La disparition de Jean-Michel Matz en 2020 a laissé un vide au sein de la communauté scientifique des médiévistes, tant dans le champ de l'histoire des pratiques religieuses et de la spiritualité , que dans celui des études angevines. L'hommage qui lui est ici rendu est l'occasion de dresser un bilan des savoirs dans les champs de l'histoire du Moyen Age qui lui sont chers : l'histoire du clergé séculier et de son milieu, principalement celui des cathédrales, étudiés en réseau ; celle des pratiques de perfection et d'encadrement de la foi, tout particulièrement dans le domaine de la sainteté ; les méthodes de gouvernement, depuis la pastorale jusqu'à la communication politique, qui ouvrent une large réflexion sur l'aire de domination des deux maisons d'Anjou à l'échelle de l'Europe. En outre, ce livre met en avant les méthodes et les pratiques du chercheur et de l'enseignant. Il place la source de l'historien au coeur du propos. Chaque chapitre est l'occasion de mettre en oeuvre une source principale en la commentant, en l'éditant ou en la présentant. Il s'agit ainsi de fournir des matériaux à la réflexion de l'historien et au pédagogue, qu'il s'agisse de documentation éditée, d'iconographie, de données archéologiques. La quarantaine d'études proposées par des chercheurs français ou étrangers est articulée autour de cinq thématiques : le clerc en son milieu, de la pastorale à la quête de perfection, gouverner les peuples et les terres, l'Anjou et ses princes, les horizons angevins.
L'ouvrage, réalisé sur le modèle de la publication des textes de la pyramide de Pépy Ier (MIFAO 118/1-2), offre les fac-similés, à l'échelle 1/5, de toutes les parois inscrites de la pyramide de Mérenrê, soit 34 planches au total. Ces planches sont accompagnées d'une description des parois (chambre funéraire, antichambre, passages, couloir et vestibule) et d'une analyse de leur composition. Est proposée, en outre, une traduction des 51 formules nouvelles (TP 1101-1151). / Following the model of the former publication of Pepy Ist's Pyramid Texts (MIFAO 118/1-2), this book offers facsimiles (scale 1/5) of every inscribed wall of Merenre's Pyramid (a total of 34 plates). To the plates, a description of the walls (funerary chamber, antechamber, passages, corridor and vestibule) and an analysis of their composition are added. A translation of the 51 new spells (PT 1101-1151) is also proposed.
Vous confondez ballade et balade ? Vous hésitez à écrire dilemme avec mm ou avec mn ? Vous butez sur le genre du mot oasis ? Pour apprivoiser définitivement ces mots périlleux, laissez-vous guider par les éclairages d'Isabelle Lasfargue-Galvez et par les dessins humoristiques de Mathieu Sapin. Un rappel étymologique, une brève explication, une astuce ou une illustration malicieuse vous inciteront à dédramatiser cette peur de mal dire. Des citations célèbres vous mèneront du côté de chez Proust, Molière ou encore Montesquieu pour vous accompagner dans la découverte des subtilités de la langue française et dans la délectation de ces mots savoureux.
Le crime médiéval se présente sous de multiples facettes depuis le délit mineur jusqu'au cas "esnorme". Ce sont les affaires les plus horribles qui retiendront ici notre attention. Parce qu'elles offensent l'opinion publique, qu'elles suscitent la répugnance, la peur mais aussi la curiosité. Ces crimes "horribles" représentent pour les historiens, une porte d'entrée précieuse pour appréhender les mentalités médiévales. Les peines prononcées envisagent des questions telles que la préméditation ou l'intention et au final un panel fort large de sanctions est utilisé, lesquelles font la part belle aux rituels infamants et aux peines corporelles. Les "cas énormes" (lèse-majesté, meurtres, rapt, sorcellerie, hérésie...) font souvent l'objet d'une procédure extraordinaire qui se justifie, en partie, par l'émoi suscité ; elle relève de la responsabilité du juge qui assume la lourde responsabilité de délivrer la société d'un ferment d'infection et de désordre.
Ce n'est pas parce qu'on entre au collège Qu'on est trop jeune pour penser par soi-même. Le monde vous intéresse. En vous proposant : informations précises et solides, mais aussi des récits, des histoires et des interviews de spécialistes, Les Idées en Revue vous donne l'occasion de réfléchir et de discuter sur les sujets les plus importants de la vie des hommes. La pauvreté, la justice, l'argent, la guerre, le langage, la mort, le progrès, le racisme, la création, la famille, le mensonge, l'amour ou la violence... autant de grandes questions morales et sociales qui ne sont pas réservées aux adultes.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour