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Au-delà du PIB. Pour une autre mesure de la richesse
Méda Dominique
FLAMMARION
7,20 €
Épuisé
EAN :9782081216518
Au début de l'année 2008, alors que les revendications relatives au pouvoir d'achat s'intensifiaient, le président de la République, Nicolas Sarkozy, déclara que l'indice du PIB (Produit intérieur brut) était inapte à représenter les évolutions économiques et sociales, et qu'il était urgent d'élaborer d'autres indicateurs de croissance. À cette fin, il chargea deux prix Nobel d'économie Amartya Sen et Joseph Stiglitz, de constituer une commission. La réflexion sur les limites de PIB comme critère de mesure du bien-être ne date pourtant pas d'hier. Voilà déjà trente ans outre-Atlantique, puis plus précisément depuis les années 1990, que le débat est lancé. En France, la sociologue Dominique Méda en a fait l'un des axes fondateurs de ses travaux. Dès 1999, dans Qu'est-ce que la richesse? Elle remarquait que le PIB n'est affecté ni par la montée de la violence, ni par le développement des inégalités ou l'altération de l'environnement - et, inversement, n'est pas valorisé en cas d'accroissement constant du niveau d'éducation ou d'amélioration de l'état de santé de la population. Et de conclure: "Si ce qui importe, c'est ce qui est productif; comment donner de la valeur à des activités qui ne sont productives de rien, seulement de relation, de sens, de qualité de vie?". À l'heure où le mot d'ordre du gouvernement en place est "Travailler plus pour gagner plus", cette réflexion, on s'en doute, revêt une acuité toute particulière... Biographie: Dominique Méda, philosophe et sociologue, est spécialiste du travail. Elle est, notamment, l'auteur de: Le Travail, une valeur en voie de disparition (Champs, 1998) et Le Temps des femmes (2e édition, Champs, 2008).
Après le temps des cerises, celui des gares, celui des villes, voici le temps des femmes. Dominique Méda fait état ici d?une ? révolution silencieuse ? qui pourrait bien devenir tumultueuse si rien n?avance vers une distribution plus équilibrée des rôles et des tâches entre les hommes et les femmes. Il ne s?agit pas du énième brûlot polémique sur la question mais d?un point particulièrement bien argumenté sur les conséquences du travail des femmes, de la progression de la biactivité et de la disparition progressive du modèle familial de ? Monsieur Gagnepain ?. Monsieur et Madame, dans le couple, jouent désormais tous les deux un rôle dans la production économique sans qu?une redistribution des tâches ? hors travail ? ait eu lieu.Aujourd?hui, 80 % des femmes de 25 à 49 ans travaillent (contre 40 % il y a 40 ans). Elles représentent 45 % de la population active. La féminisation de la population active ne s?est cependant pas accompagnée d?une masculinisation des activités domestiques. Le temps domestique, comme le temps parental (consacré aux enfants), reste deux fois plus élevé pour les femmes que pour les hommes. Elles en assurent plus des deux tiers.Ces constats sont connus. Ils n?ont néanmoins donné lieu, en France, qu?à adaptations marginales, rapiècements institutionnels, bricolages budgétaires. Or, les rythmes institutionnels et professionnels actuels apparaissent largement inadaptés aux temps sociaux et familiaux des couples biactifs contemporains. Tout ceci implique une (r)évolution des politiques familiales et sociales, mais aussi une adaptation des politiques urbaines et temporelles.Dominique Méda, ambitieuse et volontariste, invite à la refonte des institutions et des modes d?imposition. Elle rappelle que les politiques de la petite enfance ne sont pas un coût mais un investissement essentiel pour l?avenir. Stratégiquement, l?orientation consiste à ? émanciper les hommes du travail, pour émanciper les femmes du domestique ?. Il convient, dans cet ordre d?idée, de ne pas cibler spécifiquement les femmes pour les aider à ? concilier ? leurs temps, mais, à l?échelle des villes, de proposer des réponses intégrées et adaptées aux question des temps de tous.Insérée dans une tradition de débats encombrée de croyances ancrées et d?opinions tranchées sur la nature ou la culture des différences entre les sexes, Dominique Méda repousse la polémique en n?esquivant aucune question et en indexant son analyse sur des tendances européennes de fond concernant les sujets qu?elle traite.Sans néologismes délirants ni attaques politiques (qui caractérisent une partie de la littérature sur ces thèmes), pesant la réalité de la ? domination masculine ? (en particulier dans les syndicats), Le Temps des femmes est un livre intéressant, informé aux meilleures sources, inspiré des lumières des pays du Nord. Percutantes et raisonnées, ces 200 pages sont à faire lire surtout (comme dit la publicité) par nous, les hommes. Dominique Méda signe (et marque) assurément ici un essai important. -- Julien Damon -- Futuribles
Résumé : Nous vivons les yeux rivés sur le taux de croissance du " Produit Intérieur Brut ", comme si celui-ci suffisait à faire de nous des sociétés vraiment riches. Indifférent à la manière dont sont répartis les biens, les services, les revenus et les acquis, le PIB n'est affecté ni par la montée de la violence ni par le développement des inégalités ou l'altération de l'environnement, pas plus qu'il ne le serait par l'accroissement constant du niveau d'éducation, la facilité d'accès à des services publics de qualité, l'amélioration générale de l'état de santé de la population ou la promotion d'une réelle égalité entre les hommes et les femmes. Si ce qui importe, c'est ce qui est productif, comment donner de la valeur à des activités qui ne sont productives de rien, ou seulement de relation, de sens, de qualité de vie ? Cette question est particulièrement importante au moment où s'opère une réduction de la durée légale du travail, activité productive par excellence. Si les femmes, sur lesquelles pèsent aujourd'hui les contradictions de notre société, parviennent à promouvoir une autre organisation des temps sociaux, alors peut-être pourrons nous expérimenter des modes de partage et des types de richesse plus modernes, plus démocratiques et plus civilisés. Ce livre a obtenu le prix " Synapsis - CRC - Mutations et Travail ", 1999.
Nous vivons les yeux rivés sur le taux de croissance du produit intérieur brut, comme si celui-ci suffisait à faire de nous des sociétés vraiment riches. Indifférent à la manière dont sont répartis les biens, les services, les revenus et les acquis, le PIB- indicateur récent - n'est affecté ni par la montée de la violence ni par le développement des inégalités ou l'altération de l'environnement, pas plus qu'il ne le serait par l'accroissement constant du niveau d'éducation, la facilité d'accès à des services publics de qualité, l'amélioration générale de l'état de santé de la population ou la promotion d'une réelle égalité entre les hommes et les femmes. Nos comportements et nos modes de vie sont contraints par la force des représentations qu'ont forgées pour nous les économistes : ce qui importe, c'est ce qui est productif. Mais alors, comment donner de la valeur à des activités qui ne sont productives de rien, ou seulement de relation, de sens, de qualité de vie ? Cette question est particulièrement importante au moment où s'opère une réduction de la durée légale du travail - activité productive par excellence - occasion dont il nous faut collectivement nous saisir pour inventer de nouveaux modes de vie et une nouvelle norme d'emploi. Si les femmes, sur lesquelles pèsent aujourd'hui les contradictions de notre société, parviennent à promouvoir une autre organisation des temps sociaux, alors peut-être pourrons-nous - au sein d'une Europe politique et sociale stable - expérimenter des modes de partage et des types de richesse plus modernes, plus démocratiques et plus civilisés.
Quel est notre rapport au travail ? Quelle valeur lui accordons-nous ? Dominique Méda démontre, en mobilisant les principaux textes philosophiques et l'histoire des idées politiques, comment le travail est devenu une valeur centrale de notre société. Cet ouvrage nous invite à remettre sur le métier la question lancinante du rôle que tiennent l'échange économique et le travail dans la fabrique du lien social tout en proposant une voie pour permettre à tous les membres de la société, hommes et femmes, d'accéder non seulement au travail - un travail décent ou soutenable -, mais aussi à l'ensemble de la gamme des activités, qu'elles soient amicales, politiques, parentales ou de développement personnel, qui constituent le bien-être individuel et social.