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VOYAGER AVEC MASPERO - TRANSIT ET CIE
MASPERO FRANCOIS
LOUIS VUITTON
24,00 €
Épuisé
EAN :9782910491178
On peut faire un tour des mots comme on fait un tour du monde. Rien de tel que la forme de l'abécédaire pour voyager par les chemins buissonniers. Dans " l'immense géographie des mots " l'auteur en choisit quelques-uns, libre ensuite au lecteur de se déplacer à sa guise. Mots-îles ou mots-continents, on y séjourne le temps qu'on veut, et toujours en transit. C'est à un voyage de ce genre, dans le temps autant que dans l'espace, que nous convie François Maspero. Temps de la mémoire : paysages et êtres disparus de l'enfance. Espaces d'aujourd'hui : Cuba, Bosnie, Balkans, Varsovie, terre et peuples meurtris de Palestine et d'Israël. Un mot suffit, et les images affluent. Images-souvenirs, légères comme des cartes postales " Baleines ", " Chemin de fer ", " Sirènes "... Images plus graves pour décrire le présent : " Deuxième patrie ", " Frontières ", " Liberté "... Tirées du grand désordre du monde, ces images éclatées finissent par recomposer, comme en filigrane, le parcours d'un auteur qui n'a eu de cesse de lire et de faire lire les " paysages humains ".
François Maspero, ancien libraire, éditeur et directeur de revues (« Partisans », « L?Alternative »), a écrit, entre autres, Le Sourire du Chat, Les Passagers du Roissy Express, Balkans-transit, L?Honneur de Saint Arnaud. Il a traduit de nombreux auteurs dont John Reed, Augusto Roa Bastos et Francesco Biamonti.
Lise, Manuel, Gilles et Luc sont des amis de longue date : ils sont tous quatre grands reporters, mais ont aussi un passé commun de militants politiques. Manuel et Lise ont travaillé longtemps en tandem à l'étranger, lui pour la presse écrite, elle pour la radio. Puis Lise s'est mise à voyager en compagnie de Gilles, photographe, tandis que Manuel continuait seul, sans perdre de vue ses deux amis. Quant à Luc, il a d'abord été imprimeur, avant de tout lâcher pour devenir lui aussi journaliste. Et c'est par une connaissance commune que Manuel, Gilles et Lise l'ont rencontré.Nés dans les années 1925-1930, ils se sont tous plus ou moins engagés dans les luttes révolutionnaires des années 1960. Certains sont revenus de leurs idéaux. D'autres y croient encore. Demeure en tout cas chez eux l'espoir d'un monde meilleur.Au fil des quatorze textes qui composent ce livre, le lecteur reconstitue ces vies données en pointillés. Croisant la grande histoire, celle de la guerre, des tragédies, des traumatismes et celle du quotidien dans son écoulement inexorable et dérisoire, l'auteur du Vol de la mésange convoque les personnages de ses oeuvres précédentes dans une fresque en forme de mosaïque, comme une autobiographie disséminée.
Aux premières pages, un atelier d'imprimerie, dans une ruelle proche de la Seine. Un homme y travaille, solitaire. Il édite de la poésie. Il en traduit, des langues les plus diverses. Il en écrit : poète amoureux de son labeur, des mots qu'il compose, qui fait "couler du soleil dans le plomb". Dans son passé, des images d'Europe buissonnière, de Grand Nord, de guerre d'Espagne. Et bien d'autres : comment les démêler ? Autour de lui, d'autres vies, tournées vers l'avenir.Ce livre commence en 1957, sur fond de guerre d'Algérie, et s'achève dix ans plus tard en Amérique centrale. François Maspero, qui fut ces années-là libraire, éditeur et directeur de la revue Partisans, aurait pu rédiger la chronique d'un acteur et d'un témoin. Pourtant, ce n'est pas une autobiographie de plus.Certes, l'auteur y parle de ce qu'il a vécu et partagé. Mais son roman est avant tout un travail d'écrivain. Pas de jugements, de bilans, de portraits à clef ou de règlements de comptes. Ce qui importe pour lui, c'est de dire sa tendresse physique pour des êtres, leurs gestes, leurs idées, leurs rêves. De dire le goût qui lui est resté de choses, de paysages, de lumières. De retrouver un sourire, de revivre sans en rien renier une joie ou un refus. De tisser, en conteur, sur cette trame première, une histoire qui se noue lentement jusqu'à la rupture finale. Et de chercher simplement, comme il l'a déjà fait dans Le Sourire du Chat, le sens de certains mots : ce sens, usé ou perdu, au lecteur de le retrouver avec lui, au détour d'une page.
Résumé : " Elle descendit plusieurs fois à sa plage, par des sentiers détournés. C'est là que le lieutenant Mario vint la rejoindre. Il se mit à parler. Alice, Barbara et leurs parents avaient été retrouvés par les Français au moment où ils essayaient de passer en Italie. Elle ne les reverrait probablement jamais ; Mais elle devait absolument se souvenir de leur nom. Il le repéra plusieurs fois et l'écrivit sur une feuille arrachée de son carnet. Il fallait, dit-il encore, il fallait qu'il y ait au moins une personne qui se souvienne d'elles. Il fallait absolument qu'elle, Lise, se souvienne toujours d'elles. Puis il dit qu'il allait partir, lui aussi. Dans le froid ? demande Lise. Il répondit que oui, dans le froid. Il parla encore longtemps. Il ne la regardait pas. "