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Eldorado ; L'Enfant froid
Mayenburg Marius von ; Muhleisen Laurent
L ARCHE
13,00 €
Épuisé
EAN :9782851815521
Le Pacifique sud, ça vous dit quelque chose? Là-bas, devant mon masque de plongée, nageait le poisson-lanterne. Il éclaire avec les yeux, quand il fait sombre dans la mer, si bien que les petits poissons, attirés par cette lumière dans les profondeurs, se retrouvent devant sa gueule ornée de dents comme des aiguilles, qui se referment sur leur proie. Vous êtes cela, un poisson-lanterne. Votre visage est un piège, le poids de la gravité vous sort par les yeux, on tombe dedans, enivré par une confiance imbécile, et on ne voit pas que vous avez une bouche stupide, preuve de votre stupidité, parce que vous avez ces yeux au-dessus, qui font qu'on ne regarde pas votre bouche stupide, quand elle mord, et je parie que vous-même ne fixez, dans une glace, que vos yeux graves et que vous hypnotisez votre propre cerveau pour le rendre imbécile. Alors happez maintenant." Dans Eldorado, l'entrepreneur Aschenbrenner-"brûleur de cendres" - envisage de transformer une large zone dévastée par la guerre en complexe industriel et immobilier. Son collaborateur Anton n'est pas à la hauteur des ambitions peu scrupuleuses de son patron. La femme d'Anton, Thekla, renonce quant à elle à sa carrière de pianiste tout en se faisant humilier par sa seule élève, Manuela. Greta, la mère de Thekla, et son amant Oskar ne rêvent que d'une chose: s'accaparer les actions des terrains constructibles. Après le suicide d'Aschenbrenner, cela devient possible. Sauf que ce dernier vient hanter le quotidien d'Anton, qui peu à peu sombre dans la folie... L'Enfant froid se passe dans le monde de la classe moyenne européenne: il y a Papa et Maman, qui ont de l'argent et veulent le garder pour eux, leurs deux filles, Lena la rebelle et Tine la greluche, et leurs amants respectifs, Johann, qui confond toujours Lena avec une certaine Melanie, et Henning, qui aime exhiber son sexe dans les toilettes des dames. Sans oublier un couple avec enfant, Werner et Silke, dont on croit, sans doute à tort, qu'ils n'ont pas grand intérêt.
Monsieur Lette, ingénieur doué, fait une découverte fatale, sa laideur. Pourquoi personne ne lui en a-t-il jamais parlé? Et pourquoi son chef lui jette-t-il la pierre juste avant le voyage au congrès où il doit présenter sa dernière invention? Le Moche est un personnage typique de Mayenburg, tout comme M (dans Le Chien, la nuit et le couteau), qui se retrouve à une heure trente-huit, par une chaude nuit d août, dans un cul-de-sac et ne se souvient plus comment il est arrivé là. Lorsque des individus énigmatiques tentent de le harceler, une fuite surréaliste commence et mène à une complète dissolution. Ces personnages distillent un phénomène, celui que Roland Barthes observait à l époque chez les surhommes des romans d anticipation: le réifié. Sauf que la réification a pris ici possession du commun des mortels et devient elle-même le sujet.
Pièce en plastique est une comédie grinçante, poussant à leur paroxysme les tensions au sein d'un îlot familial déstabilisé par l'arrivée d'une aide-ménagère. Qui est cette étrange créature qui impose peu à peu sa présence ? Par le biais d'un humour noir savamment dosé, se déploie une critique sociale acerbe sur les rapports humains, la place de l'artiste, et quiconque faisant de son corps sa force de travail.
Erik et Simone forment un couple presque banal. Il est traducteur, elle travaille dans l'industrie automobile ; elle voyage beaucoup, il doit rester à la maison pour s'occuper des enfants. Au retour d'un voyage d'affaires, un cadeau déclenche une dispute à la mécanique bien huilée. Pour Erik, homme de maison à la carrière littéraire empêchée, le ressentiment gronde. Ou est-ce l'inverse ? Simone est traductrice. Erik rentre de voyage d'affaires avec un cadeau, et la nouvelle d'une promotion - mais il faudrait déménager. Sa carrière à elle est en berne, alors pourquoi ne pas s'occuper des enfants ? En inversant constamment les rôles, Marius von Mayenburg dévoile les dynamiques dysfonctionnelles d'un couple empêtré dans les injonctions d'une vie bien normée.
Lette, ingénieur talentueux, découvre du jour au lendemain qu'il est très laid - personne ne le lui avait jamais dit. Le Moche raconte son histoire, sa chirurgie de reconstruction faciale par un expert mondial, son nouveau visage. Un nouveau visage fabuleusement réussi : son épouse l'embrasse avec plus de fougue, son patron l'envoie donner des conférences, son chirurgien l'emmène partout avec lui pour montrer sa perfection. Lette est désiré pour la première fois, mais son identité se délite. Dans Le Chien, la Nuit et le Couteau, un homme en poignarde un autre dans un cul-de-sac, presque par inadvertance. Au loin, un chien hurle avec les loups. S'ensuit une plongée surréaliste dans un commissariat, où le temps et la réalité se troublent - jusqu'à ce que le chien se rapproche.
Sous le nazisme, la peur et la misère affectaient toutes les couches de la société allemande, l'intelligentsia, la bourgeoisie, la classe ouvrière. Il y a certes le courage de la poignée de militants qui, au mépris de tous les dangers, publient une littérature illégale. Mais il y a aussi la capitulation, face à la terreur, d'une trop grande part de l'intelligentsia. C'est ce qu'a voulu montrer Brecht, d'abord à ses compatriotes exilés, autour des années 1938, en écrivant la trentaine de courtes scènes, inspirées de la réalité même, de Grand-peur et misère du IIIe Reich. La pièce naît en 1934 de la volonté de Brecht et de Margarete Steffin, de rassembler un matériau composé de coupures de presse et de témoignages sur la vie quotidienne en Allemagne sous la dictature hitlérienne. Le titre fait allusion au roman Splendeurs et misères des courtisanes de Balzac, et inscrit donc la pièce dans une lignée de peintures naturalistes de la société allemande de l'avant-guerre, brossant un large tableau allant du monde ouvrier à la magistrature en passant par la petite bourgeoisie. La création de huit scènes aura lieu en mai 1938 à Paris devant un public essentiellement composé d'émigrés. Certaines scènes seront également publiées dans des revues d'émigrés visant à alerter l'opinion publique sur la réalité de la dictature en Allemagne et signalant le danger d'une guerre imminente. On y voit tour à tour la bourgeoisie, le corps médical, la justice, les enfants, les prisonniers, etc. évoluer face au régime. Ce n'est cependant qu'après la Seconde Guerre mondiale que la pièce rencontre son succès, car elle montre, comme le disait Brecht lui-même, "la précarité évidente du IIIe Reich, dans toutes ses ramifications, contenue uniquement par la force". Aujourd'hui encore, Grand-peur et misère du IIIe Reich résonne comme un avertissement contre toute forme de système absolu et reste l'un des textes clés du vingtième siècle et au-delà. C'est un manifeste qui invite à lutter contre toute forme politique basée sur la discrimination et sur la crainte.
Fo Dario ; Cecchinato Toni ; Colchat Nicole ; Rame
Le nouveau dirigeant est arrivé et il nous a dit : "Bravo, vous avez bien fait de désobéir la dernière fois à l'autre dirigeant, qui après tout n'était qu'un révisionniste, un contre-révolutionnaire Vous avez bien fait ! Il faut toujours avoir les tigres avec soi quand l'ennemi est là. Mais à partir de maintenant, ce n'est plus nécessaire. L'ennemi est en fuite... Ramenez immédiatement les tigres dans la forêt." "Comment, encore ?" "Obéir au parti !" "Question de dialectique ?" "Evidemment !" "Bon, suffit !"
Olivier Aurélie ; Delaume Chloé ; Chiambretto Soni
21 grands noms de la scène poétique francophone se racontent. Ces lettres racontent leur parcours, leur intimité, leur place dans la société des lettres. Dans ces billets, mots d'humeur, mots d'ordre pour un nouvel ordre du monde, elles prennent le contre-pied d'un lyrisme classique. La femme n'est pas (seulement) Muse, mais Poète, Musicienne, Inspiratrice, Agente de son propre désir. Poésie verticale et adressée, ces lettres racontent les combats, les dialogues et les rencontres qui font de l'écriture une matière politique. Une chair à vif, une matière spirituelle inflammable, une sensualité sans contraintes. Dotées d'une virulence poétique radicale et troublante, ces lettres racontent une soif de partage, un désir de transmission, un rêve de l'autre, l'histoire d'une reconquête de soi. s.