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Condamner à mort. Les meurtres et la loi à l'écran
Mavrikakis Catherine
PU MONTREAL
22,00 €
Épuisé
EAN :9782760619616
Si pour bien des intellectuels le monde contemporain va trop vite - la vitesse hystérique de ce dernier n'ayant de cesse de leur couper la parole -Catherine Mavrikakis, elle, choisit de se laisser porter par cette vitesse et d'habiter le temps mondialisé, quand bien même il menacerait le rayonnement de l'écrit. Son essai, Condamner à mort, s'applique à penser, à partir de ces vitrines du vivre-ensemble que sont Internet et la télévision, les solutions qu'offre la loi pour gérer l'assassin: suppression des personnes, camisole chimique, enfermement. Car dans ces solutions et dans leurs réceptions diverses à l'écran, se donnent à lire les implicites à partir desquels le social est tissé. De Timothy McVeigh, le terroriste américain qui a fait exploser un édifice fédéral, à Aileen Wuornos, la prostituée meurtrière de l'Interstate 75 qui, comme lui, a succombé à la peine capitale, en passant par Andrea Yates, cette mère cinq fois infanticide, aujourd'hui emprisonnée et contrôlée médicalement, et Armin Meiwes, désormais sous les verroux, qui a mangé un homme rencontré par le biais d'Internet, Catherine Mavrikakis analyse des cas spectaculaires et dramatiques qui ont nourri la chronique durant les dernières années. Elle s'attache à fourbir des armes contre la peine de mort et plonge ici " dans ce temps de la simultanéité où, comme toute bonne nageuse synchronisée, elle s'efforce de garder le sourire et surtout de ne pas respirer ".
Résumé : Catherine, la narratrice, collectionne les deuils : amis chers, voisins honnis, suicidés, accidentés de la route, malades du sida, victimes d'attentat ou de catastrophe aérienne tournoient ici dans une stupéfiante danse macabre. Occupée à dénombrer ses morts - qui tous répondent au prénom d'Hervé -, la jeune femme traverse avec une énergie féroce les vicissitudes et la médiocrité du monde des bien portants. Tout de noir vêtue, escortée de ses Hervé disparus, elle crie sa rage, dit sa révolte, et semble conjurer le sort. Percutant, drôle, méchant, ce premier roman a révélé, dès sa parution à Montréal en 2000, le formidable tempérament d'une écrivaine dont la force narrative ne s'est jamais démentie.
Résumé : "Tu n'as jamais cultivé ton jardin." C'est avec ces mots adressés à sa mère récemment disparue que l'écrivaine ouvre ce journal de deuil. Arrivée au Québec en 1957, pour épouser un Grec fantasque qu'elle passera sa vie à attendre, madame Mavrikakis n'a jamais voulu prendre racine dans le nouveau monde. Repliée sur elle-même et sur ses enfants ? qu'elle aurait rêvé de garder sous cloche jusqu'à la fin de sa vie ?, elle n'a cultivé que la nostalgie de la France, son pays natal. Filtrés par le chagrin en de mélancoliques et tendres fragments, les souvenirs de cette mère possessive et " surprenante " ? l'adjectif en dit long ? lèvent le voile sur la complexité et la beauté d'une relation filiale tissée de culpabilité, d'incompréhension, de férocité même, mais surtout d'un immense amour. L'Absente de tous bouquets se lit également comme un discret art poétique où s'éclaireraient la fascination pour les fantômes, le goût de la solitude et la passion pour la langue que l'on retrouve dans tous les livres de Catherine Mavrikakis. Dans sa détestation du Canada, sa chère maman entretenait en effet son accent français, que la petite fille avait obligation de soigner, et un formidable florilège d'expressions idiomatiques et surannées rappelant la lointaine patrie.
Lévesque Claude ; Leroux Georges ; Fradet Pierre-A
On a peine à imaginer la secousse qu'a dû provoquer la parution de ce premier livre de Claude Lévesque, en 1976, dans le milieu philosophique et littéraire au Québec, car toucher à l'écriture et à la lecture, c'est ébranler tout ce qui sert de socle à notre culture. Titre inaugural des éditions VLB, réédité deux ans plus tard dans la collection "10/18", cet ouvrage où nous interpellent Nietzsche, Freud, Blanchot et Derrida — pour ne nommer que ceux-là — libère, comme dans un feu d'artifice, ce qui était en excès et en souffrance dans la conceptualité traditionnelle. En déposant un élément de rupture ou d'indécision dans tout ce qui cherche à se refermer sur soi, il veut susciter un nouveau désir, plus périlleux — une nouvelle espérance, plus souveraine. "L'étranger, c'est l'autre, celui qui vient de l'extérieur, d'un ailleurs innommable, et qui, à l'intérieur, se tient à la frontière, reste marginal, toujours déjà expulsé, du dehors comme du dedans [...]. C'est peut-être la même "a-topie", la même indétermination, qui définit l'étrangeté du texte, l'étrangeté comme textualité tournant autour de la limite, se tenant dans le troublant espace de l'entre-deux, entre les bords rassurants du langage et son débord vertigineux."
Que se passe-t-il dans l'esprit d'un homme qui agresse sa conjointe, qui en tue un autre ou qui s'adonne au vol comme mode habituel de vie? Qu'est-ce qui motive ou qui pousse cet homme à agir d'une façon qui non seulement contrevient aux lois, mais qui est aussi considérée comme inacceptable et immorale par la majorité de la population? Il n'existe certes pas d'explication unique et encore moins de réponses simples à ces questions; néanmoins, ce livre sur la psychocriminologie psychanalytique explore quelques hypothèses qui permettront au lecteur de mieux saisir ce qui, au plan psychique, sous-tend la délinquance. Cet ouvrage regroupe l'essentiel des contributions théoriques psychanalytiques utiles pour la compréhension du fonctionnement psychique du délinquant. Il explique les notions fondamentales en même temps qu'il permet de saisir le cheminement développemental qui mène à la délinquance à partir de propositions et de cas précis. En présentant de façon concrète la dynamique complexe des relations passionnelles et de la violence conjugale, ainsi que des portraits cliniques éclairants sur les personnes qui ont commis des délits, Dianne Casoni et Louis Brunet ouvrent la voie à l'intégration des connaissances théoriques à la réalité clinique.
En abordant la question de la mémoire, Régine Robin a dressé la carte de ses différentes représentations dans cet essai qui a marqué les études littéraires des années 1990. Mémoire savante, historique ou nationale, mémoire culturelle et collective... C'est cette dernière qui est au coeur du "roman mémoire" étudié dans cet ouvrage, qui montre bien que si le roman est la "mise en forme narrative" du souvenir, la mémoire collective en est le sens. Selon ses propres mots, elle offre un itinéraire intellectuel qui n'entre pas dans les catégories d'usage. "Récit de voyage si l'on veut, voyage intellectuel, spirituel, existentiel, itinéraire qui ne s'arrête pas au découpage convenu des discours."
A force d'entendre dire que les Québécois parlent un français dégénéré, nous avons fini par le croire. Comme nous croyons que le français du XVIIIe siècle était plus pur que celui d'aujourd'hui et qu'on n'a plus d'identité lorsqu'on dit chu au lieu de je suis. Nous sommes aussi convaincus que ceux qui n'utilisent pas de grandes phrases n'ont pas de grandes pensées. Ces croyances et quelques autres sont fermement ancrées dans les esprits et n'ont jamais cessé d'alimenter les débats sur la langue au Québec. Mais sont-elles fondées ? Et sur quoi ? Relèvent-elles des états d'âme ou des états de langue, de l'opinion ou du savoir ? On se pose rarement la question. On devrait. Cela nous permettrait peut-être d'entendre un jour autre chose que le concert des lamentations qu'on nous sert depuis des lustres sur la syntaxe déficiente et la prononciation relâchée des Québécois. Cela nous permettrait d'avoir une vision plus juste, moins réductrice de notre réalité linguistique, et d'échapper enfin tant à la glorification du français parisien qu'à celle du joual.