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L'étrangeté d'être (1977-1979)
Maulnier Thierry
GALLIMARD
11,60 €
Épuisé
EAN :9782070216598
Dans L'étrangeté d'être, Thierry Maulnier poursuit et amplifie l'effort entrepris dans Les vaches sacrées pour une interrogation, une mise en question et parfois une contestation systématiques des vérités et des valeurs dont l'époque actuelle, en dépit de son apparent non-conformisme, se croit encore assurée. Il applique ici son intelligence, sa grande culture, l'agilité et la souplesse de son esprit, aux problèmes essentiels de notre temps et de toujours. Celui de l'existence, par exemple, à la lumière des récentes théories biologiques. "Le hasard aurait-il produit un esprit doué du pouvoir de soumettre le hasard à la rationalité ?" L'Histoire, aussi, apporte quelques sujets d'étonnement. Pourquoi, par exemple, des périodes féroces, comme la Florence des Médicis, ont-elles été propices à un développement artistique inouï ? L'auteur n'élude pas le problème de Dieu, la question du mal ? Sa réflexion, prolongeant Pascal, pèse les avantages et les inconvénients qu'il y a à croire et à ne pas croire. Ce qui nous vaut, au passage, de savoureuses épigrammes : "Dieu gagnerait-il à être connu ?" Il sera question aussi, plus loin, des contradictions et des paradoxes de l'amour, puis des surprises de la création littéraire. On y retrouve le grand connaisseur de Racine, le grand auteur de théâtre qu'est Thierry Maulnier. Un des points les plus importants de cette réflexion si diverse concerne la crise de la société libérale, la mauvaise conscience des sociétés capitalistes, le doute qui s'est emparé du monde occidental.
Résumé : Dans ce brillant recueil de notes, questions et propositions, on relève le paragraphe suivant : "Les résidus du Sacré qui survivent tant bien que mal dans notre société ont cessé d'y donner à la vie une aimantation et un sens, ils se sont pétrifiés dans un ritualisme vide de signification. Le "respect dû aux morts" où dans un moralisme triste et de plus en plus contesté, ils ne nous éclairent plus, ils nous affaiblissent, nous encombrent, nous empêtrent. Ils sont devenus parasitaires. Le Sacré est passé dans les vaches". Moraliste à l'immense culture, Thierry Maulnier se montre obsédé par son époque. Parfois avec passion, parfois avec un humour glacé, il nous livre ses points de vue - souvent contradictoires, il le sait - sur la grande peur de l'an 2000, sur l'amour, la sexualité, la mort, la religion, le conscient et l'inconscient, l'acte littéraire, la liberté de l' "être pensant" .
Résumé : Le destin singulier d'un Racine est que ce poète va en même temps accepter, assimiler, illustrer l'immense trésor d'acquisitions du plus grand siècle littéraire et ne ressembler à personne; observer les formes d'art consacrées, et créer un tragique nouveau; être le metteur en ?uvre final, le représentant le plus éclatant, le délégué à la postérité de l'esthétique classique; et aussi, être Racine.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.