chercheur senior et professeur au Nijmegen Center for Evidence Based Practice (NCEBP) de l?UMC Saint-Rabdout, dans les départements Revalidation-Ergothérapie et dans le Centre Alzheimer/QI Healthcare de Nimègue. Elle a par ailleurs reçu divers prix pour le développement et l?évaluation du programme EDOMAH.
Curés rouges" : cette expression a été inventée plus d'un siècle après la Révolution française pour désigner des prêtres qui prenaient parti aux côtés des couches les plus pauvres de la société. Dans la France de la fin du 18e siècle, les curés, ces moellons d'un des piliers de l'édifice féodal, adoptèrent des positions très variées. Maurice Dommanget s'intéresse ici à deux d'entre eux qui, dans les intenses luttes de classes de la Révolution, se sont placés dans le camp des opprimés et des affamés. Pierre Dolivier, curé d'un village de la région d'Etampes, prend part aux débats sur l'organisation politique et le régime de la propriété. Dans l'un de ses textes les plus importants, l'Essai sur la justice primitive (1793), il y défend les principes de la propriété communale des terres et de leur attribution égalitaire entre les paysans, à une époque où une telle attaque contre la propriété privée pouvait être punie de mort. C'est à Paris qu'un autre curé, Jacques Roux, membre d'une des sections de citoyens les plus importantes par le nombre, mènera en 1792 et 1793 l'action contre la hausse des prix des subsistances et ceux qui en profitent. A la Commune, lors des débats sur la nouvelle constitution, il cherchera à y faire inclure des restrictions à la liberté du commerce lorsque celle-ci aboutit au monopole et à la spéculation sur les produits de première nécessité. Robespierre qualifia d' "incendiaire" le fond de la pétition qu'il présenta à la Convention, et assimila son auteur aux étrangers ennemis de la Révolution. Jacques Roux n'en persista pas moins dans ses attaques, et, durant l'été, dénonça l'action néfaste des administrations marchandes, ces services qui avaient pour tâche d'acheter le blé et de le vendre aux boulangers. On l'arrêta en septembre 1793 et il se suicida en janvier 1794.
Il y a maintenant plus de trente ans que la contraception est libre en France. Moins longtemps pour l'avortement, qui conserve des adversaires acharnés. On en viendrait à oublier qu'au cours du demi-siècle précédent les partisans du contrôle des naissances ont été fréquemment emprisonnés. Cette répression était d'autant plus dure que ces militants faisaient de la limitation volontaire des naissances une arme contre la misère et l'exploitation, le militarisme et la guerre. Née en 1890, Jeanne Humbert est entraînée par sa mère, qui abandonna son mari et ses autres enfants pour vivre avec un militant anarchiste. Sa longue vie a été celle de cent combats : pour l'anarchisme, la limitation volontaire des naissances, la liberté sexuelle, le pacifisme... En 1909, elle devient la collaboratrice d'Etienne Humbert, dont elle sera l'une des compagnes, puis l'épouse. Aux côtés de grandes figures de l'anarchisme, des féministes radicales et de nombreuses personnalités rebelles, elle mène le combat des néo-malthusiens de Génération consciente pour la liberté de la contraception et de l'avortement. Comme à Eugène Humbert, ce combat lui vaudra procès et séjours en prison, car la République voulait des enfants, toujours plus d'enfants, pour en faire des ouvriers et des soldats ! La loi de 1920 livra les néo-malthusiens à leurs ennemis : moralistes cléricaux, laïques ou rouges, populationnistes, nationalistes... sans parvenir à les faire céder ni, d'ailleurs, à freiner la baisse de la natalité. Aujourd'hui encore, en France, la propagande pour la limitation des naissances reste interdite par la loi. Jeanne Humbert n'abandonna jamais le combat libertaire, rejoignant par exemple May Picqueray lorsque celle-ci fonda Le Réfractaire en 1974 pour poursuivre l'action de Louis Lecoin. Un combat, comme sa vie nous le rappelle, qui vise à libérer femmes et hommes de l'empire de la nécessité et de la tutelle des puissants.
A l'Est, les dissidents d'autrefois sont devenus les décideurs d'aujourd'hui et de demain. A l'Ouest, les intellectuels antitotalitaires ont mis au point une critique à géométrie variable : en concentrant leur tir sur le Tout-Etat et le bolchevisme, ils ont laissé le champ libre au Tout-Capital et enterré l'idée même de révolution sociale sous les ruines du marxisme-léninisme. Leurs mensonges réconfortants sur la démocratie réellement existante et les droits de l'homme se sont substitués au mensonge déconcertant du communisme prétendument réalisé. L'anticommunisme - non plus l'anti-soviétisme, ou l'anti-parti communiste, celui-ci étant en coma dépassé - a changé de sens : il n'est plus tourné vers l'ennemi extérieur, mais vers l'ennemi intérieur, ces dissidents du monde occidental qui n'ont jamais dissocié la critique du capital de celle de l'Etat.
Fille de commerçants juifs, Rosa Luxemburg naît en 1871 à Zamosc en Pologne. Théoricienne marxiste, son activité militante au sein du parti socialiste révolutionnaire « Prolétariat », menée en parallèle de ses études au lycée de Varsovie, l oblige à s exiler en Suisse très jeune. Elle poursuit à Zurich des études d économie politique, lance le journal La Cause ouvrière et cofonde le Parti social-démocrate du royaume de Pologne. Naturalisée allemande, elle s installe en Allemagne en 1898 et s engage au Parti socialdémocrate. Elle rejoint également la Deuxième Internationale, où elle anime l aile gauche marxiste, s opposant aux tendances réformistes de Bernstein ou Millerand. Lorsque la Révolution éclate en Russie, Luxemburg regagne la Pologne pour participer à l élan insurrectionnel. Arrêtée, elle manque d être exécutée. De retour en Allemagne en 1906, ses prises de position antimilitaristes lui valent deux nouvelles arrestations et plusieurs séjours en prison. C est la révolution allemande qui la délivre en 1918. Exclue du SPD, elle s investit alors clandestinement dans l organisation du mouvement révolutionnaire spartakiste qui se déclenche le 5 janvier 1919. Cependant l insurrection échoue et subit une sanglante répression de la part des sociaux-démocrates nouvellement à la tête du pouvoir. Rosa Luxemburg est alors arrêtée, avant d être exécutée le 15 janvier.