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La double peine. Histoire d'une lutte inachevée
Mathieu Lilian
SNEDIT LA DISPU
24,00 €
Épuisé
EAN :9782843031342
Même s'ils commettent le même délit, un Français et un étranger ne sont pas égaux devant la justice, puisque le délinquant étranger peut être condamné, en plus de sa peine de prison, à un éloignement du territoire français. C'est cet éloignement discriminatoire que les associations de défense des étrangers dénoncent en le qualifiant de " double peine ". La lutte contre la double peine a derrière elle une longue histoire. Des années 1970 à la " loi Sarkozy " de novembre 2003, en passant par les grèves de la faim des années 1980 ou les actions du Comité national contre la double peine, la cause des expulsés a fluctué au gré des alternances gouvernementales et des réformes législatives. La contestation de la double peine accompagne et éclaire une série d'importantes transformations politiques et sociales qu'a connues la France depuis les années 1970. Son histoire est celle de la forte politisation du thème de l'immigration qui, à la faveur de l'avènement de l'extrême droite, s'est aujourd'hui imposé comme un des enjeux centraux du débat politique. Elle est aussi celle de la lente dégradation des rapports entre le monde associatif et une gauche de gouvernement de plus en plus sourde aux revendications des défenseurs des immigrés. A travers cette lutte c'est un pan entier de la politique française avec des comportements et des déterminismes qui se manifestent à peu de chose près dans tout le champ sociopolitique qu'éclaire le livre de Lilian Mathieu, sociologue, chargé de recherche au Centre de recherche politique de la Sorbonne (CNRS, Université Paris-1).
Dossier coordonné par Lilian Mathieu On assiste depuis une quinzaine d'années à une nouvelle politisation de la prostitution, qui s'accompagne d'un renouvellement des définitions de cette activité comme des modes de contrôle des personnes qui l'exercent. Cette politisation est indissociable des transformations de la prostitution elle-même, et spécialement de son internationalisation croissante. Comprendre la prostitution aujourd'hui impose en premier lieu de se pencher sur les modalités de sa construction en problème public, à laquelle contribuent une pluralité d'instances obéissant à des logiques spécifiques (autorités politiques locales ou nationales, institutions et ONG internationales, services de police, travail social, mouvements sociaux, riverains des zones de prostitution, etc.) et dont l'action combinée produit des conceptions de la prostitution qui s'imposent aux personnes qui l'exercent et qui déterminent leurs pratiques et identités. Les nouvelles politiques en la matière récemment adoptées dans les pays occidentaux contribuent toutes à éradiquer la prostitution de rue pour la faire refluer dans des zones de relégation ou au profit d'autres formes de commerce du sexe ("sex clubs" , boites échangistes, clubs de strip-tease, salons de massage) socialement moins problématiques. Les articles proposés aborderont différentes facettes de cette nouvelle politisation de la prostitution, en variant les contextes de manière à présenter des cas nationaux (France, Bulgarie, Bolivie, Etats-Unis).
Dans cette somme, le sociologue retrace la sociologie d'une croisade longue de plus d'un siècle : celle de groupes qui ont lutté et luttent encore pour l'abolition de la prostitution. Cette histoire menée par des militants de toutes obédiences s'avère tout aussi tumultueuse, contradictoire et riche en rebondissements que les combats pour l'autonomie des prostituées. Ainsi les abolitionnistes se sont retrouvés, au gré des circonstances, soit partenaires de raison soit farouches adversaires de la condition prostituée. Cette diversité des postures a trouvé son point d'orgue en 2013, lors des débats législatifs sur la pénalisation des clients et du statut à réserver à la prostitution. Lilian Mathieu offre un panorama saisissant de la morale d'une société et de ses fluctuations. Il déploie aussi une question qui n'est pas près d'être réglée : est-il possible aux dominés de s'émanciper, et comment ?
Résumé : Refusant l'alternative entre " esclavage sexuel " et " travail du sexe ", Lilian Mathieu, spécialiste reconnu de l'étude de la prostitution, livre ici une réflexion approfondie sur le sujet. Une position originale dans le débat actuel qui interroge les transformations économiques et sexuelles de nos sociétés.
Les mouvements sociaux occupent aujourd'hui une place décisive dans la vie politique française. Ce livre en dresse un panorama, des grèves de décembre 1995 aux manifestations contre la réforme des retraites de 2010, en passant par l'altermondialisme, le Réseau éducation sans frontière ou Jeudi noir. Comment saisir leur rôle et leur poids dans la vie démocratique? Quelles relations entretiennent-ils avec les partis politiques et les gouvernements? Qu'est-ce qui fonde leur légitimité? La protestation publique contre les politiques menées en leur nom est, de fait, le moyen pour les citoyens de se réapproprier la voix qu'ils ont déléguée à leurs gouvernants. Les mouvements sociaux ne sont dès lors ni une composante marginale du paysage politique, ni une menace pour la démocratie: ils en ravivent les principes fondateurs.
Résumé : Les quartiers populaires proches des centres-villes sont aujourd'hui des espaces très convoités par des promoteurs ou des entrepreneurs comme par des aménageurs, qui planifient leur attractivité pour des catégories choisies de populations. Pour leurs habitants déjà là ou leurs usagers ordinaires, par contre, la pression sur les conditions de vie en ville se fait toujours plus forte. Pourtant, la transformation de ces quartiers en espaces plus distingués, plus exclusifs et plus lucratifs n'est pas toute tracée. A rebours des représentations lénifiantes d'un "renouveau urbain" unanimement vertueux, ce livre vise à remettre à l'avant-plan les rapports de domination qui sont à la racine des logiques de gentrification des quartiers populaires et les violences structurelles que celles-ci impliquent. Mais il s'attache aussi à révéler ce qui, en situation concrète, va à l'encontre de ces logiques, les déjoue ou leur résiste, remettant ainsi en question l'idée selon laquelle la gentrification serait un courant inéluctable auquel il serait vain de chercher à s'opposer. C'est ainsi à une repolitisation des questions urbaines que ce livre aspire à contribuer, à contre-courant du flot de discours qui les confondent avec des phénomènes quasi naturels ou les conçoivent comme des problèmes de management détachés de toute idée de conflictualité sociale.
Roca i Escoda Marta ; Fassa Farinaz ; Lépinard Elé
Résumé : L'intersectionnalité est devenue en quelques années un concept incontournable, aussi bien en sciences sociales qu'au sein des luttes sociales, en particulier féministes. Forgée pour penser l'imbrication des rapports de domination, l'intersectionnalité constitue aujourd'hui un champ d'études et d'expérimentations théoriques foisonnant. Pour la première fois en France, des universitaires abordent ses multiples dimensions épistémologiques, théoriques et politiques , et les recherches récentes qu'elle a permis d'ouvrir dans des espaces aussi différents que la France, l'Amérique latine ou l'Europe de l'Est. Que peut nous offrir cette notion pour penser le genre, la théorie féministe et les mobilisations sociales aujourd'hui ? Comment contribuer à promouvoir un usage de l'intersectionnalité qui renforce son potentiel critique et "insurgé" , plutôt que figé sur des identités ? Réunissant des contributions qui s'appuient sur des enquêtes empiriques, cet ouvrage donne à voir la force d'un tel outil lorsqu'il s'agit d'éclairer des processus sociaux et politiques complexes. En offrant un regard à la fois rétrospectif et contemporain sur les enjeux politiques de la production d'un savoir intersectionnel, il a aussi pour ambition de montrer que l'intersectionnalité n'est pas seulement un agencement de critique théorique indispensable, mais aussi une plateforme à partir de laquelle construire des sujets politiques collectifs nécessaires au projet d'émancipation féministe.
Résumé : Comment l'école interprète-t-elle les facilités et les difficultés d'apprentissage des élèves ? Comment cette interprétation influence-t-elle leur scolarité et l'idée qu'ils se font d'eux-mêmes ? Les résultats de l'enquête -menée pendant plusieurs années dans des écoles maternelles, pour l'essentiel - présentée dans ce livre permettent de répondre à ces questions. En croisant les regards sociologique et psychosocial, Mathias Millet et Jean-Claude Croizet décortiquent le quotidien des classes et révèlent comment les difficultés cognitives, pourtant nécessaires aux apprentissages, sont transformées en un problème. Ils montrent que ces premiers apprentissages scolaires sont aussi, pour les élèves, une première confrontation aux inégalités. L'étude met en évidence les logiques quotidiennes d'une violence symbolique par laquelle élèves comme enseignants se persuadent que les verdicts scolaires disent la valeur des individus. Elle montre comment ces élèves et ces enseignants développent, dès l'école maternelle, des interprétations qui personnalisent les "échecs" ou les "réussites" et, ce faisant, les détournent des apprentissages. Cet ouvrage contribue ainsi de manière décisive à l'analyse de la manière dont l'école réduit ou augmente les inégalités sociales.
Les."héritiers". ces élèves dont les parents font partie des classes supérieures. bénéficient d'un patrimoine culturel familial censé les protéger des difficultés scolaires. Or. ce privilège ne s'exerce pas systématiquement. Ainsi Prune. dont le père est ingénieur, ou Laurent. dont les parents sont professeurs agrégés. ont ils redoublé une classe de l'école élémentaire. Pourquoi ces élèves n'ont ils pas profité de l'héritage scolaire propre à leur milieu familial?