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Ceux d'à côté
Mauvignier Laurent
MINUIT
12,15 €
Épuisé
EAN :9782707317667
Cette douleur à moi, là, qui faisait un creux et que j?entendais battre sous la peau. J?écoutais mon c?ur en posant ma main sur la peau, ça bat, oui, ça bat encore mais comme ça faisait mal, les sourires sur leurs bouches. Il fallait baisser les yeux, il fallait rabattre bien sa paume sur le c?ur pour ne pas laisser voir où ça me laissait, où eux me laissaient, sans s?en rendre compte, avec leurs yeux pour eux, sans les autres, sans savoir que les autres, c?était moi. Et on écoutait Schubert dans la voiture. Pas tout le temps, non, des fois au contraire on écoutait cette station où ils ne passent que des chansons des années soixante-dix, qu?on connaissait tous les trois par c?ur et dont on s?était fait un jeu. Il fallait trouver dès les premières mesures qui chantait, et Claire gagnait tout le temps, avec Sylvain qui lui disait quelle culture, quelle culture, en regardant la route, en jouant l?homme impressionné. Mais surtout, on écoutait Schubert. Moi, je montais derrière, sans rien demander, parce que les gens qui sont tout seuls, ils montent derrière et ils sont déjà bien contents de ne pas passer un dimanche de plus à se dire, qu?est-ce que je vais faire aujourd?hui, bon, il ne fait pas beau, je vais me lever tard, parce que, pour ça, je m?arrangeais toujours pour me coucher à n?importe quelle heure, encore plus tard, le plus tard possible, le samedi, soûle, pour me réveiller le dimanche vers une heure, histoire d?avoir réglé son sort au matin, de pouvoir traîner longtemps avec ma fatigue devant le café, en attendant d?appeler ma mère qui me dirait comme tous les dimanches, tu viens de te lever, toi, dis, tu as fumé, la voix que ça te fait, dis donc, pour chanter, comment tu veux, si tu fumes. Alors, oui, en poussant un peu j?abattrai bien quelques heures comme ça, avant d?aller prendre un bain, de m?y laisser jusqu?à ce qu?il soit froid, que j?aie froid, qu?il soit tard, que la journée soit foutue et que je me dise, je n?ai encore rien fait, c?est dimanche, j?ai bien le droit de ne rien foutre. Et puis, en sortant du bain, j?irai mettre de la musique et manger une pomme en regardant par la fenêtre. Ce silence, les rues, l?horodateur qui ne sert à rien et qui devient un objet bizarre, comme les marques au sol des emplacements de voitures, puisque le dimanche ils sont tous partis dieu sait où, histoire de nous laisser à quelques-uns une ville toute vidée du bruit qu?ils emmènent avec eux. J?étais tellement contente quand le samedi j?entendais Claire qui sortait de chez elle, qui laissait sa porte ouverte et traversait le palier d?un bond, vers ma porte. J?entendais son pas sur le plancher. Et puis sa façon à elle de frapper contre ma porte, de dire Cathy, de siffler, j?ouvrais et je savais qu?elle me dirait, demain on a la voiture. Ça voulait dire: demain on va à la mer. Et l?ombre des grands arbres ouvrait la route devant nous, quand on allait à la mer et qu?on ne disait rien, parce qu?on était bien ensemble. Seulement ça, ce souci d?être à nous, tranquilles, avec derrière nous la ville vidée du bruit, de nous. Même si ce calme, en moi, c?était autre chose que ce qu?ils croyaient, eux, Claire et Sylvain. C?était au-dessous ce petit battement qu?il fallait retenir dans mes poumons pour qu?il ne s?échappe pas dans mon souffle. [...]
Lorsque Luc est parti, ses parents, Jean et Marthe, ont pensé que c?était mieux pour eux trois. Gilbert et Geneviève, son oncle et sa tante, eux aussi ils y ont cru. Mais pas Céline, sa cousine. Elle, c?est la seule qui n?a pas été surprise, la seule à avoir craint que ce qui en Luc les menaçait tous finisse par s?abattre sur eux.
Jeff et Tonino venus de France, Geoff et ses frères de Grande-Bretagne, Tana et Francesco qui viennent de se marier en Italie, mais aussi Gabriel et Virginie à Bruxelles, tous seront au rendez-vous du « match du siècle »: la finale de la coupe d'Europe des champions qui va se jouer au stade du Heysel, ce 29 mai 1985. La jalousie, le vol des billets, l'insouciance d'une lune de miel: plus rien n'aura d'importance après le désastre. Excepté de retrouver Tana.
Il avait dit: ici, je n?en peux plus. Avec toi je ne peux plus. Alors après son accident, les semaines dans la chambre blanche, son retour à la maison pour la convalescence, ça a été comme une nouvelle chance pour elle, pour eux. Elle a repris confiance et elle s?est dit, je serai celle qui donnera tout, des fleurs, mon temps, tout. Pour que tout puisse recommencer. Ce roman, paru en septembre 2000, a obtenu le prix Wepler, puis le prix Livre Inter 2001
Pauline est revenue. En attendant de trouver un appartement, elle s'est installée chez Willy, comme quand ils étaient étudiants.Willy raconte à son père que rien n'a changé : il fait toujours semblant de n'être pas amoureux d'elle, et elle ne s'aperçoit de rien.Mais quand Willy part sans prévenir personne, c'est à Pauline que son père va demander de l'aide. Et cette fois, il faudra bien que tout soit dit.
Si l'école aime à proclamer sa fonction d'instrument démocratique de la mobilité sociale, elle a aussi pour fonction de légitimer - et donc, dans une certaine mesure, de perpétuer - les inégalités de chances devant la culture en transmuant par les critères de jugement qu'elle emploie, les privilèges socialement conditionnés en mérites ou en "dons" personnels. A partir des statistiques qui mesurent l'inégalité des chances d'accès à l'enseignement supérieur selon l'origine sociale et le sexe et en s'appuyant sur l'étude empirique des attitudes des étudiants et de professeurs ainsi que sur l'analyse des règles - souvent non écrites - du jeu universitaire, on peut mettre en évidence, par-delà l'influence des inégalités économiques, le rôle de l'héritage culturel, capital subtil fait de savoirs, de savoir-faire et de savoir-dire, que les enfants des classes favorisées doivent à leur milieu familial et qui constitue un patrimoine d'autant plus rentable que professeurs et étudiants répugnent à le percevoir comme un produit social.
Un des pionniers du Théâtre de l'Absurde, Samuel Becket, offre un spectacle qui fait rire jaune à plus d'une reprise. Deux personnages en attendent un troisième et pendant cette attente, ils refont le monde à leur manière. Jamais ce que l'on nomme l'absurde n'aura été si visionnaire et réellement vrai.
L'espace lisse, ou Nomos : sa différence avec l'espace strié. - Ce qui remplit l'espace lisse : le corps, sa différence avec l'organisme. - Ce qui se distribue dans cet espace : rhizome, meutes et multiplicités, - Ce qui se passe : les devenirs et les intensités. - Les coordonnées tracées : territoires, terre et déterritorialisations, Cosmos. - Les signes correspondants, le langage et la musique (les ritournelles). - Agencement des espaces-temps : machine de guerre et appareil d'Etat. Chaque thème est censé constituer un "plateau", c'est-à-dire une région continue d'intensités. Le raccordement des régions se fait à la fois de proche en proche et à distance, suivant des lignes de rhizome, qui concernent les éléments de l'art, de la science et de la politique.
La vie sociale est un théâtre, mais un théâtre particulièrement dangereux. A ne pas marquer la déférence qu'exige son rôle, à se tenir mal, à trop se détacher des autres comédiens, l'acteur, ici, court de grands risques. Celui, d'abord, de perdre la face ; et peut-être même la liberté : les hôpitaux psychiatriques sont là pour accueillir ceux qui s'écartent du texte. Il arrive ainsi que la pièce prenne l'allure d'un drame plein de fatalité et d'action, où l'acteur-acrobate - sportif, flambeur ou criminel - se doit et nous doit de travailler sans filet. Et les spectateurs d'applaudir, puis de retourner à leurs comédies quotidiennes, satisfaits d'avoir vu incarnée un instant, resplendissant dans sa rareté, la morale toujours sauve qui les soutient.
Résumé : Et vous, quel geste vous trahit ? Il y a les gestes qui disent l'embarras, d'autres la satisfaction de soi, certains encore le simple plaisir d'exister, là maintenant, sur cette terre. Mais tous nous révèlent, dans nos gloires comme nos petitesses, nos amours comme nos détestations : le selfie, geste roi de nos vies modernes ; le " vapotage ", qui relègue l'art de fumer à un plaisir furtif, presque honteux ; les hommes de pouvoir qui se grattent le dessous de leur chaussette ; cette façon qu'on a parfois de tourner le volant avec la paume de la main bien à plat ; un verre qu'on tient à la main sans le boire...
Résumé : " Vous vous demandez sans doute ce que je fais dans la chambre de ma mère. Moi, le professeur de lettres de l'Université catholique de Louvain. Qui n'a jamais trouvé à se marier. Attendant, un livre à la main, le réveil possible de sa génitrice. Une maman fatiguée, lassée, ravinée par la vie et ses aléas. La Peau de chagrin, de Balzac, c'est le titre de cet ouvrage. Une édition ancienne, usée jusqu'à en effacer l'encre par endroits. Ma mère ne sait pas lire. Elle aurait pu porter son intérêt sur des centaines de milliers d'autres ouvrages. Alors pourquoi celui-là ? Je ne sais pas. Je n'ai jamais su. Elle ne le sait pas elle-même. Mais c'est bien celui-ci dont elle me demande la lecture à chaque moment de la journée où elle se sent disponible, où elle a besoin d'être apaisée, où elle a envie tout simplement de profiter un peu de la vie. Et de son fils. "
Résumé : Les histoires d'amour ne se ressemblent pas. Cependant elles entretiennent des correspondances secrètes à travers le temps et l'espace. Alice et Vincent s'aiment, aujourd'hui, à Paris : ils ont l'art et l'érotisme en partage. Leur passion entre mystérieusement en résonance avec d'autres amours, des collines de Rome aux rivages du Brésil, et jusque dans la Grèce antique. Dans cette chasse éperdue où l'on ne sait plus qui fuit et qui assaille, on croise Piero di Cosimo, l'énigmatique peintre de la Renaissance, Diane et Actéon, chasseurs illustres, Ariccia et Philippe, égarés en Italie pendant la Seconde Guerre mondiale, et bien d'autres amants pris dans les tumultes de l'Histoire.
Résumé : A Vitry-sur-Seine, Sihem, jeune franco-algérienne de 23 ans, fait sa rentrée en première au microlycée, un établissement pour élèves décrocheurs. Elle loge à la résidence autonomie Auguste Blanqui, où elle fait la connaissance d'Emile, dit Zapata, un vieux révolutionnaire de 82 ans. Sihem ne croit pas en une société qui, pense-t-elle, ne lui offre pas d'avenir. Zapata cherche un sens à sa vie qui s'achève. Hélène, la professeure de français de Sihem, et Rose, la directrice de la résidence, sont les témoins complices de l'amitié naissante entre ces deux écorchés. A l'aube et au crépuscule de leur chemin, ils prendront ensemble leur envol. Sur l'autre rive de la Méditerranée, en Algérie, Achir rêve lui aussi de changement et de liberté... Un premier roman lumineux.