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La pluralité religieuse au Québec
Meintel Deirdre
PU MONTREAL
20,00 €
Épuisé
EAN :9782760647145
Fruit d'une recherche de terrain sur plus de 230 groupes religieux ou spirituels au Québec répartis dans plusieurs régions, cet ouvrage collectif est une synthèse lisible et concise de la diversité des croyances actuelle de la province. Il explique pourquoi une grande partie du religieux y est, socialement et physiquement, invisible, objet d'un tabou assez particulier ; il montre comment les individus circulent entre plusieurs traditions et pratiques ; il traite de l'importance de la guérison, ou "mieux-être", au sein d'une certaine approche de la spiritualité. Ce livre remet aussi en question de nombreuses idées reçues : le quasi-athéisme de la majorité comparé à la grande religiosité des immigrants ; l'opposition entre religion et spiritualité ou celle entre religion et vivre-ensemble ; le manque de dynamisme de l'Eglise catholique québécoise, souvent perçue comme moribonde. Ce tableau du Québec, tel qu'il se présente dans une société séculière et de modernité avancée, dévoile également une force rassembleuse et génératrice de liens toujours en action.
Au Québec, les débats sur la pluralité ethnique et religieuse enflamment les esprits, mais n'ont souvent qu'un lien ténu avec les données scientifiques. Dans ce livre, des chercheurs reconnus présentent leurs réflexions sur le sujet. On y trouvera des analyses poussées sur la façon dont les nouvelles migrations transforment les villes et, de plus en plus, les régions ; sur les frontières toujours mouvantes entre le "nous" et le "eux" ; sur la mondialisation, la discrimination ou la cohabitation au pluriel dans les quartiers de Montréal ; sur les lieux de culte et les signes religieux. Fondées sur des travaux qui se sont échelonnés sur plusieurs décennies, et présentées dans un langage accessible, ces recherches novatrices sont ancrées dans la réalité actuelle et portent sur des questions capitales concernant l'avenir du Québec. Travail savant, donc, destiné tant aux universitaires et aux spécialistes qu'à tout lecteur intéressé par les questions du vivre-ensemble et de l'inclusion.
Lévesque Claude ; Leroux Georges ; Fradet Pierre-A
On a peine à imaginer la secousse qu'a dû provoquer la parution de ce premier livre de Claude Lévesque, en 1976, dans le milieu philosophique et littéraire au Québec, car toucher à l'écriture et à la lecture, c'est ébranler tout ce qui sert de socle à notre culture. Titre inaugural des éditions VLB, réédité deux ans plus tard dans la collection "10/18", cet ouvrage où nous interpellent Nietzsche, Freud, Blanchot et Derrida — pour ne nommer que ceux-là — libère, comme dans un feu d'artifice, ce qui était en excès et en souffrance dans la conceptualité traditionnelle. En déposant un élément de rupture ou d'indécision dans tout ce qui cherche à se refermer sur soi, il veut susciter un nouveau désir, plus périlleux — une nouvelle espérance, plus souveraine. "L'étranger, c'est l'autre, celui qui vient de l'extérieur, d'un ailleurs innommable, et qui, à l'intérieur, se tient à la frontière, reste marginal, toujours déjà expulsé, du dehors comme du dedans [...]. C'est peut-être la même "a-topie", la même indétermination, qui définit l'étrangeté du texte, l'étrangeté comme textualité tournant autour de la limite, se tenant dans le troublant espace de l'entre-deux, entre les bords rassurants du langage et son débord vertigineux."
En littérature comme en politique, quelles sont les conditions d'émergence des discours singuliers ? Sans prétendre épuiser une aussi difficile question, cet essai l'aborde par le biais du récit, posant par hypothèse qu'un récit diffus et structurant parcourt l'ensemble du discours culturel et le contraint. Ce récit commun, Micheline Cambron tente de le retracer, entre 1967 et 1976, avec des textes aussi différents, à première vue, que les chansons de Beau Dommage, les articles de Lysiane Gagnon sur l'enseignement du français, les monologues d'Yvon Deschamps, la pièce Les belles-soeurs de Michel Tremblay, les poèmes de Gaston Miron et L'hiver de force de Réjean Ducharme. Cet essai, qui s'interroge sur le type d'histoire que nous nous racontions en ces années-là, reconstruit avec bonheur tout l'intelligible d'une époque au Québec. S'il s'adresse d'abord au lecteur de littérature québécoise, il se révélera également précieux pour tous ceux qui aiment réfléchir sur la dimension sociale du langage et de la littérature.
A force d'entendre dire que les Québécois parlent un français dégénéré, nous avons fini par le croire. Comme nous croyons que le français du XVIIIe siècle était plus pur que celui d'aujourd'hui et qu'on n'a plus d'identité lorsqu'on dit chu au lieu de je suis. Nous sommes aussi convaincus que ceux qui n'utilisent pas de grandes phrases n'ont pas de grandes pensées. Ces croyances et quelques autres sont fermement ancrées dans les esprits et n'ont jamais cessé d'alimenter les débats sur la langue au Québec. Mais sont-elles fondées ? Et sur quoi ? Relèvent-elles des états d'âme ou des états de langue, de l'opinion ou du savoir ? On se pose rarement la question. On devrait. Cela nous permettrait peut-être d'entendre un jour autre chose que le concert des lamentations qu'on nous sert depuis des lustres sur la syntaxe déficiente et la prononciation relâchée des Québécois. Cela nous permettrait d'avoir une vision plus juste, moins réductrice de notre réalité linguistique, et d'échapper enfin tant à la glorification du français parisien qu'à celle du joual.
Les deux livres réunis ici démontrent clairement toute la contemporanéité des écrits de celle qui a contribué à l'implantation du discours féministe au Québec. On n'a qu'à ouvrir le livre au hasard des pages pour constater la pertinence et l'actualité des propos de l'essayiste en un temps où la parole féministe a bien besoin de ses racines. Le prouve aussi cet extrait de la main de l'auteure : "Je suis violente et j'ai horreur de la violence. Horreur des violences qui m'ont été faites et qui sont tapies en moi, couchées là, endormies et prêtes à se relever, à courir comme de grandes folles, irrépressibles, mauvaises comme des eaux déchaînées. Ces violences, je n'ai pu les tuer, on ne tue pas la violence, on ne l'évacue pas, on l'occulte, on la range, mais elle est là, indocile, indomptable."