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Les labyrinthes de l'imaginaire dans l'oeuvre de Roger Caillois
Massonet Stéphane
L'HARMATTAN
31,50 €
Épuisé
EAN :9782738462954
Le labyrinthe - antique figure mythique d'une architecture qui ne se laisse jamais circonscrire - devient ici la clef de l'énigmatique univers de Roger Caillois, cette taupe errante au parcours pluriel qui n'a cessé de débrouiller une logique de l'imaginaire, en cheminant du surréalisme jusqu'au Collège de sociologie, avant de devenir un ardent défenseur de la littérature sud-américaine, le porte-parole des sciences diagonales et le poète de la condition minérale. Des mythes aux jeux, de la science à la poésie, il s'agit de parcourir la multiplicité des domaines abordés par les écrits de cet auteur, afin de voir comment l'édification de cette tumultueuse architecture vient s'enrouler sur une autre image du monde: celle de l'échiquier. En regard de l'incessante oscillation entre le dédale des vertiges humains et l'ordonnance ludique du monde par ses jeux, se dégagent deux formes fondamentales de l'imaginaire qui traversent ses labyrinthes: une imagination pensée en termes d'énergie et placée sous le signe de Lucifer; une imagination ludique, qui se laisse emporter par le jeu des formes qui résonnent à travers la matière. Ce double pôle définit deux approches radicalement différentes de l'imaginaire, la première entamant une dialectique du jour en vue de débrouiller les mécanismes et les démarches de l'esprit, la seconde se reconnaissant prise dans les abîmes d'une dialectique nocturne, qui conduit le poète au seuil du monde minéral, où il formulera une esthétique et une poétique généralisée.
Guillaume Versannes, jeune homme incertain de lui-même et des autres, choisit de vivre en Polynésie, fuyant ainsi les projets paternels. Il y rencontre le désir, l'amour, le courage et la fraternité. Loin des siens, dans le dénuement des atolls, il apprivoise peu à peu ses chimères. Atteint d'une maladie tropicale, il est forcé de rentrer à Paris. Mais dans sa famille, l'accueil qu'on lui fait n'est pas celui qu'on réserve à l'enfant prodigue, et les vacances qui l'attendent dans la maison des "Sables" , au coeur du Finistère sud, sont de fausses vacances. Ses proches pèsent sur lui, l'envahissent de leurs secrets et de leurs amertumes. N'est-il pas quasiment exclu du monde réel, et de ce fait le confident idéal ? Pourtant, Guillaume, aidé par le souvenir de son séjour aux Tuamotu et par la présence de sa nièce Rozen, symbole intact de l'enfance, se révolte. Il ne veut pas du destin tracé pour lui par les autres. Il refuse la défaite, affronte son ennemie intime, la peur, et choisit seul, face à la mer, sa propre voie. La part du sable est le roman d'une génération partagée entre le goût de vivre et le désenchantement.
De quelle nature est la violence qui nous habite ? Telle est la question que se pose la narratrice, tout au long du procès criminel auquel elle assiste dans le cadre de ses recherches sur le droit. Le matricide qui est jugé ne l'intéresse d'abord que d'un point de vue professionnel. Mais, peu à peu, un sentiment de fascination pour l'accusé la gagne. Qui est ce Claude Leurre ? A-t-il vraiment commis cet acte sacrilège ? Pourquoi ? Au fil des audiences, l'énigme se fait plus lourde, la ramenant à son propre mystère, celui d'une femme blessée en quête d'identité. Ce très beau roman, âpre et charnel, nous conduit aux frontières troublantes du doute.
Avec l'avènement en 1933-1934 du fascisme en Allemagne, cessation de tout travail utilitaire. Début de la construction de la poupée. " C'est ainsi qu'Hans Bellmer décrit sa volonté d'oeuvrer à une destitution des autorités paternelles et politiques : autrement dit à un démontage et à un remontage des corps, pour tendre vers ces choses qu'il dit souhaiter le plus – " celles qu'on ignore ". Porté par un violent désir révolutionnaire, qu'il cultiva au sein de la nébuleuse surréaliste, aux côtés d'André Breton, René Magritte, Gisèle Prassinos, Unica Zürn ou Georges Bataille, ses dessins, comme ses écrits proposés dans cette édition inédite, ont tenté d'ouvrir de telles voies vers l'inconnu du corps et du langage. Pour cela, Hans Bellmer use des possibilités de décomposition de la réalité consensuelle offertes par l'expérimentation anatomique ou par l'élaboration d'anagrammes. Il procède par étranges déplacements d'organes, comme dans ses Lettres d'amour : " Pas plus petites qu'un grand oeil, tes oreilles sont les mains de l'enfant qui occupe ta tête, bercée de tes mains dont l'enfant n'est pas plus grand que toi qui m'aimes... " Les oreilles de la femme aimée font ressurgir le fantôme d'un enfant perdu, selon une technique de déplacement, de détournement, et finalement de " délivrance ", comme dit Bernard Noël. Hans Bellmer insiste là-dessus : " L'objet identique à lui-même reste sans réalité. " Sa quête graphique et littéraire vise la désarticulation et la délivrance des corps. Mais ce n'est pas seulement un Hans Bellmer théoricien ou poète surréaliste que l'on découvre au fil de ces pages. Dans ses lettres, on approche également un personnage touchant, oscillant entre tourments historiques, angoisses matérielles, et joies discrètes. Ainsi trouve-t-on trace de son intranquillité politique dans une lettre à René Magritte de novembre 1946 : " La défaillance en Europe de la race humaine que nous avons entendu appeler "la guerre" etc. — et les répercussions de cela en ma vie intime m'ont enlevé tout goût de dessiner ou d'écrire sur du papier dentelé. " Ce qui n'empêche pas des évocations d'une persévérance sereine, comme dans une lettre à Joë Bousquet de janvier 1948 : " Grâce à Monestier, j'ai un petit coin tranquille où je peux travailler en paix, sans avoir froid. – Et je suis content d'être encore dans le Midi et près de mes amis. " C'est donc un Hans Bellmer aux multiples visages que donnent à lire ses écrits ici rassemblés, incarnant l'idée que les êtres doivent être diffractés pour être vivants.
Résumé : De la vie brève d'Alain-Fournier, l'histoire a retenu un unique chefs-d'?uvre, Le Grand Meaulnes. Tombé au champ d'honneur à l'âge de vingt-sept ans, le jeune auteur a pourtant laissé derrière lui une grande quantité d'écrits : poèmes, récits, articles, et surtout d'innombrables lettres où l'on peut découvrir, presque au jour le jour, le parcours d'un homme aux prises avec la création d'un univers singulier, tendu vers la recherche de l'absolu. Derrière la figure de l'éternel adolescent rêveur se dessine ici un autre Alain-Fournier, amant passionné, soldat héroïque, journaliste infatigable dialoguant avec les plus grandes plumes de son temps, d'André Gide à Charles Péguy. La rencontre avec Jacques Rivière, son condisciple au lycée Lakanal et futur directeur de la N.R.F., qui épousera plus tard Isabelle, la s?ur bien-aimée de l'auteur, la confidente et la complice, fut décisive. Cette amitié exemplaire entre deux esprits de premier ordre suscitera une correspondance, véritable chronique de l'époque en même temps que modèle du genre. Dans cette grande biographie d'Alain- Fournier, Violaine Massenet dresse un portrait charnel et habité de l'écrivain. Au-delà des légendes, elle a cherché à restituer la vérité intime, mais aussi les révoltes et les tentations, de l'auteur du Grand Meaulnes.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.