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Des lézards dans le ravin
Marsé Juan
BOURGOIS
22,87 €
Épuisé
EAN :9782267015881
Barcelone, quartier de Guinardo, années noires du franquisme : on retrouve dans ce roman l'univers habituel de Juan Marsé, mais il s'agit cette fois d'une histoire où il sera bien difficile de démêler le rêve de la réalité. L'intrigue est simple en apparence : un homme, Victor Bartra, ancien libertaire clandestin antifranquiste, a disparu dans le ravin qui s'ouvre près de sa maison, après avoir échappé de justesse à la police du régime venue l'arrêter. Mais qu'en est-il en fait ? Victor était-il vraiment un héros, comme le pense David, son fils adolescent, ou bien a-t-il simplement fui le domicile conjugal ? Autour de ce fil conducteur s'organise le récit, mené le plus souvent par le jeune frère de David, qui voit les choses d'un lieu un peu particuliers : il n'est pas encore né, et se trouve bien à l'abri dans le ventre de sa mère. Celle-ci, une belle rouquine, attire l'attention de l'inspecteur Galvan, qui enquête sur la disparition de son mari, et qui peu à peu tombe sous le charme, après s'être immédiatement gagné l'inimitié de David, à qui on ne la fait pas, surtout si on est de la police. Ce qui fait la force de ce nouveau roman de Juan Marsé, comme toujours, c'est l'aptitude de ce dernier à créer un univers et surtout à faire vivre des personnages qui deviennent aussitôt inoubliables. Qu'il s'agisse de David, adolescent meurtri et rêveur, qui reporte son affection sur le pauvre chien qu'il a recueilli, ou de sa mère, cette splendide "Rouquine" mystérieuse et fidèle, mais dont on devine les émois, ou de l'inspecteur Galvan, personnage complexe, à la fois brute meurtrière et coeur tendre, ou du pauvre Paulino, copain de David martyrisé par un oncle sadique, et avec lequel il chasse les lézards dans le fameux ravin, tous prennent une profondeur sans jamais être décrits ou presque, et presque uniquement à travers leur façon de s'exprimer et de communiquer avec autrui, à leur manière de se comporter. En tout cas, la façon dont Juan Marsé traite ses personnages (comme toutes ses créatures précédentes), c'est-à-dire avec pour les faibles une énorme tendresse qui n'empêche pas la dérision et l'ironie, est certainement un des traits marquants de son art. Le présent roman manifeste un désir de l'auteur de créer une structure narrative nouvelle, un peu comme il l'avait fait pour Adieu l'amour, adieu la vie, et qui s'adapte à merveille à son propos, en apportant une certaine distance par rapport à la "réalité" décrite, réalité dont les frontières avec l'imaginaire sont ici extraordinairement floues, tout comme celles qui séparent la vérité du mensonge, le bien du mal, etc. Cette complexité ajoute encore au plaisir du lecteur, qui sent dès les premières pages quel formidable conteur est Juan Marsé, et qui ne peut plus, dès lors, lâcher un livre qui le tiendra en haleine jusqu'au bout, et qui sollicitera à la fois son esprit et ses affects : voilà bien un de ces romans qui marquent, et qu'on n'oublie plus quand on les a lus. Un roman qui prouve une fois de plus, que Juan Marsé fait partie de ces auteurs qui ont su construire un monde qui n'est qu'à eux, mais qui, pourtant, semble d'emblée familier au lecteur.
A travers les trois nouvelles qui composent ce recueil, Juan Marsé recrée son enfance et son adolescence au lendemain de la Guerre civile. Dans Histoire de détectives, des enfants jouent gravement aux justiciers dans une Barcelone meurtrie, mystérieuse et morbide ; dans Le fantôme du cinéma Roxy, un cinéaste caricatural et un écrivain parodique composent un scénario en reconstituant l'atmosphère des vieux cinémas de quartier à l'époque où le pouvoir franquiste asservissait la Catalogne ; enfin, Les aventures d'un lieutenant têtu nous transporte dans une enclave espagnole au Maroc où de jeunes recrues jouent aux soldats de plomb, sous les ordres d'un sergent plus truculent que nature et d'un lieutenant bravache qui joue les acrobates. Ce qui nous vaut un morceau de bravoure à double titre. Et bien entendu, celui qui joue le plus, c'est encore le narrateur, en pinçant tour à tour les cordes de l'ironie, du sordide, du rêve, de la dérision et de la nostalgie." Jean-Claude Masson.
En ce jour de mai 1945 où l'Allemagne nazie capitule dans une Espagne murée dans sa misère, un inspecteur de police doit conduire jusqu'à la morgue une toute jeune fille afin qu'elle identifie un cadavre: celui d'un vagabond qui, croit-on, l'a violée. Un long itinéraire les mène à travers des quartiers sordides. Dans un étrange chassé-croisé, ils se séparent et se retrouvent, et une trouble connivence finit par naître entre le flic rogue et usé et l'orpheline vive et rusée.
Résumé : Après treize ans de réclusion, Jan Julivert sort de prison. Nombreux sont ceux qui l'attendent avec impatience et ressassent son histoire comme une légende de quartier. Certains le voit comme un héros antifranquiste et rêvent d'un nouveau combat, d'autres espèrent son concours dans des luttes politiques qui ne sont qu'un alibi au grand banditisme, d'autres encore craignent sa vengeance. Son neveu, Nestor, le vénère sans l'avoir jamais vu. Répondra-t-il à toutes ces attentes, lui qui a échappé de justesse au peloton d'exécution ? Cette magistrale chronique noire de la Barcelone des années les plus dures du franquisme se lit comme un thriller américain dont le héros, Jan Julivert, est doté d'une dimension romanesque exceptionnelle.
« En ces heures où le paysage est une auréole de vie, j'ai élevé, mon amour, dans le silence demon intranquillité, ce livre étrange... » qui alterne chronique du quotidien et méditationtranscendante. Le livre de l'intranquillité est le journal que Pessoa a tenu pendant presque toute sa vie, en l'attribuant à un modeste employé de bureau de Lisbonne, Bernardo Soares. Sans ambitionterrestre, mais affamé de grandeur spirituelle, réunissant esprit critique et imagination déréglée,attentif aux formes et aux couleurs du monde extérieur mais aussi observateur de « l'infinimentpetit de l'espace du dedans », Bernardo Soares, assume son "intranquillité" pour mieux la dépasseret, grâce à l'art, aller à l'extrémité de lui-même, à cette frontière de notre condition ou lesmystiques atteignent la plénitude « parce qu'ils sont vidés de tout le vide du monde ». Il seconstruit un univers personnel vertigineusement irréel, et pourtant plus vrai en un sens que lemonde réel. Le livre de l?intranquillité est considéré comme le chef-d?oeuvre de Fernando Pessoa.
Résumé : Suite à la mort des ses parents, Mélanie, une jeune adolescente, quitte sa belle maison de campagne avec son frère et sa soeur pour aller vivre dans le petit appartement londonien de son oncle Philip. Très vite, ce dernier, monteur de marionnettes, va se muer en personnage immense et effrayant, Barbe-Bleue en son château aux portes closes. Récit d'initiation, fable sur la confrontation du mal et de l'innocence, le roman d'Angela Carter est tout cela. Il joue des références littéraires et picturales : Lear, Carroll, mais aussi Coleridge, Melville et Poe sont convoqués dans cette histoire profondément mystérieuse et touchante.
Résumé : Ecrit en 1969, Love est un roman trouble et bouleversant où le féminisme radical, mais nuancé, de l'auteur se présente sous les dehors les plus pervers et les plus violents. Love raconte une étouffante histoire d'amour à trois où les émotions les plus subtiles côtoient les pulsions sexuelles les plus grossières et les névroses sentimentales les plus cruelles. Le tout sanctionné par l'acte de violence et d'amour le plus définitif. Illuminé par la présence d'une héroïne aussi fragile que radieuse, ce livre vibrant représente la quintessence du talent d'Angela Carter.
Lady Susan était resté inédit du vivant de Jane Austen. L'intrigue est entièrement bâtie autour des lettres échangées entre les différents protagonistes : Susan, ravissante veuve d'environ trente-cinq ans, en est le personnage central. Ses agissements volages engendrent bien des critiques. Cette femme spirituelle et sans le sou s'est en effet installée chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou simplement une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Réginald risque de payer cher la réponse à cette question... Ce texte est suivi de deux fragments inachevés rédigés, l'un au milieu de sa vie, et l'autre juste avant sa mort. Au-delà de leur intérêt documentaire, ils valent par leur qualité littéraire et le plaisir de lecture qu'ils procurent.
Trois soeurs venues d'Espagne prêtes à conquérir New York. New York, 1936. El Capitán, petit restaurant de quartier de la 14e Rue, une des enclaves de la colonie espagnole, peine à être rentable. Le décès accidentel sur les docks de son propriétaire, le casse-cou bourlingueur Emilio Arenas, oblige ses trois jeunes filles au tempérament fougueux à en prendre les rênes. Abattues mais poussées par la nécessité de subvenir à leurs besoins, Victoria, Mona et Luz devront surmonter bien des obstacles pour voir leur rêve se réaliser, celui de transformer la gargote en night-club latino. Aventures, passions, désillusions, vengeances et victoires : avec Les Trois Filles du Capitán, María Duenas nous offre un roman haletant et envoûtant. Le livre est aussi un hommage aux femmes qui font face à l'adversité et à tous ceux qui ont le courage de vivre l'aventure - souvent épique et toujours incertaine - de l'émigration.
Ce volume contient:Romans: Le Grand Voyage (1963) L Évanouissement (1967) Quel beaudimanche! (1980) L Écriture ou la vie (1994) Le Mort qu il faut (2001) Préfaces à: E. Zamiatine, F. Claudín, G. Herling, L. Kolakowski, E. Poretski,P. Nothomb, Primo Levi, T. Kizsny.Essais: L Arbre de Goethe Mal et modernité Ni héros, ni victimes.Weimar-Buchenwald L Expérience du totalitarisme « A-t-on vraiment vécu quelque chose dont on n arrive pas à faire le récit, àreconstruire significativement la vérité même minime en la rendant ainsicommunicable? Vivre vraiment, n est-ce pas transformer en conscience c est-à-dire en vécu mémorisé, en même temps susceptible de devenirprojet une expérience personnelle? Mais peut-on prendre en chargequelque expérience que ce soit sans en maîtriser plus ou moins le langage? C est-à-dire l histoire, les histoires, les récits, les mémoires, lestémoignages: la vie? Le texte, la texture même, le tissu de la vie? »Quel beau dimanche!, 1980« Un jour viendrait, relativement proche, où il ne resterait plus aucunsurvivant de Buchenwald. Il n y aurait plus de mémoire immédiate deBuchenwald: plus personne ne saurait dire avec des mots venus de lamémoire charnelle, et non pas d une reconstitution théorique, ce qu aurontété la faim, le sommeil, l angoisse, la présence aveuglante du Malabsolu dans la juste mesure où il est niché en chacun de nous, commeliberté possible. Plus personne n aurait dans son âme et son cerveau,indélébile, l odeur de chair brûlée des fours crématoires. »L Écriture ou la vie, 1994
Un virus a fait disparaître la quasi-totalité des animaux de la surface de la Terre. Pour pallier la pénurie de viande, des scientifiques ont créé une nouvelle race, à partir de génomes humains, qui servira de bétail pour la consommation. Ce roman est l'histoire d'un homme qui travaille dans un abattoir et ressent un beau jour un trouble pour une femelle de "première génération". Or, tout contact inapproprié avec ce qui est considéré comme un animal d'élevage est passible de la peine de mort. A l'insu de tous, il va peu à peu la traiter comme un être humain. Le tour de force d'Agustina Bazterrica est de nous faire accepter ce postulat de départ en nous précipitant dans un suspense insoutenable. Roman d'une brûlante actualité, tout à la fois allégorique et réaliste, Cadavre exquis utilise tous les ressorts de la fiction pour venir bouleverser notre conception des relations humaines et animales.
Résumé : Tobias Martins arrive dans l'archipel de Fernando de Noronha avec un but précis : il doit concevoir et rédiger un guide de voyages afin d'attirer de nouveaux touristes vers cette destination de rêve. Car ces îles sont l'un des secrets les mieux gardés du Brésil. Situées au milieu de l'Atlantique, dans la zone intertropicale, elles constituent une superbe réserve naturelle et un paradis pour les amateurs de surf, de plongée et de sports marins. Accompagné de sa playlist aux rythmes de samba et de bossa-nova, Tobias nous fait découvrir les paysages somptueux de l'île principale ; mais il ne tarde pas à comprendre également que, derrière la carte postale, se cache un monde bien plus complexe et dangereux. Une avarie sur l'avion qui relie Fernando de Noronha au continent, un double crime dont le mobile reste obscur, et la menace d'une gigantesque vague déferlante suffiront à montrer une fois de plus aux touristes - et à Tobias - que sous ces joyeux tropiques, les frontières entre fête, rêve et enfer ne sont jamais bien définies.