Des familles juives témoignent de leur retour à un nom "juif" francisé pendant ou après la Shoah. Jusqu'en 2011, il était impossible de revenir à un nom changé par des familles déterminées à protéger leurs enfants de l'antisémitisme. Les requérants étaient déboutés quasi systématiquement au motif, entre autres, de la consonance étrangère de leurs noms : on ne change pas un nom qui a été francisé. Telle était la position du Conseil d'Etat. Depuis 2010, des demandes de re-nom déposées par le collectif "la force du nom" ont été acceptées. Cela signifie un revirement de jurisprudence. Que disent ces familles qui portent aujourd'hui à nouveau le nom de leurs ancêtres d'avant la Shoah ? Alexandre Beider, spécialiste d'onomastique juive, propose une analyse linguistique et socio-historique de chacun des noms des familles qui témoignent dans ce livre.
Nous observons depuis quelques décennies, aussi bien dans la clinique que dans l'art et plus généralement dans la culture, des changements fondamentaux dans les rapports que les sujets entretiennent avec le corps. Peut-on parler dès lors d'un corps contemporain spécifique à l'époque et à la culture que nous vivons ? Les artistes nous donnent à entendre que le corps devient objet de fabrication, de manipulation, de consommation livré en pâture aux images. Par l'esthétique, nous prenons la mesure d'une telle métamorphose dans notre rapport au corps et à son image. Quel travail psychique de " civilisation " a rendu possible de telles transformations ? Quels processus psychiques ont permis la mise en oeuvre d'un corps dit " post-humain " ? Que construit le sujet en construisant ce corps contemporain ? Corps fabriqué de la médecine, corps biotechnologique, corps plastique transformable à l'envi, corps chimère d'images médiatiques ou bien encore corps virtuel du cyber-espace soustrait à l'influence du temps, du sexe et de la mort. Ces créations de corps, qui nous réjouissent ou nous horrifient, que changent-elles pour les sujets dans le regard que chacun porte sur lui-même et les autres ? Quelles en sont les incidences cliniques ? Ce deuxième livre, issu du colloque Pandora qui s'est tenu à Rio de Janeiro en novembre 2007, poursuit la thématique du premier livre Pandora - Métamorphoses contemporaines : les enjeux psychiques de la création - qui a été publié dans cette même collection.
L'image donne chair à une absence dans un écart référentiel qui est celui de la symbolisation. L'image fait voir, donne formes, articule des scènes et des corps ; en somme elle constitue un langage. Elle est le visage de l'infigurable, la pellicule sensible sur laquelle sont inscrites les formations psychiques. Comment naissent les images et qu'en faisons-nous ? En quoi les images, ?uvres d'art, sont-elles des prolongements de l'appareil psychique, des représentations de notre dedans psychique dont parle Freud ? Comment les images se transmettent-elles dans la culture ? Quelle est la fonction des images et des représentations fabriquées par le sujet et projetées dans l'espace culturel ? Est-elle différente de celles qui restent intérieures au sujet mais qui pourtant circulent comme monnaie d'échange entre les générations ? Ce livre explore le champ de l'image, considérée comme étant au c?ur même de la vie psychique, dans une approche anthropologique et psychanalytique. Sont ici analysés son lien avec la mémoire et l'imagination, mais encore les rêves, la psychopathologie, notamment les hallucinations visuelles, et surtout ses rapports au mode même du créer.
Biographie de l'auteur Céline Masson est psychanalyste, maître de conférence à l'université Paris-Diderot et a codirigé chez DDB l'ouvrage La force du nom. Natalie Felzenszwalbe est avocate à la Cour.
Résumé : " Une peinture est un tout organisé, un ensemble de formes (lignes, surfaces colorées...) sur lequel viennent se faire ou se défaire les sens qu'on lui prête. Le contenu de cet ensemble n'est pas un équivalent d'émotion, de sensation, il vit de lui-même. Ces relations entre les formes sont un transfert de relations de l'univers à une autre signification. Dans ce qu'elle a d'essentiel la peinture est une humanisation du monde. " Pierre Soulages (1948) Voici réunis, dans leur variété, leur constante et exemplaire rigueur, quelques-uns des textes et entretiens de Pierre Soulages. Ils explicitent pour nous son oeuvre immense.
La dépression est-elle une vraie maladie, que seuls les psys et les docteurs savent diagnostiquer ? Peut-elle être traitée avec des médicaments efficaces ? Ou bien est-ce une sorte de "maladie imaginaire" dont ceux qui en souffrent sont des tire-au-flanc qui s'écoutent trop ? Les médicaments antidépresseurs marchent-ils, ou bien sont-ils une sorte de drogue légale qui rapporte beaucoup d'argent ? En somme, qu'est-ce réellement que la dépression, ce phénomène si répandu et pourtant si mal connu ? Dans ce petit livre ingénieux, Maël Lemoine nous aide à distinguer, à rebours des idées reçues, ce qu'est, et n'est pas, la dépression, quels sont les faits scientifiquement établis, loin du discours des philosophies feel good qui vendent un bonheur kitsch et irréaliste. Cette Petite philosophie de la dépression, qui prend au sérieux la réalité des phénomènes dépressifs, propose ainsi en creux une réflexion sur le véritable bonheur.
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l'histoire et la population haïtiennes, on a rarement l'occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu'une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants. Tout le monde s'en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l'attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines. Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d'une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l'auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l'humanité entière. Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.
Dans son livre L'âme désarmée, essai sur le déclin de la culture générale, le philosophe Allan Bloom écrivait : "La question qui se pose à tout jeune être humain : "Qui suis-je ? " et le besoin puissant de se conformer à l'impératif de l'oracle de Delphes : "Connais-toi toi-même" qui est congénital en chacun de nous, signifient en premier lieu : "Qu'est-ce que l'homme ? "... La culture générale donne accès à ces réponses, dont plusieurs vont à l'encontre de notre nature et de notre époque. L'homme pourvu de culture générale est capable de ne pas s'en tenir aux réponses faciles... Il est certes ridicule de croire que ce qu'on apprend dans les livres représente l'alpha et l'oméga de l'éducation, mais la lecture est toujours nécessaire, en particulier à une époque où les exemples vivants de valeurs élevées sont rares". Inscrits dans la foulée de cette réflexion, Thomas De Koninck, Joseph Facal, Mathieu Bock-Côté et Louis-André Richard, professeurs engagés au service de l'éducation libérale, tentent de comprendre les chemins menant à une culture générale signifiante. Nous proposons, en songeant à la course effrénée des penseurs de l'école pour adapter celle-ci aux besoins immédiats du monde du travail ou aux tendances sociétales du moment, d'interroger les modalités de l'éducation supérieure : Remplit-elle son mandat ? Favorise-t-elle un milieu privilégié d'éducation libérale ? Qu'en est-il aujourd'hui de l'idée d'université ?